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Test du UMI Hammer S : n'est pas le marteau de Thor qui veut

Après le Hammer en début d'année, UMI relance sa gamme de smartphones avec le Hammer S, une phablette qui, à défaut d'être plus puissante que ses ancêtres, arrive avec une connectique plus évoluée. On y retrouve entre autres un modem 4G complet, un port USB Type-C ainsi qu'un lecteur d'empreintes, un gimmick très rare dans cette gamme de prix dont la présence ici ne peut être que saluée. Est-ce que cela suffit à faire de lui un bon smartphone ? À voir...

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Toujours plus gros

Par rapport au UMI Hammer et ses 5 pouces, le Hammer S gagne en largeur d'écran sans que sa définition augmente. Cette perte de résolution, qui le fait ainsi passer sous la barre symbolique des 300 PPP est en revanche compensée par une hausse de batterie, ainsi que l'apparition d'un capteur d'empreintes et d'un port USB Type-C. Niveau performances, il ne faut pas non plus s'attendre à de meilleurs résultats avec un MT6735P plutôt qu'avec le MT6732 qui équipait déjà le Hammer. L'essentiel étant néanmoins que l'ensemble fonctionne correctement.

Le smartphone à l'ossature lourde

Le UMI Hammer S est un téléphone à moins de 200 euros, et on s'attendrait donc à ce que son design soit bâclé. Tout au contraire, l'espace de ce Hammer S, même s'il pourrait être meilleur, est très bien travaillé. Sous certains angles, il rappelle un peu le Galaxy S5 avec son cadre métallique, sa façade avant vitrée et sa coque arrière "soft touch", qui s'épargne heureusement les alvéoles piquées du téléphone coréen qui a régulièrement été moqué pour cela. Notez que comme beaucoup d'appareils ayant un pourtour en métal, lorsqu'il est branché, le téléphone conduit l'électricité, ce qui peut provoquer quelques picotements dans la main qui peuvent se montrer gênants.

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Dans l'ensemble, les finitions sont bonnes et la fabrication respire la qualité, jusque dans sa coque arrière amovible, qui s'accroche sans trop de résistance, avec des clips solides, et qui ne craque pas sous le doigt à longueur de journée. Enfin, sa tranche inférieure n'est pas sans rappeler un mélange entre celle d'un Galaxy S6 et celle d'un iPhone 6, à l'instar du ZUK Z1, qui présentait un aspect similaire, avec comme ce dernier un USB de Type-C.

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En ce qui concerne la prise en main, le Hammer S tient bien et ne glisse pas, tandis que ses boutons sont tous relativement accessibles (pour un appareil de 5,5 pouces) et tombent plus ou moins intuitivement sous le doigt, tout comme le capteur d'empreintes digitales situé à l'arrière, sous l'objectif de l'appareil photo.

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Derrière toutes ses qualités, le Hammer S souffre d'un problème de surpoids. Avec ses 185 grammes, il pèse par exemple 30 grammes de plus qu'un Wileyfox Storm, aux dimensions peu ou prou similaires (voire supérieures). Une différence qui se ressent rapidement en main et dans la poche.

Un écran imparfait, mais agréable

Au premier regard, l'écran du Hammer S est très beau, sa très forte luminosité (531 cd/m²) et son bon contraste (1157:1) aidant. Cela permet en outre de profiter du téléphone, quel que soit l'environnement, même si la lumière ambiante est très forte. Même les traces de doigt ne sont pas visibles, et l'utilisation en est très agréable.

Pour autant, l'écran n'est pas parfait. Notre sonde remarque par exemple une présence trop prononcée des bleus, mais cela ne se remarque que sous certains angles. À l'inverse, les verts nous semblaient tirer sur le jaune alors que notre sonde les considère comme parfaits. Toujours est-il qu'à l'œil nu, les couleurs sont relativement bonnes et les quelques écarts ne gênent pas au quotidien. Elles perdent néanmoins grandement en fidélité lorsque l'angle de vision n'est pas optimal, tirant vers le jaune ou le bleu. Même en biais, l'écran reste néanmoins lisible grâce à sa luminosité très bonne, et ce malgré un assombrissement global de la dalle.

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Le plus préjudiciable au final est peut-être le choix de la définition HD 720p, qui commence à manquer de finesse pour une telle diagonale (5,5"). Si la qualité reste acceptable, d'autant plus au vu du prix de l'appareil, certains pixels peuvent se discerner l'œil nu et le rendu des contenus en haute qualité est visiblement en deçà de ce qu'il peut être sur d'autres appareils.

