Introduction

Le Google Pixel 3 ne peut laisser aucun fan de technologie impassible. Il est censé être la quintessence d’Android. Pour cette troisième génération, Google a opté pour un format compact à contre-courant des tendances actuelles. Voyons ce que cela donne.

Le Google Pixel 3

Ceux qui ont connu le programme Nexus savent à quel point il a marqué l’écosystème Android : il a longtemps servi de référence technique et a mis en évidence de nouvelles tendances, telles que les prix bas sur des produits haut de gamme, les mises à jour Android ou les grands écrans, Google poursuit d’autres objectifs avec les Pixel. Et nous pouvons enfin en profiter officiellement en France.

Semblable à Microsoft avec la série Surface, Google ne veut plus simplement faire du logiciel, mais également du matériel. Les Pixel 3 et Pixel 3 XL ne sont pas conçus par HTC, LG, Motorola, Huawei… mais ils sont conçus par Google et assemblés par Foxconn. Google suit ainsi l’exemple d’Apple et tente de mettre tout l’écosystème sous son contrôle. Une entreprise audacieuse, d’autant plus que Google concurrence ses principaux partenaires. Mais si Google ne peut pas le faire, qui pourrait le faire ?

Fiche technique

Modèle Google Pixel 3
Version de l'OS Android 9.0
Interface Android Stock
Taille d'écran 5,5 pouces
Définition 2160 x 1080 pixels
Densité de pixels 443 ppp
SoC Snapdragon 845 à 2,5GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 630
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go
MicroSD Non
Appareil photo (dorsal) 12 Mégapixels
Appareil photo (frontal) Double capteur 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + A2DP + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
SIM nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 2915 mAh
Dimensions 145,6 x 68,2 x 7,9 mm
Poids 148 grammes
Couleurs Rose, Blanc, Noir
Prix 859€
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec un smartphone fourni par Google.

Retrouvez le test complet du Google Pixel 3 XL

Design

Le Pixel 3 a l’air plutôt mignon, étant donné qu’il est assez petit comparé aux autres smartphones actuels.

Le dos légèrement rugueux est agréable — mais ce n’est pas seulement cette sensation qui nous plaît, visuellement c’est réussi. Le côté bicolore avec une partie lisse et une partie mate lui donne un joli rendu. La partie mate a été obtenue grâce à du verre dépoli, avec un toucher soyeux et doux. Par contre, j’ai peur que ça se raye facilement, on verra avec le temps.

Un autre avantage du choix de ce traitement de verre est que le smartphone ne collecte presque aucune trace de doigt ou autre saleté. Sur la version blanche, cependant, elle pourrait se salir en attrapant les tâches de gras.

L’avant est démodé : Google laisse d’épaisses bordures noires au-dessus et en dessous de l’écran, ce qui contraste avec le dos blanc du Pixel 3. Dans les barres se trouvent deux haut-parleurs, un en bas ou un en haut, ainsi qu’un module double caméra.

Le tout est particulièrement léger, le boîtier est en alliage d’aluminium, le dos est recouvert de verre. Le devant est entièrement protégé par du Corning Gorilla Glass 5. À l’arrière, le familier « G » de Google est discret : gris clair sur fond blanc.

Le Pixel 3 est certifié IP67 contre la poussière et les infiltrations d’eau, ce qui signifie qu’il peut être immergé dans l’eau douce jusqu’à 1,5 mètre de profondeur. Il est également compatible avec la charge sans fil Qi, Google commercialise un socle dédié (Pixel Stand) qui fournit une puissance de 10 Watts ainsi que des fonctions tirant parti de Google Assistant.

Le logement pour carte SIM est aligné avec le reste du boîtier et peut accepter une carte nano SIM. Il n’est pas double SIM et c’est bien dommage. Enfin, il n’accepte pas de micro SD, mais ça vous le saviez déjà.

