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Test du Sony A7R V : un hybride haut de gamme aussi performant que complet

Suite aux offensives successives de ses différents concurrents, Sony a vu son hégémonie contestée dans la gamme des appareils photo hybrides de très haute résolution. Alors que de folles rumeurs circulaient au sujet d’un bon spectaculaire de précision (jusqu’à 100 millions de pixels), Sony semble avoir préféré des évolutions moins tape-à-l’œil, mais néanmoins fondamentales. Un beau signe de maturité sur le papier certes, voyons donc comment cette intention a été traduite en actes.

Fiche technique

Ce test a été réalisé à l’aide d’un appareil photo prêté par le constructeur.

Un boitier robuste et bien pensé

Comme pour les autres boitiers de la gamme Alpha 7, l’équilibre encombrement/confort d’usage est intéressant. Contrairement à certains concurrents, l’A7R V n’est ni trop encombrant ni trop compact. La poignée notamment est suffisamment profonde pour que des utilisateurs au profil varié puissent le manier agréablement. Ses dimensions, légèrement supérieures à celles du Sony A7R IV (131,3 mm x 96,9 mm x 82,4 mm, coté poignée et 72,3 mm coté plat), sont en effet plutôt bien contenues, tout en offrant une belle qualité de préhension (les utilisateurs de focales longues apprécieront). Attention tout de même, car on note un glissement successif en la matière à chaque génération : le gain par rapport à des boitiers reflex de plus en plus compacts existe toujours, mais il est de moins en moins marqué.

Afin d’assurer une belle qualité de préhension, le désormais très classique revêtement granuleux présent sur la poignée et le repose-pouce profilé à l’arrière est également bienvenu.

Entièrement métalliques, le châssis et les capots de l’A7RV sont réalisés en alliage de magnésium afin d’assurer un bon niveau de solidité pour un poids raisonnable, quoique faisant eux aussi l’objet d’une augmentation assez sensible (723 g avec batterie et cartes mémoire, contre 665 g pour le modèle précédent). Il faut également souligner la présence de nombreuses protections au niveau des différentes trappes.

Comme son prédécesseur il est équipé de la batterie NP-FZ 100 qui assure une autonomie tout à fait correcte pour un hybride. Si les contraintes énergétiques de la visée électronique conduiront les utilisateurs chevronnés à s’équiper au moins d’un second accu (surtout les vidéastes, naturellement), lors de nos tests elle a assuré des sessions de photo de rue ou une balade contemplative de plusieurs heures.

Enfin, cerise sur le gâteau, lorsque le boitier est éteint, l’obturateur focal mécanique se ferme afin de protéger le capteur, un dispositif qui ressemble de près à celui imaginé sur feu le Nikon F4 et qui s’avère très utile lors des changements d’optiques sur le terrain en conditions difficiles.

Une visée particulièrement soignée

La visée a fait l’objet d’un soin très particulier : l’A7R V dispose du magnifique viseur issu de la gamme supérieure (Sony A1) doté d’une dalle OLED de 9,4 millions de points (rafraichissement maximal de 120 i/s avec une baisse de définition). Confortable (dégagement oculaire de 21 mm pour un grossissement de 0,9 x), il est très agréable à utiliser, même quand la luminosité est faible.

Dans le même ordre d’idée, l’écran tactile arrière gagne un demi-centimètre de diagonale (8 cm) et voit sa définition poussée à 2,1 millions de points (contre 1,44 sur le modèle précédent). Autre élément positif : monté sur une rotule orientable, il est également inclinable.

Ça peut sembler anecdotique, mais les aficionados (dont je suis) de la visée verticale, comme sur les moyens formats argentiques Rollei ou Hasselblad, pourront l’utiliser avec plaisir.

Une connectique complète

Une grande variété de prises est proposée et globalement rien ne manque à l’appel :

Coté cartes mémoire, l’A7RV dispose d’un double slot paramétrable via le menu (ex : tous les raw sur une carte et les jpegs sur l’autre) et compatible avec les cartes très rapides CF express (type A) et SDXC jusqu’à l’UHS-II. Encore une fois, vu le poids des fichiers ce choix est plus qu’appréciable.

Un pilotage très largement paramétrable

Comme tous les boitiers experts, l’A7R V regorge de fonctionnalités extrêmement variées et la question de la facilité pour chacun d’accéder rapidement aux fonctions dont il a besoin est fondamentale.

Les dimensions du boitier, qui, vous l’aurez compris, ne mise pas tout sur la compacité, permettent tout d’abord de disposer de nombreuses touches (dont la quasi-totalité est paramétrable).