Entre modernité et rétro

Le Hammer S tourne sous Android 5.1 Lollipop, ce qui est plutôt correct au vu de la jeunesse d'Android 6.0 Marshmallow. On peut regretter en revanche que les correctifs de sécurité ne soient pas appliqués, laissant encore plus de la moitié des failles Stagefright exploitables. Ce point de détail est d'autant plus alarmant que l'appareil est livré rooté, ce qui peut se montrer dangereux pour des utilisateurs non avertis.

Pour ce qui est des applications préembarquées, le Hammer S propose le strict minimum, ainsi que quelques services efficaces comme un gestionnaire de fichiers, un navigateur ou une galerie. On retrouve également une télécommande universelle pour tirer pleinement parti du port infrarouge (très efficace, soit dit en passant), ainsi qu'une application en chinois nécessitant les droits root. Une bizarrerie que l'on aura tôt fait de désactiver pour éviter les pop-ups régulières.

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En dehors de ces questions de sécurité, l'interface du Hammer S est tout à fait acceptable et rappelle sur certains aspects un mélange entre un firmware AOSP actuel (comme sur les Nexus), et le design que pouvaient proposer certains constructeurs à l'époque de Gingerbread (Android 2.3). Malgré le panel de paramètres rapides (non personnalisable, d'ailleurs), on retrouve nativement sur son écran d'accueil un widget proposant la même fonctionnalité en plus de raviver des souvenirs de 2012. De même, l'utilisation du bouton carré n'ouvre pas les tâches récentes, qui s'obtiennent par un appui long sur le rond, mais un menu "à l'ancienne". Tout aussi vieillissant, mais appréciable pour autant, le menu de démarrage affiche les trois profils de son (sonnerie, vibreur, silencieux) qui ont disparu sur certaines moutures de Lollipop.

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Parallèlement à cela, UMI propose à ses clients de les accompagner dans leurs changements d'interface en passant par l'outil Rootjoy Tool, expliquant certainement la présence native du root sur le téléphone. Cela permet à ceux qui le désirent d'installer facilement de nouveaux firmwares afin de donner à son UMI des airs de MIUI, Vibe OS, EMUI et même TouchWiz. Une simple boutique de thèmes comme cela se fait couramment aujourd'hui aurait certainement suffi...

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Quelques fonctionnalités ont également été rajoutées, à l'instar du Smart Wake par exemple qui permet de réveiller son téléphone en tapotant l'écran ou d'ouvrir directement une application en dessinant une lettre associée sur l'écran éteint. Nous pourrions également citer HotKnot, qui permet de partager des fichiers rapidement avec un autre appareil en collant les deux écrans l'un à l'autre, mais la fonction nécessite que le second smartphone dispose également de l'application, ce qui limite grandement son champ d'action.

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En dehors de cela, l'utilisation quotidienne est très fluide et supporte sans problème l'ouverture de nombreuses applications en tâche de fond sans montrer de ralentissements et sans avoir recours à des vidages de cache violents.

Stop, benchmark time : can't touch this

Sur le papier, le Hammer S ne semble pas être une bête de course. Avec ses 2 Go de mémoire vive et son processeur MediaTek MT6735P (bridé par rapport au MT6735), il n'aspire pas à devenir une bête de course. Pourtant, dans sa tranche de prix, il doit rivaliser avec des smartphones tels que le Meizu M2 Note ou le Xiaomi Redmi Note 2 qui proposent des performances tout à fait acceptables.

Comme il était possible de le craindre avant de toucher l'appareil, les benchmarks montrent un retard certain du Hammer S sur ses concurrents directs. Que ce soit les simples calculs ou la gestion des graphismes, il se fait toujours distancer. La faute à un processeur d'entrée de gamme dans sa variante la moins intéressante, un GPU cadencé à faible fréquence ainsi qu'une mémoire vive manquant également de bande passante.

Dans les faits, cela ne se ressent pas forcément au quotidien, l'interface étant étonnamment fluide. En revanche, les joueurs n'en auront pas pour leur argent et risquent rapidement de déchanter. Si les titres les plus légers passent sans trop de problèmes, certains amènent le Hammer S aux limites de la crise d'apoplexie. Bien souvent c'est jouable, mais dans quelles conditions ? Pas les meilleures en tout cas. Framerate agonisant, temps de chargements tellement longs que l'on en vient à se demander si le jeu n'a pas bugué… Bref, n'espérez surtout pas vous servir d'un Hammer S comme d'une console de jeu.

