Android est présenté au monde entier le 7 novembre 2007.

À l’heure où nous vous parlons, il a trois ans, dix mois et huit jours. Fils d’un père très célèbre, il arrive à se faire une place dans la société actuelle, en l’espace de quelques années. Aujourd’hui, de nombreux articles existent dans les médias. Les sites consacrés à lui se multiplient sur Internet. Son nom ? Android.

Mais qui est cet enfant qui fait parfois la une des médias ? Qui sont ses vrais parents ? Dans quel milieu a-t-il évolué ? Comment est-il vu par les gens ? Est-il aussi sociable qu’il y parait ?

FrAndroid vous propose aujourd’hui un point de vue sur le monde d’un système d’exploitation mobile emblématique d’aujourd’hui : Android.

Android est à la fois une entreprise, un OS, un framework, un écosystème et un logiciel libre. Pour démêler tout cela, commençons par le début.

La parenthèse General Magic

Retour dans le temps, plantons le décor. Nous sommes en 1989, à l’aube des années fluo et ecstasy. À l’époque, pas encore de lolcats sur l’intraoueb, il n’a pas encore été inventé. Pas encore de smartphone non plus mais les grandes entreprises du secteur informatique ont déjà quelques idées de R&D sur le sujet. Parmi elles, IBM – qui accouchera du IBM Simon en 1992, le tout premier smartphone, mais aussi Apple chez qui Andy Rubin se fait embaucher.

Rapidement, Andy Rubin montre un profil d’entrepreneur et participe à la création d’une entreprise au sein d’Apple : General Magic.

Vous ne connaissez pas ? C’est normal, ce fut un flop. Bien trop en avance sur son temps, la vision de General Magic était assez proche de ce qui a pu se faire avec J2ME ou avec Android : Un langage de programmation converti en bytecode, exécuté par une machine virtuelle (histoire de ne pas se préocuper du type de processeur), … ou de façon distante sur internet. Sur le cloud quoi.

Et oui, les années 70 sont terminées depuis longtemps, les ingénieurs ont arrêté le LSD et le cannabis et n’ont pas encore commencé la cocaïne et l’ecstasy, du coup … y’avait de l’idée, de la réflexion.

Le support d’Apple étant insuffisant, un tour de table fut fait par General Magic qui obtint l’investissement de grandes entreprises comme Sony et Motorola en 1992 (l’année du IBM Simon si vous suivez), non sans agacer Apple.

Alors que les tout premiers smartphones voient le jour et qu’Apple se prépare à sortir le Newton (vous savez, le truc qui lit la carte vitale chez les médecins en France), la firme à la pomme attaque General Magic en justice. Un certain nombre de facteurs mèneront à la faillite de la compagnie.

Le début : Dangers inc.

Plus tard, en 1999, Andy Rubin fonde Dangers inc. dans un contexte où les smartphones peinent à se vendre aux USA tandis qu’en Europe, Nokia commence à accumuler les millions.

Ouvrez bien vos yeux, c’est là que commence réellement l’histoire d’Android.

L’entreprise Danger accouche rapidement -en 2002- d’un terminal, le Hiptop, ou SideKick. Ce terminal fonctionnait sous DangerOS, un système principalement basé sur Java. Développé en étroite collaboration avec T-Mobile, ce téléphone remporta un très grand succès aux USA notamment auprès des adolescents friands de messagerie instantanée et de sextos SMS.

Le SideKick fut vendu dans beaucoup de pays anglo-saxons mais aussi au Québec par Fido. Mais l’opérateur québécois se fit racheter par le canadien Rogers qui décida de discontinuer le SideKick en raison de son positionnement concurrentiel par rapport à son offre BlackBerry, laquelle bâtait à l’époque son plein.

Dangers attire l’attention et se fait finalement acheter par Microsoft qui en fera … … rien …

L’essentiel des employés de Dangers, dont Andy Rubin, quittèrent Microsoft et notre cher Andy créa une entreprise dont le nom ne vous est pas inconnu.

Android inc., la consécration

C’est donc en 2003 que la société Android nait. L’entreprise n’est pas très claire quant à ce qu’elle développe mais l’on sait que cela touche au développement mobile.

Déjà très proche de T-Mobile, la compagnie se rapproche progressivement de Google qui l’achètera en 2005.

Alors qu’Apple développe l’iPhone dans son lab de Paris – sous la houlette de Jean-Marie Hullot – l’équipe Android travaille activement à un grand projet : faire revivre le SideKick.

Mais il ne s’agit pas encore d’une guerre larvée. Ce n’est pas le nouveau SideKick contre l’iPhone.

Au contraire, Google est très enthousiaste à l’idée de l’iPhone. Son objectif est en effet de multiplier les pages vues (et donc les affichages de publicité) sur le mobile et, pour se faire, de bousculer les différents acteurs du marché : Microsoft avec Windows Mobile, Nokia avec Symbian et RIM avec Blackberry. Ces derniers ont en effet beaucoup de mal à offrir une expérience de navigation web convaincante et Google souhaite pousser l’iPhone et sa propre solution, Android, pour forcer les autres acteurs à réagir et à améliorer leurs OS.

C’est dans ce contexte qu’est annoncé le T-Mobile G1, le premier terminal Android.

Commercialisé sous le nom HTC Dream en France

Maintenant, vous savez pourquoi il était aussi moche.