La coque en tissu offre un toucher agréable, elle peut être lavée en machine

On retrouve un unique connecteur USB 3.1 (Gén. 1, Type-C, USB-OTG, mais pas de compatibilité MHL et donc pas de sortie vidéo), du NFC et Bluetooth 5.0 sont intégrés. Ce dernier prend également est compatible aptX et aptX HD pour le contenu musical haute résolution.

Sur le Pixel 3, aucune encoche, aucune prise en main hasardeuse, la frappe est bonne et précise, il s’oublie dans la poche d’un jean.

Le Pixel 3 ne présente aucune avancée révolutionnaire en termes de conception. Il ne possède ni écran bord à bord ni design sophistiqué. Mais ce que la marque n’a pas en élégance, elle l’a en sobriété et en ergonomie. Sur le Pixel 3, aucune encoche, aucune prise en main hasardeuse, la frappe est bonne et précise, il s’oublie dans la poche d’un jean. Ses dimensions compactes sont un atout, surtout en comparaison des smartphones qui dépassent allègrement les 6 pouces de diagonale d’écran.

Ecran OLED

Google a opté pour un écran OLED de 5,5 pouces de diagonale et en définition Full HD+ (2160 x 1080 pixels). C’est un écran relativement petit en comparaison aux smartphones de 2018, même avec les bordures épaisses au-dessus et au-dessous.

Concernant cet écran, le profil donnant les meilleurs résultats est le mode « Naturel ». Lorsqu’il est actif, nous mesurons une température des couleurs à 6 700 K, contre 7 400 K avec le mode Adaptative que je préfère au quotidien. Le contraste est quasi-infini, OLED oblige, et les angles de vision sont très corrects.

 

La luminosité du Pixel 3 atteint 433 cd/m². Ce n’est pas un excellent score, mais ce n’est pas non plus un score catastrophique. Le verre polarisant garantit des réflexions relativement faibles sur la surface. Pour les journées ensoleillées, nous aurions aimé davantage de luminosité. Enfin pas d’inquiétude, sous un bel ensoleillement, le contenu de l’écran peut être lu à l’extérieur.

Grâce à Pie, le Pixel 3 propose d’une nouvelle fonction de luminosité adaptative propulsée, encore une fois, par de l’AI. Le smartphone est supposé se souvenir de votre niveau de luminosité préféré dans diverses conditions d’éclairage. Je n’ai sûrement pas utilisé le smartphone assez longtemps, mais je trouve encore souvent que la luminosité automatique est trop faible en plein jour et trop brillante la nuit. Je me retrouve donc constamment à jouer avec le curseur de luminosité.

Bref, un bon écran en somme.

Level 1 pour le niveau de sécurité des DRM, vous pouvez donc profiter des contenus HD sur BeInSport, MyCanal ou encore Netflix

 

Performances au rendez-vous

Le Google Pixel 3 utilise le dernier SoC haut de gamme de Qualcomm : le Snapdragon 845. Il est soutenu par 4 Go de mémoire LPDDR4x.

Les calculs graphiques sont pris en charge par le GPU Qualcomm Adreno 540. Ce dernier garantit des performances élevées et prend en charge toutes les API graphiques actuelles. Tous les titres du Play Store peuvent être affichés avec une grande précision.

 Google Pixel 3 XLGoogle Pixel 3Google Pixel 2 XLSamsung Galaxy Note 9 (FHD+)OnePlus 6Huawei P20 Pro
SoCS845S845S835Exynos 9810S845Kirin 970
AnTuTu 7.x257 684249 291169 421241 932267 316209 894
PCMark 2.09 0818 0087 1775 1358 2337 233
3DMark Slingshot Extreme3 028-3 7023 3554 6682 874
3DMark Slingshot Extreme Graphics3 238--3 6675 2042 865
3DMark Slingshot Extreme Physics2 467--2 5843 4302 905
GFXBench Aztec Vulkan (onscreen/offscreen)12 / 14 FPS13 / 20 FPS--20 / 14 FPS-
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)15 / 26 FPS23 / 25 FPS13 / 24 FPS 26 / 28 FPS32 / 35 FPS23 / 23 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)29 / 48 FPS46 / 48 FPS33 / 53 FPS57 / 75 FPS58 / 71 FPS55 / 62 FPS
Lecture / écriture séquentielle608 / 228 Mo/s759 / 174 Mo/s758 / 190 Mo/s822 / 194 Mo/s718 / 154 Mo/s826 / 196 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire32,6k / 36,3k IOPS36k / 31k IOPS44k / 4,5k IOPS 34,3k / 5,4k IOPS35,9k / 5,6k IOPS38k / 40k IOPS

