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Test du Google Pixel 2 XL : le flagship générique, pour le meilleur et pour le pire

Google a profité en octobre 2017 de l'événement « Made by Google » pour renouveler ses téléphones Pixel, les smartphones Android modèles. Les Google Pixel 2 et Google Pixel 2 XL proposent les derniers standards, mais à la différence d'autres flagships, ils le font en toute simplicité : le matériel se fait discret au profit du logiciel, c'est-à-dire d'Android, dans sa toute dernière version, et de tous les services mobiles de Google.

Rappelons d'entrée que les Pixel ne sont toujours pas commercialisés en France, contrairement à ce qu'on pouvait espérer après l'expansion de Google Assistant, qui était l'un des principaux points distinctifs des premiers Pixel. Pourtant rien n'empêche de tirer pleinement profit de ces nouveaux Pixel en France.

Pourquoi importer un Google Pixel 2

C'est pourquoi nous avons choisi de les tester, à commencer par le Google Pixel 2 XL, afin de juger de l'intérêt de les importer.

Ces smartphones Android de référence peuvent effectivement intéresser les fans d'Android ou les fans de Google, qui bénéficieront les premiers des mises à jours majeures et mineures d'Android, ce pour une durée d'au moins 3 ans, ainsi que des nouveaux services de Google.

Ils promettent aussi l'un des sinon le meilleur appareil photo du marché, et le Google Pixel 2 XL en particulier est à ce jour le seul smartphone quasi borderless disposant de haut-parleurs stéréo en face avant.

Design : fade…

Comme nous l'indiquions en introduction, les Google Pixel 2 ne misent pas sur l'apparat, mais sur la beauté intérieure… Autrement dit, ce sont des smartphones au design simple. Ce sont d'ailleurs des mises à jour itératives des Pixel 1, puisqu'on retrouve le dos bicolore et bi-matière avec un capteur d'empreinte digitale centré (aisément accessible), et une face avant symétrique.

Symétrique, ou presque, dans le cas du Pixel 2 XL. Ce modèle fabriqué par LG bénéficie d'un grand écran OLED 18:9 de 6 pouces, malheureusement curieusement intégré. La bordure supérieure est effectivement plus grande que la bordure inférieure, de 2 ou 3 millimètres seulement, ce qui nuit cruellement à l'harmonie de l'ensemble. Le ratio écran surface avant n'est d'ailleurs que de 76 %, alors que la plupart des borderless dépassent les 80 %. Le dos cherche un soupçon de sophistication, avec des arrêtes mi-incurvées, mi-affutées, rappelant la « horizon line » des OnePlus, en moins réussi, surtout en blanc mat.

En fait, notre Pixel 2 XL noir et blanc souffre de la comparaison avec le Pixel 2 « juste noir », fabriqué quant à lui par HTC. Alors que le design du grand modèle est assez maladroit, le petit modèle est mignon. Pas seulement parce qu'il est plus petit, aussi parce que ses lignes sont encore plus minimalistes : son châssis monocoque est un parallélépipède aux arrêtes arrondies, dans sa plus simple expression, sa face avant parfaitement symétrique est plus élégante, en dépit des larges bordures supérieures et inférieures, et l'aluminium mat du dos est très agréable au toucher. En somme, le petit Pixel 2 remplit bien mieux sa mission d'incarner le smartphone au design générique.

Écran : …fade

L'écran du Google Pixel 2 XL est déjà tristement célèbre. D'après les témoignages d'early adopters, il est excessivement sujet au burn-in. Il s'agit d'un phénomène, affectant davantage les écrans OLED, qui provoque l'incrustation permanente d'éléments d'interface récurrents, tels que la barre de navigation. Après une semaine d'utilisation, notre exemplaire ne souffre encore d'aucune brûlure, mais il est encore trop tôt pour s'en réjouir.

Malheureusement, même sans brûlure, cet écran est décevant. Rappelons pour commencer qu'il s'agit d'une dalle LG POLED de 6 pouces et de 2880 x 1440 pixels. Le P signifie plastic et indique que le substrat de l'écran est en plastique plutôt qu'en verre, ce qui rend l'ensemble plus fin et plus flexible. En pratique, les écrans « Super AMOLED » de Samsung utilisent eux aussi du plastique, si bien que les écrans POLED de LG ont sensiblement les mêmes capacités. Inutile donc de s'étendre davantage sur ces arguments marketing.