Sur le dessus de l’appareil, on retrouve à droite du viseur le traditionnel barillet de sélection des modes (PSAM…) qui surplombe un sélecteur permettant de passer du mode photo vers ceux destinés à la vidéo et aux prises de vues particulières (ralentis, timelapse, …) dit « S&Q ». À sa droite ont été positionnées deux molettes de réglage, une touche personnalisable et la touche de déclenchement de l’enregistrement vidéo.

Au sommet de la poignée, on retrouve classiquement le déclencheur photo, entouré du sélecteur de mise sous tension, puis la seconde molette de réglage pour les prises de vues manuelles.

Au dos, une touche menu et un bouton personnalisable ont été placés à gauche du viseur, en face d’une autre touche personnalisable, et de celles destinées au déclenchement de l’AF par le pouce ainsi que de la mémorisation d’exposition. En dessous, on retrouve dans l’ordre vertical : un joystick très utile, la touche « Fn » (qui permet entre autres d’accéder au quickmenu), la roue codeuse, le bouton de lecture des images et enfin celui destiné à leur effacement.

Les menus, pour le moins foisonnant, sont plutôt intuitifs et leur organisation par onglets horizontaux successifs permet de s’y retrouver. Évidemment, certaines fonctionnalités ne sont pas toujours idéalement accessibles, mais globalement on s’y fait sans trop de soucis. Par ailleurs, la présence d’un quickmenu permettant d’accéder rapidement aux principales fonctionnalités, la présence de nombreuses touches paramétrables et d’une page utilisateur dans le menu permettent à chacun de se créer une interface vraiment adaptée à sa pratique pour peu qu’on accepte de prendre le temps de la paramétrer.

Un autofocus de compétition

Boitier dédié à la haute résolution, l’A7R V ne pouvait pas faire l’économie de performances de haut niveau vu la concurrence. Doté d’un obturateur mécanique et d’un obturateur électronique capables de déclencher jusqu’au 1/8000 s à la cadence maximale de 10 i/s (soit des performances suffisantes pour 99 % des situations), Sony annonce avoir doublé la taille de la mémoire tampon (destinée à stocker les fichiers temporairement jusqu’à leur enregistrement sur la carte). En pratique, même avec une carte SDXC peu véloce, nous n’avons jamais été bridés par un buffer plein (par contre avec une carte « lente », le visionnage des images peut se faire quelque peu attendre, vu le poids des fichiers c’est logique).

Par ailleurs, le fabricant indique avoir amélioré le module autofocus hybride phase/contraste. Ce dernier compte désormais 693 collimateurs à corrélation de phase répartis sur 79 % du cadre et la détection de contraste est assurée par le processeur Bionz XR issu du très professionnel A1, voilà pour les chiffres. En pratique la mise au point est d’un très bon niveau en photo comme en vidéo. Comme on peut le voir sur les images ci-dessous, le suivi AF est performant dans la détection du sujet et le suivi est très efficace.

Notons qu’il est possible d’indiquer à l’appareil un certain nombre de types de sujets (ex : voitures, humains, animaux, oiseaux, avions, …) afin de les prioriser quand on peut l’anticiper (ex : couverture d’une course automobile, balade dans une réserve d’oiseaux, …). Sur le terrain cela fonctionne efficacement.

Le fabricant a également communiqué sur la capacité de l’appareil à ne pas perdre un sujet animal ou humain, même lorsqu’il tourne le dos à l’objectif, la pratique montre qu’en règle générale le pari est tenu.

Signalons également que la précision et le suivi des sujets mobiles restent très bons, même quand la luminosité chute. La très haute résolution du boitier, par nature très exigeante avec la mise au point, est donc réellement exploitable car les imprécisions et le flou qu’elles peuvent provoquer sont assez minimes en pratique.

Un stabilisateur indispensable

Afin d’éliminer les vibrations parasites et ainsi éviter des effets de flou indésirables, sujet particulièrement sensible avec un tel niveau de résolution, Sony annonce avoir encore amélioré la stabilisation sur 5 axes. En pratique les résultats sont très bons (soit un gain de 2+2/3 stops avec l'objectif 24-70 2,8 G), même si on reste assez loin de la communication flatteuse du fabricant qui indique des gains de 8 stops (sur certains types de mouvements uniquement). Avec le 24-70 mm à 70 mm, nous avons obtenu une majorité d’images parfaitement nettes ou acceptables jusqu’au 1/15e de seconde, soit de très bons résultats avec un capteur aussi défini (observation à 100 % sur écran, donc bien plus exigeante que pour un tirage par exemple).

Globalement, l’A7R V de Sony propose donc de très bons résultats en matière de réactivité et de précision. Notons simplement que d’autres boitiers proposent des vitesses de rafale supérieures, cela dit seuls les spécialistes de la photo d’action (sport, photo animalière, …) verront la différence.