Les performances du processeur sont au niveau attendu, ainsi que les résultats des calculs graphiques. Ils sont d’ailleurs meilleurs que sur le Pixel 3 XL, étant donné qu’il tourne en définition Full HD. Les températures de surface du Google Pixel 3 restent très basses, même après une phase de calculs intenses.

Le smartphone est disponible avec un stockage interne de 64 et 128 Go. Sur la version 64 Go, après la configuration de notre modèle, environ 55 Go étaient encore disponibles. Pour rappel, il ne propose pas de slot micro SD.

Comme avec le prédécesseur, Google propose un espace de stockage illimité pour vos propres photos et vidéos sur Google Photos. Cependant, ce service est proposé pendant 5 ans avec le stockage illimité en qualité originale. Après cette période, les photos sont limitées à « haute qualité ».

Android 9.0 Pie nous laisse sur notre faim

Avec le Pixel 3, Android 9 Pie s’exécute sous une interface utilisateur optimisée sur le plan fonctionnel, appelée Pixel Launcher. Ici, Google a apporté quelques modifications mineures et quelques fonctions supplémentaires.

Première chose à remarquer : le menu d’applications s’ouvre en deux temps. L’interface des Applications récentes a été totalement repensée dans Android 9 Pie. On remarque ainsi une nouvelle disposition des miniatures, une nouvelle barre d’applications prédictives, une barre de recherche, et le tiroir d’applications.

l’interface utilisateur des Applications récentes fait désormais partie de l’application de l’écran d’accueil

La nouvelle interface des applications récentes a entraîné un changement architectural majeur : l’interface utilisateur des Applications récentes (multitâche) fait désormais partie de l’application de l’écran d’accueil.

Il y a un gros problème avec ce changement. L’application Applications récentes est un composant irremplaçable dans Android, du coup il n’est pas possible d’utiliser un autre launcher que celui par défaut. Les launchers alternatifs fonctionnent, mais vous perdez l’accès aux applications récemment ouvertes. Ils sont inutilisables en l’état. C’est une décision étrange de Google de rendre obligatoire ce système cette navigation gestuelle.

D’ailleurs, évoquons cette navigation gestuelle d’Android Pie. Elle est imposée par défaut sur le Pixel 3, et vous ne pouvez pas la changer. Elle est obligatoire. Tapez sur le bouton central (l’espère de pilule) permet toujours de retourner à l’« Accueil », mais maintenant, un balayage ouvrira un aperçu des Applications récentes. En glissant la pilule vers la droite, vous vous retrouver sur la vue Applications récentes en défilement rapide : un balayage rapide basculera vers la dernière application utilisée, et vous pouvez maintenir votre doigt appuyé en vous déplaçant à gauche et à droite pour parcourir la liste. Si un balayage normal vers le haut ouvre les Applications récentes, vous pouvez également effectuer un balayage très long pour ouvrir le tiroir des applications à partir de n’importe quel écran.

Ce système ne change pas vraiment le fonctionnement du bouton de retour. Il est toujours là. D’ailleurs, il n’y a pas de geste pour déclencher la fonctionnalité « Retour », et glisser à gauche sur la pilule ne fait rien. Cela aurait été bien si un glissement à gauche déclenchait la fonctionnalité « Retour ».

