Si vous avez suivi la conférence dédiée au Project Ara qui a eu lieu ce soir à San Francisco, et si vous avez lu notre édito de la semaine dernière, vous devez sûrement connaître assez bien ce projet de smartphone modulaire. Pendant plus de deux heures, différents intervenants ont défilé sur scène afin d’évoquer toutes les questions « techniques ». Google a également dévoilé le premier prototype fonctionnel. Dans cet article, nous revenons sur les principales annonces.

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Comme déjà évoqué, le Project Ara est un des projets développés au sein du Advanced Technology and Projects (ATAP), anciennement dans le giron de Motorola Mobility. Pour rappel, ce projet ambitieux a pour objectif de créer une plate-forme open-source pour smartphone. Sur une base appelée « endo »squelette, il sera possible d’ajouter des modules avec un système d’aimants. Ces modules pourront être un appareil photo, une batterie, un capteur, de la mémoire… afin de pouvoir personnaliser complètement son smartphone.

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Quand est-ce que le premier smartphone Ara sera commercialisé ? Google prévoit de le commercialiser en 2015. Un place de marché permettra d’acheter ces « modules », de les échanger et différents outils faciliteront l’accès à cette technologie.

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Quel sera le prix du smartphone Ara ? Google espère pouvoir concevoir un smartphone « entrée de gamme » pour 50 dollars (environ 35 euros). Le téléphone haut de gamme devrait coûter environ 500 dollars (370 euros). Il s’agit d’un coût de fabrication, il faut donc s’attendre à des appareils entre 100 et 700 euros, en fonction des modules choisis.

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Quelles seront les tailles des téléphones Ara ? Google a prévu trois tailles différentes d’endosquelette, avec des écrans entre 3 et 6 pouces. Chaque appareil pourra recevoir un nombre de modules différents, tandis que certains modules ne fonctionneront qu’avec le grand « endosquelette ».

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Comment fonctionnent les modules ? Les modules se connectent à l’endosquelette grâce à des aimants électro-permanents. L’impulsion magnétique permet d’activer les modules, qui pourront échanger des données jusqu’à 10 Gbs et avec une consommation jusqu’à 5 Watts. Les aimants n’ont pas besoin d’une charge constante pour maintenir une liaison. Les modules peuvent être créés par différents développeurs, grâce au MDK (Module Developers Kit).

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Comment acheter des modules ? Google a prévu de lancer une place de marché où il sera possible d’acheter et commercialiser des modules, mais aussi de les échanger.

Les téléphones fonctionneront-ils sous Android ? Oui, Android est l’OS par défaut. Justement, Android devrait évoluer afin de permettre cette modularité. La dernière version, Android 4.4 KitKat, n’a pas été prévue pour être compatible avec un projet de ce type. Début 2015 sera dévoilé une version d’Android conçue pour supporter cette modularité.

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Et le premier prototype ? Il a été présenté à la conférence, il ne possède pas d’aimants électro-permanents, mais des clips pour maintenir les modules en place. Le bus d’alimentation est également encore en cours d’élaboration. Il fonctionne grâce à une architecture OMAP (Texas Instrument). Vous remarquerez qu’il a un écran fissuré, « pas grave, il suffit de changer l’écran ».

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Quelle est la durée de vie d’un téléphone Ara ? C’est une des problématiques du projet. Les téléphones du Projet Ara sont censés avoir une durée de vie de cinq à six ans – beaucoup plus que votre smartphone actuel. Le téléphone sera « évolutif », ce qui vous permettra de le maintenir à jour en changeant les modules.

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Existera t-il un seul design ? Non, chaque module pourra avoir sa propre couleur et sa propre texture. Un module pourra également dépasser « le périmètre du téléphone ». D’ailleurs, un module pourra avoir plusieurs fonctionnalités. L’objectif étant de créer des milliers de combinaisons possibles. Si vous souhaitez un clavier physique, cela sera possible. Deux batteries, également possible. Un zoom optique. banco ! J’imagine que certains artistes voudront dessiner directement sur les modules, cela sera possible également. Vous pourrez certainement imprimer votre « design » avec de l’impression 3D.  Le Projet Ara travaille avec 3D Systems pour développer un nouveau type d’imprimante 3D qui est capable de réaliser de la production de masse personnalisées pour les modules.

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Il sera sûrement possible de télécharger directement les pilotes des modules sur le Google Play. Google a beaucoup insisté sur la facilité d’utilisation de ces modules, afin de pouvoir s’adresser à tous les publics : Ara se veut un projet « intemporel grâce à la personnalisation », flexible, facile d’accès et réparable.

Les défis que doit surmonter ATAP sont redoutables mais surmontables. Depuis l’iPhone, la technologie mobile a migré inexorablement vers l’intégration. L’objectif étant de mettre le maximum de composants sur un seul circuit imprimé (ou même une seule puce). Cette intégration a permis d’économiser de la place, de la batterie, gagner en épaisseur, en coût et en poids. Néanmoins, cette intégration limite la durée de vie et la personnalisation de nos appareils.

Qu’est ce que Google essaye de faire ? Construire une industrie au sein d’une industrie. La firme californienne est obligée de pousser de nouveaux standards et de nouvelles technologies. Par exemple, le standard de communication appelé « UniPro » pour simplifier les communications entre chaque module.

La mission actuelle de l’équipe derrière Ara ? Agréger une masse critique de développeurs de modules pour créer un écosystème viable. Google veut créer un smartphone pour les 7 milliards d’humains, à la fois esthétique et fonctionnel.

Deux ans pour mettre en place un projet extrêmement ambitieux. Le challenge est énorme, il fait rêver. Nous avons envie d’y croire.