Une qualité d’image superlative

L’A7R V propose un module image assis sur le binôme capteur photo plein format CMOS Exmor R (rétroéclairé) de 61 Mpix utiles et processeur Bionz XR. Sans surprise, ce couple est en mesure de délivrer des images de très belle facture. En effet, la finesse du capteur, surtout associée à de beaux objectifs photo (50mm f1,2 GM à pleine ouverture ci-dessous) permet d’envisager des tirages aux dimensions généreuses sans la moindre difficulté : sa définition native lui permet de générer des images de 53,64 x 80,47 cm à 300 dpi !

Signalons au chapitre des regrets que les fichiers RAW sont échantillonnés sur 14 bits au maximum et non sur 16. Cela dit, c’est aujourd’hui malheureusement le cas sur la quasi-totalité de l’offre plein format, les concurrents ne font donc pas mieux.

La montée en sensibilité est également très bien assurée. Le boitier permet par défaut de capter des images jusqu’à 102 400 ISO. Les images ci-dessous sont des recadrages à 100 % d’images RAW développées en tiff 16 bits avec les réglages par défaut du logiciel du fabricant.

Comme vous pouvez le constater, le bruit connait une augmentation linéaire jusqu’à 3200 ISO. À partir de 6400 ISO, le passage de chaque palier est de plus en plus brutal. Après, tout dépend des usages de chaque utilisateur. La grande résolution permet la production d’un bruit de luminance (grain) assez discret, par contre les pertes de dynamique sont nettement visibles sur nos images-tests à partir de 12 800 ISO. Pour une double page presse dans des conditions de reportage, on peut monter jusqu’à 12 800 ISO sans trop de soucis, les définitions supérieures sont plus délicates et les deux sensibilités maximales (51 200 et 102 400 ISO) font l’objet de dégradations vraiment marquées.

Les amateurs de nature morte en très haute résolution devraient également trouver leur bonheur avec un mode pixel-shift permettant de combiner plusieurs vues successives pour obtenir des images de 240 Mpix. Le principe est simple : il s’agit de mettre à profit le système de stabilisation du capteur afin de le déplacer finement entre chaque prise de vue. Attention, contrairement à certains concurrents, ce mode impose néanmoins avec l’A7RV d’opérer sur pied.

Un mode vidéo très complet

Plutôt orienté théoriquement vers la photo haute résolution, l’A7R V propose néanmoins un mode vidéo très étoffé. Il est en effet doté de tout le nécessaire du point de vue ergonomique et connectique : écran tactile orientable et inclinable, entrées/sorties micros et casque, sortie vidéo permettant de récupérer un flux RAW 16 bits -- nécessairement avec un enregistreur externe.

Il propose par ailleurs une très longue longue liste de formats vidéo sous différents codecs :

Au passage, la possibilité de réaliser des ralentis sans avoir besoin de passer par des étapes de postproduction (mode S&Q) est un vrai plus.

Enfin, ultime raffinement, on peut enregistrer en interne jusqu’en 4:2:2 10 bits en UHD (4:2:0 10 bits en UHD II) en Log, voire, pour les gourmands, disposer d’une sortie RAW 16 bits pour enregistreur externe. Attention, pour utiliser les modes de compression interne les plus gourmands (600 MB/s) vous devrez investir dans des cartes CF type A (très rapides, mais onéreuses).

Avec les « grands capteurs » plein format, le principal défi est d’assurer la mise au point. Dans le domaine, le module AF de l’A7RV, dont nous avons dit le plus grand bien en photo, répond présent également pour un usage vidéo. Il est en effet précis :

https://www.youtube.com/watch?v=HF0322If050

Par ailleurs, il est possible de sélectionner un sujet par simple contact tactile sur l’écran arrière. Une fois détecté, le module AF effectue un suivi aussi efficace que précis, y compris lorsque des sujets parasites de forme proche intègrent le champ (les vidéos ci-dessous ont été réalisés à pleine ouverture afin de pousser le module dans ces retranchements) :

https://www.youtube.com/watch?v=JcCO0a0ZWBA

https://www.youtube.com/watch?v=n5X3rjkOWFA

https://www.youtube.com/watch?v=f_ofER5fLKw

Bref, si l’A7RV ne propose pas tout à fait les mêmes possibilités que l’A7S III dédié à la vidéo (ex : absence des formats cinéma dit « DCI »), il sera néanmoins en mesure de rendre de nombreux services, y compris aux vidéastes exigeants.

Prix et disponibilité

Le Sony A7R V est disponible depuis la fin du mois de novembre 2022. Le boîtier est proposé en France au tarif de 4500 euros sans objectif. Aucun kit n'est cependant proposé avec l'appareil et il vous faudra donc ajouter le prix de l'optique à celle du boîtier.