Le système semble à moitié fini, avec des gestes pour certaines fonctions de navigation, mais pas pour d’autres

Ce nouveau système de gestes d’Android Pie me laisse sur ma faim. Je ne suis pas vraiment sûr du but recherché. Le système semble à moitié fini, avec des gestes pour certaines fonctions de navigation, mais pas pour d’autres. Cela ne permet pas d’économiser de la place sur l’écran — la barre de navigation est toujours là et toujours aussi large. C’est également moche – il y a toujours une barre noire, mais maintenant elle est déséquilibrée, avec les boutons Précédent et Accueil affichés sur la plupart des écrans et un espace vide à l’emplacement de l’habituel bouton Applications récentes.

Lorsque l’iPhone X est passé à la navigation gestuelle, nous devions accepter un changement important, mais celui-ci présentait également un avantage considérable. Apple a retiré le bouton d’accueil du matériel et a diminué la taille des bordures du smartphone, offrant ainsi beaucoup plus d’espace à l’écran dans un design de la même taille. La navigation gestuelle d’Android n’offre aucun avantage aux utilisateurs et elle nous oblige à apprendre de nouvelles commandes gestuelles. Il n’y a pas d’économies d’espace ou d’amélioration de la vitesse d’usage du smartphone. Au mieux, c’est un changement pour le changement. Au pire, c’est une dégradation de l’expérience. C’est d’autant plus étrange que le OnePlus 6 sous Pie laisse le choix et que le Sony Xperia XZ3 ne propose même pas cette navigation gestuelle.

Heureusement, il y a plein de fonctions pratiques : la gestion du texte a été revue, le contrôle du volume sonore a été simplifié, le système de rotation est génial, la plupart des paramètres ont reçu une nouvelle couche de peinture et la fonction de bien-être numérique donne des informations pratiques et précieuses pour utiliser plus intelligemment son smartphone.

Pour déconnecter, une nouvelle fonctionnalité « Mode sommeil » est conçue pour vous empêcher de tweeter pendant vos heures de sommeil. Vous définissez une heure de début et de fin pour notre nuit et, lorsque l’heure commence, l’écran passe en mode Nuances de gris.

Le mode Nuances de gris

L’idée est qu’un téléphone sans couleurs vous découragera de l’utiliser alors que vous devriez dormir. Vous pourrez également régler l’éclairage nocturne pour colorer votre écran rouge et ainsi vous aider à vous endormir.

La pièce maîtresse du téléphone est Google Assistant, un assistant numérique comme Siri et Cortana. La reconnaissance et le contrôle de la parole fonctionnent même hors ligne.Vous pouvez y accéder d’un peu partout, en appelant votre smartphone OK Google, mais aussi en le pressant. Google a hérité d’une fonction de HTC, vous pressez le smartphone a une main et vous avez un retour haptique qui déclenche l’assistant. Le tout peut être paramétré depuis les réglages en fonction de votre force et pour éviter de l’activer par erreur.

Une fonctionnalité bien pratique est la reconnaissance musicale ininterrompue. Dès que le téléphone reconnaît une mélodie familière, il nomme l’artiste et l’affiche sur l’écran de verrouillage. Comme d’habitude, il y a aussi une tonne de changements dont nous ne verrons pas toutes les implications avant un certain temps. Surtout pas après quelques jours de test.

Concernant le capteur d’empreintes digitales, il se situe à l’arrière sous la caméra. Il est réactif et rapide, bien situé. Par contre, l’appareil ne propose pas de détection faciale. C’est un pas en arrière pour Google, car l’option existe sur le Pixel 2.

Smart Lock offre quelques options… mais le déverrouillage facial n’est pas proposé

Enfin, qui dit Pixel, dit promesse de mises à jour. Parce que le Pixel 3 (et le Pixel 3 XL) doit être mis à jour régulièrement pendant trois ans ; cela inclut les mises à jour de sécurité mensuelles ainsi que les mises à jour majeures annuelles. Si Google maintient son cycle de mise à jour, cela signifie que les nouveaux smartphones Pixel pourraient même obtenir Android 12. À titre de comparaison, les (anciens) smartphones Nexus bénéficiaient d’une garantie de mise à jour de 18 mois.

