Le Monde vient de publier une longue enquête sur les relations étroites qu’entretiendraient Orange et les services de renseignement français. Selon le quotidien, qui s’appuie sur des documents rapportés par Edward Snowden, Orange aurait permis à la DGSE de surveiller ses réseaux sans aucun contrôle législatif ou judiciaire.

orange

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et Orange travailleraient donc en collaboration très étroite. Selon Le Mondela DGSE « dispose, à l’insu de tout contrôle, d’un accès libre et total à ses réseaux et aux flux de données qui y transitent » chez Orange. Autrement dit, les services secret français peuvent librement surveiller et espionner tout ce qui passe dans le réseau d’Orange sans être inquiété d’aucune manière par la loi ou par la justice. Mieux, Orange et la DGSE collaborent pour décrypter des données qui circulent sur le réseau.

Les services secret auraient alors tout le loisir de stocker les données surveillées. Des données qui concernent aussi bien des Français que des étrangers et qui peuvent être partagées avec d’autres agences de renseignement de pays alliés. Et quand la DGSE pense trouver des renseignements utiles, elle contacte ensuite les fournisseurs d’accès à Internet de façon à retrouver l’identité de ceux qui échangent lesdites données. Pratique.

Le Monde précise encore que cette collaboration n’a absolument rien d’officiel. Les relations entre l’ex France-Telecom et les services secret existent depuis trente ans. Ce sont quelques ingénieurs, tenus au secret défense, et répartis dans trois des services d’Orange (direction des réseaux, direction internationale et direction sécurité) qui s’occuperaient à la fois de travailler pour Orange et à la fois pour la DGSE.

Interrogées par le quotidien, quelques sommités de l’Elysée se sont refusées à faire des commentaires. Ils se contentent juste de rappeler que France Telecom reste un délégataire de service public et contribue donc à la sécurité du territoire.