On retrouve comme sur tous les écrans OLED une disposition PenTile, avec deux sous-pixels par pixel, au lieu de trois sur les écrans LCD. Mais avec une résolution aussi élevée de 540 pixels par pouce, il faut regarder l'écran de très près pour distinguer le crénelage. On ne peut pas en dire autant en revanche avec les écrans OLED Full HD, comme ceux des OnePlus 5 et OnePlus 5T.

Google annonce par ailleurs restituer 100 % de l'espace colorimétrique DCI-P3, le standard du cinéma, plus étendu que le standard sRGB. Mais en pratique, l'écran du Pixel 2 XL est excessivement fade et désaturé. Il est en outre trop froid, avec une température des couleurs d'environ 7250 kelvins. Et c'est encore pire dès qu'on incline le téléphone, les couleurs virent très vite si on ne regarde pas l'écran en face. On peut penser que Google a voulu privilégier des couleurs fidèles et naturelles, comme Apple sur son iPhone X, mais c'est raté.

Seule satisfaction : la luminosité maximale honorable de 470 cd/m2, même si on a connu mieux, et le taux de contraste comme d'habitude infini, puisque les pixels noirs d'un écran OLED sont totalement éteints.

En somme, Google propose un écran moyen dans un flagship.

Android pur sang

Quoi qu'il en soit, cet écran affiche Android 8.0 Oreo, la dernière version d'Android en date, tel que Google l'a imaginé. C'est ce qu'on appelle parfois un Android « stock ». Mais pour être tout à fait exact, il ne s'agit pas seulement d'AOSP (Android Open Source Project) et des applications de Google (Gmail, Google Maps, YouTube…).

Les Google Pixel 2 bénéficient malgré tout de quelques spécificités, qui distinguent l'expérience Pixel de l'expérience Android One.

La fonction la plus originale des Pixel 2 est indéniablement la fonction « Active Edge », héritée du rachat partiel de HTC, qui permet de déclencher Google Assistant en serrant les bordures de l'appareil. Contrairement au HTC U11 sur lequel la fonction « Squeeze » a été inaugurée, les Pixel 2 ne permettent pas de personnaliser l'action déclenchée.

Active Edge permet d'accéder à Google Assistant à tout moment, en particulier lorsqu'il est en veille. Ce n'est pas inutile, mais ce n'est pas très utile non plus. Un bouton dédié à l'assistant vocal, comme on en trouve sur les Samsung Galaxy ou sur l'iPhone X, parait plus pertinent. Car en dépit d'un réglage intermédiaire de la sensibilité, j'ai souvent déclenché Google Assistant sans le vouloir, en attrapant le téléphone sur le bureau.

Autre fonction des Pixel absente d'Android One : l'« affichage en mode veille », plus connu en version originale sous l'appellation « always-on display ». Il s'agit comme d'habitude de tirer profit de l'écran OLED, dont seuls les pixels allumés consomment de l'énergie, pour afficher en permanence l'horloge et les icônes de notifications.

Les Pixel 2 se distinguent d'autres smartphones comme les Samsung Galaxy en proposant en plus la fonction « En écoute », qui affiche automatiquement le titre de la musique ambiante. Ce qui dispense de manipuler le téléphone pour lancer Shazam ou la fonction équivalente intégrée à Google Assistant.

Autre exclusivité des Pixel : la panoplie de jolis fonds d'écrans animés ou interactifs, qui donnent un peu de vie à l'écran d'accueil.

Enfin, ce n'est pas vraiment une fonction, mais une offre commerciale : le « stockage gratuit, illimité et en qualité d'origine des photos et vidéos importées depuis l'appareil Pixel 2 vers Google Photos, jusqu'au 16/01/2021 ».

LE meilleur appareil photo du marché ?

Parlons justement de photo… Malheureusement, personne n'est passé à côté du spoiler de DxOMark : les Google Pixel 2 sont à ce jour les numéros 1 de son classement des téléphones mobiles. Ils sont tous deux équipés d'un seul capteur de 12 mégapixels au format 1/2,6 pouce avec un objectif f/1,8 à stabilisation optique.

