Il y a quelques années, il était inimaginable d’être connecté sur Internet depuis sa voiture. Et pourtant, depuis peu, c’est nos voitures qui sont directement reliées à Internet, de manière autonome. Les voitures connectées vont prendre de plus en plus de place dans le paysage automobile. Mais a-t-on véritablement besoin d’une voiture reliée à Internet en permanence et bardée d’électronique ? La question peut se poser pour les fonctions liées au confort, mais les avancées apportées à la sécurité auront du mal à être remises en question quand on sait que la plupart des accidents auraient pu être évités avec une réaction différente du conducteur.

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Des voitures semi-connectées

Qui n’a jamais rêvé de posséder la Batmobile ou une Aston Martin préparée par Q ? Être capable de rouler tout en réalisant de nombreuses activités, mis à part bien sûr celles impliquant des armes (!) ?

Les constructeurs de voitures l’ont bien compris et proposent depuis quelques années de faire entrer Internet dans l’habitacle de la voiture. Au départ, l’objectif était simple : permettre au conducteur de bénéficier d’informations supplémentaires sur son trajet comme par exemple l’information sur le trafic, la météo ou encore la liste des stations-service les plus proches. Rapidement, avec l’avènement des connexions mobiles Internet, les constructeurs ont commencé à proposer de nouvelles fonctionnalités annexes à la conduite comme la navigation sur Internet ou les réseaux sociaux. Pratique pour les feux rouges qui durent longtemps ou pour les chauffeurs qui attendent leur passager, mais rien de très révolutionnaire pour la conduite. Pour une révolution, il faudra attendre les voitures autonomes.

Renault

Google Car : la voiture 2.0

Ces prochaines années, nous devrions voir arriver la génération 2.0 des voitures connectées qui se distingueront par le confort apporté, mais surtout, par une sécurité en hausse qui sera permise par de nombreux capteurs, pas forcément reliés à Internet. À l’image de la Google Car, mais également des initiatives de Nissan et Toyota pour le développement des voitures autonomes. Celles-ci devraient apporter du confort et de la sécurité puisqu’elles pourront être conduites de manière autonome et automatique, sans intervention humaine. Pour le confort, il n’y a pas photo puisqu’on pourra se faire balader par sa voiture pour se reposer, faire une sieste, naviguer sur Internet ou encore en profiter pour travailler. Internet dans la voiture pour le conducteur prend tout son sens avec des voitures autonomes puisqu’il n’a plus besoin de surveiller la route. Mais ce qui est encore plus défendable, outre le confort, c’est la sécurité qu’apporte un tel fonctionnement.

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La sécurité au centre des préoccupations

La grande majorité des accidents de la route est due à une défaillance du conducteur : excès de vitesse, alcoolémie ou encore fatigue. Autant dire qu’un ordinateur ne connaît pas ces défauts et s’il est bien réglé, possédera toujours un comportement prévisible selon la situation. Ainsi, l’ordinateur qui fera rouler la voiture respectera les limitations de vitesse en vigueur, ne grillera pas de feu rouge ou ne dépassera pas de manière dangereuse. Surtout, si les véhicules utilisent les mêmes algorithmes, ils pourront communiquer entre eux et prédire le comportement de chacun. Imaginons deux voitures qui arrivent en face à face : actuellement, les conducteurs ne savent pas comment l’autre va réagir. Et parfois, lorsque l’un des conducteurs a pris une décision, il est trop tard pour que l’autre prenne la bonne décision et évite la collision. Avec les voitures autonomes connectées, on peut imaginer qu’elles communiquent ensemble pour s’éviter. Dans le cas où elles ne seraient pas connectées entre elles, leurs capteurs et leur ordinateur de bord permettraient de prendre des décisions jusqu’à la dernière seconde et ainsi de tenter d’éviter la collision. Quid de la morale et l’éthique dans tout ça ?

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Les accidents : un problème éthique

En cas de choc inévitable, quelle décision prendra la voiture ? Vers quel objet, voiture ou personne l’ordinateur prendra la décision de se diriger ? Imaginons un carambolage pendant lequel la voiture autonome détecte qu’elle lui est impossible de s’arrêter sans finir sa course dans une autre voiture. Ses capteurs sont capables de déterminer la taille des voitures, voire la présence d’un cycliste ou d’un piéton au bord de la route. Quelle décision prendre ? Quelle voiture ou objet la voiture décidera de percuter ? Les algorithmes sont capables de prendre une décision que les développeurs auront choisie à l’avance, selon certaines situations. Mais quel principe retenir ? Ces problèmes de morale et d’éthique nécessitent d’être pris en compte lors du développement des voitures et la transparence des constructeurs sur le comportement de leur voiture serait appréciable et devrait peut-être donner lieu à un débat un peu moins confidentiel qu’actuellement.