Maître de la photographie

Pour l’appareil photo, Google a pu résister — encore une fois — à la tendance actuelle à la double ou triple caméra, aux mégapixels et autres gadgets. Le résultat est l’un des meilleurs appareils photo actuellement sur un smartphone, à côté de ceux du Samsung Galaxy Note 9, de l’Apple iPhone XS et du Huawei Mate… P20 Pro. D’un point de vue technique, Google n’a pas une caméra différente de la concurrence. Il s’agit d’un capteur de 1/2,6 pouces de 12 mégapixels, l’objectif est relativement lumineux avec une ouverture f/1,8. De plus, on retrouve un stabilisateur d’image optique et une mise au point Dual Pixel. Le matériel est d’excellente qualité, mais la vraie « magie » a lieu dans le logiciel de Google.

C’est ce que l’on appelle la photographie informatisée et le Pixel 3 est le king dans ce domaine

C’est ce que l’on appelle la photographie informatisée et le Pixel 3 est le king dans ce domaine, il repousse encore une fois les limites de la photographie assistée par ordinateur. À peine le smartphone en main, on s’en rend compte : presque aucun autre smartphone ne peut fournir un contraste aussi élevé lors de la prise de vue… Même lors de la prise de vue dans des conditions d’éclairage difficiles, telles que la nuit ou le contre-jour, la photo reste riche en détail, le bruit est à peine visible. Google appelle ça HDR+ quand Apple appelle ça Smart HDR sur les nouveaux iPhone XS.

Comment ça marche ? Lorsque vous capturez une photo, l’appareil prend jusqu’à 15 clichés qui sont combinés en une seule photographie. Pour cela, il varie la sensibilité et certains paramètres afin d’obtenir le maximum d’informations possibles. Mais ce n’est pas tout. Vous pouvez le voir directement depuis l’écran, le Pixel 3 se sert des tremblements de votre main pour gagner des pixels sur tous les côtés. On s’en rend compte en bougeant très vite l’appareil, ce qui a tendance à le perturber. Cette méthode utilise également la stabilisation optique, elle fonctionne donc même lorsque le smartphone est immobile. On comprend mieux comment le Pixel 3 améliore la qualité des photographies, on obtient une photo avec une définition supérieure à celle du capteur, et bien entendu une meilleure qualité d’image.

Le plus impressionnant dans tout ça c’est que tout ça est effectué instantanément, on peut ainsi enchaîner les prises de vue. Cette photographie informatisée permet à Google de se confronter aux smartphones à plusieurs caméras. C’est le cas du zoom numérique (Super Res Zoom), ainsi que d’un mode « Night Sight » pour les photos de nuit qui n’a pas encore été déployé.

Le Super Res Zoom atteint rapidement ses limites, il ne permet pas d’obtenir les résultats que l’on peut avoir avec un vrai second capteur x2. 

Le mode portrait a été la base de 40 % des photographies prises pendant le test. Il se repose plus largement sur l’intelligence artificielle pour distinguer les différents plans que les smartphones à plusieurs caméras. Sur les autres smartphones, le mode portrait est facile à comprendre : les capteurs sont légèrement décalés, le smartphone peut ainsi évaluer les distances et séparer les plans. Google fait la même chose, mais il se sert tout simplement des décalages des pixels au sein du même capteur, le calcul est donc bien plus important que les autres smartphones, Google évoque également des modèles d’apprentissage pour améliorer le rendu final. Vous n’avez donc pas une prévisualisation du cliché avec le flou en arrière-plan, il faut effectuer la prise de vue et patienter 3 à 5 secondes pour obtenir le résultat.

Quand ça fonctionne, les clichés sont très réussis même en faible luminosité. Par contre quand ça rate, on peut heureusement récupérer la photographie sans l’arrière-plan flou.

Il est ensuite possible, a posteriori, de modifier la quantité de flou, mais aussi de modifier la zone de mise au point. C’est ce que permettent déjà certains smartphones Huawei et Honor, mais aussi les derniers iPhone XS (où on peut modifier la quantité de bokeh). Vous pouvez également modifier les couleurs de l’arrière-plan pour appliquer un filtre de nuance de gris par exemple (Color pop).