Le Hammer S se rattrape avec son lecteur d'empreintes très réactif situé à l'arrière du téléphone. Très rapide, il permet aussi bien de déverrouiller son téléphone que d'accéder à une application protégée.

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Réseau et GPS

Le Hammer S est compatible avec toutes les bandes de fréquences françaises, y compris celle des 800 MHz, très rare sur les terminaux chinois. Il s'est d'ailleurs montré plutôt exemplaire en la matière avec un signal très fort durant toute notre période de test dans la capitale et ses abords. Son débit quant à lui reste acceptable, même s'il n'est pas le plus impressionnant que l'on ait pu voir. Précisons que comme d'autres smartphones chinois multi-SIM sous Android 5.1, il est nécessaire de prendre le temps d'activer les données mobiles au préalable afin que tout fonctionne correctement.

Lors des conversations, le son en émission est correct. En revanche la réception est étouffée, même si elle reste audible.

Enfin, le GPS est pour sa part totalement à l'ouest. Entre le temps qu'il lui faut pour fixer des satellites, sa précision qui nous localise à peu près quelque part entre Boulogne et Vincennes et sa boussole qui semble davantage attirée par le soleil que par le Nord, il serait presque plus rapide et plus sûr de demander sa route ou de trouver une carte routière en papier.

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Un aperçu beaucoup trop flatteur

Les photos du Hammer S sont une grande déception. Plutôt satisfaisantes sur l'écran du téléphone, elles apparaissent beaucoup moins agréables à l'œil une fois transférées sur un autre appareil, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'un autre smartphone ou d'une tablette. Ce qui semblait être un joli bokeh n'est en fait d'un flou grossier, les clichés qui paraissaient bien se retrouvent sur- ou sous-exposés, et ce qui semblait être une photo correcte se montre souvent beaucoup trop plate, manquant cruellement de contraste.

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Au final, ses meilleurs atouts restent sa définition, acceptable pour son ordre de prix, et l'absence de bruit sur les photos prises en intérieur. On peut également saluer son flash, qui à défaut de conserver un contraste honnête arrive à mettre en valeur le sujet sans le cramer.

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Enfin, son mode HDR permet de gagner en couleur et en précision de l'image, à condition d'accepter d'obtenir un cliché totalement irréel, et accompagnant d'une silhouette fantôme le moindre élément qui aurait eu la mauvaise idée de bouger un tant soit peu durant la capture. Autant dire que les moments où nous l'utiliserons seront assez limités.

L'application photo du téléphone est pour sa part assez complète et simple d'accès. On y retrouve certaines fonctions courantes, comme le panorama, le déclenchement par geste, ou encore le mode beauté, très prisé en Asie, et qui applique sur la peau du modèle un filtre flou que l'on pourrait qualifier d'atroce. Mais ça reste une question de goûts…

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Une très bonne autonomie

Avec sa batterie de 3200 mAh, on s'attendait à de bons résultats d'autonomie de la part du Hammer S, mais pas non plus à des miracles. Et pourtant, le nouveau "marteau" de UMI nous a très agréablement surpris. En utilisation, il tient facilement la journée, et même deux, à condition de ne pas trop forcer. Pour ceux qui n'allument que très peu leur écran, il peut même être possible de viser les 2 jours et demi d'autonomie sur une seule charge. Inutile de rappeler que très peu de smartphones sont capables de telles prouesses de nos jours, surtout à ce prix. Ajoutons à cela qu'il se paye le luxe de proposer une batterie amovible, ce qui ravira les plus gros consommateurs d'applications.

Lors de notre test habituel d'autonomie consistant à lire une vidéo d'une heure sur YouTube avec la luminosité d'écran réglée à 200 cd/m², le téléphone n'a perdu que 12 % de batterie. Si ce n'est pas le meilleur que l'on ait eu, il se classe tout de même dans la moyenne haute.

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Disponibilités

Le UMI Hammer S est d'ores et déjà disponible sur le site officiel à 129,99 dollars, ou chez certains revendeurs comme Amazon à 155,99 euros ou PhoneDroid à 169,90 euros. Merci à ce dernier de nous avoir prêté le téléphone !