La météo ces derniers jours n'a pas été propice à une séance photo prolongée, mais les quelques photos que j'ai pu faire sont effectivement d'excellente qualité pour un smartphone. Malgré la grisaille, les photos regardées en plein écran sur un écran d'ordinateur sont d'assez bonne qualité pour qu'on se passe d'appareil photo dédié.

On reconnait souvent les photos issues des petits capteurs de smartphones à leur faible dynamique. Mais la technologie HDR+ de Google fait bien illusion. Elle parvient à maintenir du détail dans toutes les zones de scènes assez contrastées en multipliant les expositions, sans que l'utilisateur ne s'en rende compte.

J'ai aussi été impressionné par la réactivité et l'efficacité de l'autofocus Dual Pixel, qui permet de réussir des clichés sur le vif.

Un mot enfin concernant le mode portrait. Quel que soit sa mise en œuvre, je n'ai jamais été pleinement satisfait par cette fonction, qui simule un flou d'arrière-plan pour mettre en valeur le sujet. La plupart des smartphones disposent pour ce faire de deux capteurs, le décalage permettant d'estimer les distances et d'appliquer un flou à l'arrière-plan. Et bien le Google Pixel 2 n'est pas plus approximatif qu'un iPhone X, bien qu'il n'ait qu'un seul capteur. En somme, j'ai les mêmes réserves envers le mode portrait du Pixel 2 qu'envers celui des iPhone : c'est à utiliser avec modération, uniquement dans des conditions d'éclairage idéales.

En somme, je ne saurais dire si je préfère l'appareil du Pixel 2, de l'iPhone X, du Mate 10 Pro ou du Galaxy Note8, qui sont tous très bons. La conclusion est la même : il n'y a plus guère que dans l'obscurité qu'un appareil photo dédié se démarque vraiment.

Pas le plus performant

Sur le plan des performances, le Google Pixel 2 est équipé d'une Qualcomm Snapdragon 835, la puce la plus puissante du moment, ex-æquo avec les Samsung Exynos 8895 et HiSilicon Kirin 970. Pour autant, l'appareil n'obtient pas toujours d'aussi bon scores que d'autres smartphones animés par un Snapdragon 835, tels que le OnePlus 5T. Ce dernier est jusqu'à 10 % plus performant sur des benchmarks comme Geekbench, GFXBench ou 3DMark. Il n'y a que sur PCMark que le Pixel 2 est en phase.

C'est un comble qu'un Pixel, qui est d'une certaine manière l'iPhone de Google, ne soit pas au moins aussi bien optimisé que certains smartphones concurrents. Qui de mieux en effet que Google pour optimiser le matériel pour le logiciel qu'il a créé ?

Faut-il pour autant en tenir rigueur à Google ? Car en pratique, il faut dire que le système est d'une réactivité sans faille et les animations parfaitement fluides. Et n'est-ce pas tout ce qui compte ?

Pas le plus autonome

Même constat pour ce qui est de l'autonomie : elle est bonne, sans égaler celle du OnePlus 5T. La faute, au moins en partie, à la définition supérieure de l'écran. Le Google Pixel 2 XL a tenu 9 h 44 min sur notre nouveau protocole de test, pour lequel nous utilisons SmartViser pour simuler une utilisation continue, contre 10 h 37 min pour le dernier OnePlus.

Avec sa batterie de 3 520 mAh, le Pixel 2 XL est néanmoins capable de tenir une journée entière, à moins d'avoir une utilisation très intensive.

Google annonce qu'on peut regagner 7 heures d'autonomie en seulement 15 minutes de charge, à l'aide du chargeur USB-C Power Delivery de 18 W fourni, ou à l'aide d'un chargeur Qualcomm Quick Charge 3.0.

Toujours pas de recharge sans fil en revanche, alors que même l'iPhone s'y est mis.

Comment importer un Google Pixel 2

Si après la lecture de ce test vous souhaitez faire l'acquisition du Google Pixel 2 XL, il faut recourir à l'importation. Les smartphones de Google sont vendus aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie ou en Allemagne. On peut acheter le produit sur place, au détour d'un séjour à l'étranger, ou bien l'acheter par correspondance, en recourant à un service de redirection de colis.

Nous avons consacré un article spécialement à l'importation des Google Pixel 2 :

https://www.frandroid.com/marques/google/463684_importer-ou-acheter-un-google-pixel-2-ou-2-xl-en-france-ce-quil-faut-savoir