Avec les modèles d’apprentissage, Google peut détecter le type d’objet et sa forme. Le smartphone peut ainsi reconnaître la forme d’un visage, d’un corps humain… ce qui facilite beaucoup son travail. La méthode ne fonctionne pas uniquement avec des formes humaines, mais aussi des objets. D’ailleurs, on remarque qu’un éclairage artificiel est ajouté pour améliorer le rendu final, comme ce que Apple propose sur son mode portrait. Cet éclairage simulé va se concentrer sur les ombres que l’on peut avoir sur le visage, la fonction est nommée « Synthetic Fill Flash ». D’ailleurs ce mécanisme n’est pas seulement utilisé en mode portrait, Google l’utilise avec toutes les caméras de l’appareil.

Je trouve ça toujours aussi fou cette possibilité qu’ont les smartphones d’émuler des photos que l’on prendrait avec des objectifs ultra-lumineux de 35 ou 50 mm… alors que le smartphone tient dans notre proche et mesure moins de 1 cm d’épaisseur.

Continuons à explorer ce que le Pixel 3 propose grâce à l’intelligence artificielle. Nous avons testé la fonction « Meilleur cliché ». Cette dernière prend une rafale de photographies et suggère, selon lui, la meilleure photo dans la demi-seconde qui précède. Cette fonction est basée, encore une fois, sur des algorithmes qui vérifient si le sujet sourit ou s’il ferme les yeux.

Ma fonction préférée est la mise au point intelligente, elle est capable de suivre une personne en mouvement, ou même un objet, en le sélectionnant directement à l’écran. Idéal pour capturer des enfants ou des animaux qui bougent tout le temps.

Pour la caméra avant, on retrouve deux appareils photo : le premier de 8 mégapixels est à champ de vision normal (ouverture f/1.8 et champ de vision à 75 °) et l’autre de 8 mégapixels également, mais avec un objectif grand-angle : ouverture f/2.2 et champ de vision à 97 °. Ces deux appareils photo offrent également un mode portrait efficace.

Les résultats sont bons, comme on pouvait s’y attendre. Pour passer de la première caméra classique au grand-angle, il faut bouger le petit curseur à gauche, ou à droite pour le zoom numérique.

Le petit curseur vous permet d’ajuster l’angle de vision nécessaire pour votre selfie

Enfin, notons que le Pixel 3 est le premier smartphone de Google à proposer un mode RAW directement dans l’appareil photo de base. Vous pouvez l’activer d’un clic. Dans ce fichier .DNG, Google conserve l’ensemble des clichés nécessaires à la photographie, avec a priori des RAW de qualité. Nous n’avons pas encore exploré cette partie.

Comme vous pouvez le voir, Google n’a pas chômé avec son Pixel 3. Le fait de multiplier les caméras à l’arrière d’un smartphone est une façon d’améliorer la qualité photo. Néanmoins, le logiciel va au-delà. On se demande même si on n’observe pas la bataille qu’il y a eu jadis entre l’argentique et le numérique… l’IA permettra peut-être de franchir les barrières de l’optique et ainsi de permettre aux smartphones de faire jeu égal avec des appareils photo massifs. En attendant, Google prouve, avec réussite, qu’on peut sensiblement améliorer les photos avec du traitement logiciel.

Du côté du mode vidéo, le Pixel 3 offre également un rendu très fin, mais peu d’options de réglages. Ainsi, l’utilisateur ne peut choisir que parmi trois définitions (Ultra HD, Full HD, HD), le reste prenant le dessus sur l’appareil photo. Il existe à la fois une stabilisation optique et une stabilisation électronique de l’image, qui assure une bonne stabilité. Nous avons également pu tester le mode ralenti, ainsi que Photo Sphere, Lens et Photobooth.

Vous pourrez également vous amuser avec Playground qui permet d’utiliser de la réalité augmentée avec des personnages animés. C’est marrant quelques minutes.

