Interdire l’usage du téléphone portable sur les passages piétons ? C’est la proposition soumise par un sénateur au ministère de l’Intérieur par le biais d’une question publiée au Journal Officiel.

Passage piéton

« M. Pierre Bernard-Reymond demande à M. le ministre de l’intérieur s’il n’estime pas utile, pour assurer une meilleure sécurité des piétons, de leur interdire l’usage du téléphone portable lorsqu’ils empruntent des voies ouvertes à la circulation automobile ou lorsqu’ils utilisent des passages protégés pour les traverser. » Le sénateur des Hautes-Alpes s’adresse ainsi à Manuel Valls en vue de (très éventuellement) légiférer sur l’usage des téléphones mobiles sur la voie publique. Comprenez-donc, ma brave dame, ces forcenés du téléphone risquent de se faire renverser par des automobilistes, si jamais ils sont occupés à téléphoner, à regarder leurs emails ou à envoyer un SMS.

Légiférer sur la distraction

Quid des sanctions infligées aux contrevenants ? Le sénateur émérite ne préconise aucun moyen de faire appliquer sa proposition qui, si d’aventure elle venait à être appliquée, risquerait fort d’être perçue comme une source d’amendes injustifiées. Le fossé entre vie privée et espace public reste délicat à définir, et ce n’est pas la première fois qu’un député soulève la question des appareils électroniques sur la voie publique. En effet, fin 2012, André Schneider posait la question des lecteurs musicaux qui, une fois le casque adapté vissé aux oreilles de leur propriétaires, pouvaient être source de danger au bord des routes. Pour le moment, aucun ministre ne s’est risqué à soutenir une loi interdisant l’usage de ces appareils sur la voie publique, la prévention restant le moyen privilégié d’encourager les piétons à rester vigilants. Car c’est tout de même bien le sujet qui apparaît en fond de l’histoire : rappeler aux piétons de regarder autour d’eux avant de traverser, et de vérifier où ils mettent les pieds, sans se couper entièrement du monde en poussant le volume de leur musique à fond dans leurs oreilles. Plus efficace que de crier haro sur le baudet, n’est-il pas ?