Une autonomie moyenne

Le Google Pixel 3 dispose d’une batterie puissante de 2 915 mAh, qui peut être chargée dans un délai de 83 minutes à l’aide de l’adaptateur secteur fourni. Qualcomm QuickCharge est pris en charge, et il est également compatible avec la charge sans fil.

Comme prévu, l’autonomie du Pixel 3 n’est pas importante, mais une charge de la batterie devrait durer une journée. Toutefois, si vous utilisez souvent l’appareil photo ou si vous jouez un peu occasionnellement, vous allez devoir vous promener avec une batterie externe ou un adaptateur secteur.

Lors des quelques jours d’utilisation, il a réussi à tenir jusqu’à la fin de journée. Malheureusement, il terminait sous la barre des 10 % de batterie.

Nous lui avons également fait passer notre test Viser qui simule une utilisation de smartphones jusqu’à ce que l’appareil s’éteigne. C’est une sorte de stress test qui nous permet de comparer facilement l’autonomie des différents appareils testés. Pour ce test, il a tenu 8 heures et 35 minutes. C’est un peu plus que le Pixel 3 XL, mais c’est beaucoup moins que les références dans ce domaine.

Chaque nouvelle version d’Android intègre un nouveau système pour économiser davantage de batterie. Cette année, la nouvelle fonctionnalité s’intitule « Batterie adaptative » et, comme tous les projets récents de Google, elle utilise l’intelligence artificielle.

En mode économie d’énergie, les ressources des applications que vous n’utilisez pas sont restreintes. Le système est capable de prédire les applications que vous utiliserez dans les prochaines heures et celles que vous n’utiliserez probablement pas.

La notification qui donne les bonnes informations

D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié ce mode d’économie d’énergie qui peut être activé automatiquement ou manuellement, il vous indique alors l’estimation d’autonomie restante pour pouvoir terminer votre journée. Il s’active intelligemment : au lieu de s’activer à un pourcentage précis, il va s’activer entre 30 et 15 % en fonction de votre consommation.

Audio

Comme le Pixel 3 XL, ce smartphone dispose de deux haut-parleurs avant positionnés de chaque côté de l’affichage, ce qui devrait permettre un son stéréo de haute qualité.

Ce sont les mêmes haut-parleurs que le XL, ils offrent des sons équilibrés. Au quotidien, ils laissent une impression relativement bonne, ils peuvent également être très forts sans ressentir de distorsion du son. Malheureusement, il n’y a pas de prise audio. Donc, si vous souhaitez utiliser un casque filaire, cela nécessite un adaptateur USB-Type-C (il est fourni). Si vous optez pour le sans, sachez qu’il est Bluetooth 5.0 et compatible aptX HD.

GPS et communications

Du côté des systèmes de navigation par satellite, le Pixel 3 prend en charge GPS, Glonass, BeiDou et Galileo. Pour le WiFi, il assure également en prenant en compte toutes les technologies les plus populaires (2.4GHz + 5.0GHz 802.11a/b/g/n/ac). Il est également NFC et Bluetooth 5.0, comme vous l’avez mentionné plus haut.

Pour la partie 4G LTE, Google mentionne une compatibilité très complète :

  • LTE jusqu’à CAT 16 (1 Gbit/s en téléchargement/75 Mbit/s en importation), agrégation de 5 porteuses en liaison descendante (5x DL CA), 4×4 MIMO, LAA, 256-QAM en liaison descendante et 64-QAM en liaison montante, en fonction de la couverture opérateur
  • FDD-LTE : bandes⁷ 1*/2*/3*/4*/5/7*/8/12/13/17/18/19/20/25*/ 26/28/29/30/32/66*/71
  • eSIM

Il n’est pas double SIM, mais il intègre un slot nano SIM et il est également compatible eSIM.

 

Prix et disponibilité

Le Google Pixel 3 est disponible à 859 euros en version 64 Go, et 959 euros en version 128 Go. Vous pouvez les retrouver chez Darty, Boulanger et Fnac. Ils sont disponibles en trois coloris, noir, blanc et rose.

Aux États-Unis, la version Subtilement Rose se nomme Not Pink

Parmi les alternatives, citons deux produits sous Android Pie qui proposent une expérience similaire : le OnePlus 6 et le Sony Xperia XZ3. Vous pouvez également consulter notre guide des meilleurs smartphones à plus de 500 euros.

Retrouvez le test complet du Google Pixel 3 XL

Conclusion

Test Google Pixel 3 Le verdict

design
8
Le Pixel 3 ne présente aucune avancée révolutionnaire en termes de conception. Il ne possède ni écran bord à bord ni design sophistiqué. Mais ce que la marque n’a pas en élégance, elle l’a en sobriété et en ergonomie. Sur le Pixel 3, aucune encoche, aucune prise en main hasardeuse, la frappe est bonne et précise, il s’oublie dans la poche d’un jean. Ses dimensions compactes sont un atout, surtout en comparaison des smartphones qui dépassent allègrement les 6 pouces de diagonale d’écran.
écran
9
Cet écran OLED de 5,5 pouces est un écran de qualité qui pourrait offrir une luminosité plus importante.
logiciel
8
Android 9.0 Pie version Google ne signifie pas nécessairement une expérience idéale, en voici la preuve. Le nouveau système de gestes d’Android Pie nous laisse sur notre faim. Par contre, il y a plein de fonctions pratiques comme le Mode Sommeil. Sans oublier 3 ans de mises à jour garantis.
performances
9
Il assure, c'est très réactif et fluide. Rien à signaler.
caméra
10
Google prouve, avec réussite, qu’on peut sensiblement améliorer les photos avec du traitement logiciel. C’est ce que l’on appelle la photographie informatisée et le Pixel 3 est le king dans ce domaine, il repousse encore une fois les limites de la photographie assistée par ordinateur.
autonomie
7
C'est son point faible : il assure le minimum en autonomie. Au-dessous, cela aurait été une catastrophe. Heureusement, il hérite de la charge sans fil (technologie Qi) et il propose toujours de la charge rapide (QuickCharge).
Note finale du test 8/10
Le Google Pixel 3 associe du matériel et un logiciel puissant pour produire des photographies incroyablement détaillées et éclatantes, à la lumière du jour et par faible luminosité. Le mode portrait de l'appareil photo est parmi les meilleurs. Et le stockage illimité de photos gratuites via Google Photo n'est que la cerise sur le gâteau.

Le système d'exploitation épuré du Pixel 3 est un plaisir à utiliser, malgré quelques fonctions qui manquent et des soucis d’ergonomie. De plus, il bénéficiera systématiquement des mises à jour logicielles et des nouvelles versions d'Android.

La conception du Pixel 3 est bonne, même s’il est visuellement un peu fade. Heureusement, il se révèle très pratique et facile à utiliser. Il est fin, léger et j'aime personnellement le dos en verre dépoli, qui est moins glissant que le verre brillant de ses concurrents. De plus, contrairement au modèle XL, le Pixel 3 offre une expérience utilisateur agréable à une main grâce à ses dimensions compactes, il se fait très discret une fois dans la poche du jean. Si vous êtes à allergique aux encoches, il reste une des seules alternatives aux côtés de Samsung et Sony.

Ses défauts : son prix élevé peut avoir un effet dissuasif, d’autant plus qu’il existe de bonnes alternatives moins chères. Enfin, son autonomie n’est pas extraordinaire, heureusement il propose un mode d’économie d’énergie efficace. Concernant les problèmes de l'interface Android Pie version Pixel, on espère que Google va déployer très vite des correctifs.
  • Points positifs
    • Qualité de photographies inégalée, même en faible luminosité
    • Mode Portrait produit des résultats impressionnants
    • Réactif et fluide
    • Trois ans de mises à jour Android
    • Design compact
  • Points négatifs
    • Autonomie moyenne
    • Pas de possibilité d’utiliser un launcher alternatif
    • Luminosité de l’écran
    • Le design de la face avant
    • Pas de reconnaissance faciale