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Dans un excellent article, le site Wired.com expose une situation qui démontre la complexité de l’exercice. Imaginons deux motards, dont un qui ne porte pas de casque, et une voiture qui n’a pas d’autre choix que de percuter l’un des deux. Va-t-elle choisir de percuter le motard qui possède un casque puisque le risque de survie est plus élevé pour ce dernier alors qu’il a un comportement plus sûr et plus défendable puisqu’il possède un équipement de sécurité ? En quelque sorte, on le pénalise pour avoir pris des précautions. Dans cette situation, l’ordinateur a le temps de réfléchir et de décider, contrairement à l’humain qui va davantage prendre une décision de réflexe qu’on peut difficilement blâmer puisqu’il n’a pas le temps de réfléchir aux conséquences de son action.

Les routes connectées

Cette problématique mise de côté, l’aspect sécurité peut également se baser sur des informations envoyées par la route. Par exemple, en ville, la voiture peut être reliée au système de signalisation et ainsi savoir combien de temps le feu en approche restera au vert. Pour des économies d’énergie, ce fonctionnement peut permettre à la voiture d’éviter de trop ralentir à l’approche d’un feu si elle sait qu’il va passer au vert dans quelques secondes.

Un peu à la manière des lignes de métro automatiques qui possèdent encore les anciens feux de signalisation en service (on pense notamment à la ligne 1 du métro parisien). Le métro a alors un comportement déroutant : il ne ralentit pas à l’approche des feux rouges puisqu’il sait qu’ils passeront au vert quelques secondes (voire micro secondes) avant son passage. Un conducteur humain aurait ralenti et perdu du temps en plus d’avoir dépensé de l’énergie inutilement. Pour être parfaitement sécurisé, ce fonctionnement impose en revanche que l’ensemble des voitures soit autonome, car un conducteur humain qui passerait à l’orange bien mûr risquerait de se faire percuter par une voiture autonome qui arriverait lancée puisqu’informé que le feu passera bientôt au vert. À moins que les capteurs de la voiture autonome ne détectent que la voiture qui arrive sur le côté du carrefour n’a pas l’intention de s’arrêter, avec pourquoi pas, les feux de circulation qui possèdent des caméras et des radars pour informer la voiture autonome et connectée de ce qui se passe de chaque côté du carrefour.

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Problèmes législatifs

Cet excès de technologie peut prêter à sourire, mais nous sommes persuadés que d’ici quelques années, les villes seront équipées des équipements nécessaires à une conduite autonome en toute sécurité. Il faudra un certain temps avant d’arriver à ce fonctionnement à la Minority Report, bien que les villes possèdent un réseau routier et de signalisation de plus en plus connectée. Ce qui pose le plus de problèmes pour le moment est l’aspect éthique comme nous l’avons vu plus haut, mais également l’aspect légal. Pour le moment, certains États des USA ont autorisé les voitures autonomes de Google du moment qu’une personne apte à conduire est présente à la place du conducteur. L’Angleterre souhaite aller plus loin en faisant voter un projet de loi qui autoriserait une voiture sans conducteur sur les autoroutes. Une solution aux retours des apéros un peu trop arrosés ?

Connecter sa vieille voiture

Tout cela paraît futuriste, mais il existe déjà des solutions pour rendre sa voiture lambda un peu connectée. La semaine dernière, nous vous avions parlé de l’application Automatic et du dongle à brancher au port ODB (port diagnostique sur lequel les garagistes branchent la fameuse mallette) qui était principalement destiné au marché américain.

Il y a quelques semaines, la jeune start-up Lilloise Eliocity a sorti son boîtier Xee qui possède à peu près les mêmes fonctionnalités que Automatic, si ce n’est sa plus grande compatibilité avec les véhicules européens puisque les moteurs diesel et essence sont pris en charge contrairement à Automatic qui se limite au diesel. Une fois le boîtier relié à la voiture, il communique avec le téléphone en Bluetooth via les applications dédiées (iOS et Android). Ce qui permet d’avoir accès à des informations comme la consommation, la position de sa voiture lorsqu’elle est garée ou encore savoir si les portes sont bien verrouillées, mais également si une tentative d’effraction est en cours. Niveau sécurité, l’application permet aussi de prévenir automatiquement des contacts en cas d’accident.

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A-t-on réellement besoin des voitures connectées ?

Que faut-il penser de toute cette technologie, au service du confort des automobilistes, mais aussi de la sécurité des êtres humains ? À titre personnel et en tant que technophile, j’adore l’idée de posséder une voiture connectée et de pouvoir avoir en permanence des informations sur son fonctionnement lorsque je suis dans l’habitacle, mais également à l’extérieur.

Bien sûr, c’est un plus, c’est du confort, mais j’apprécie l’idée de savoir ce qui se passe exactement sous le capot, derrière le raffut des explosions causées par les pistons dans leur cylindre. Ce qui permet également d’optimiser au maximum sa façon de conduire, en termes d’efficacité énergétique. Avoir un retour en direct du comportement de son moteur est alors primordial même si les concepts d’éco-conduite sont déjà largement connus. Petit plus, l’aspect sécurité permet également d’être un peu plus serein en cas d’accident.

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Les technologies intégrées par les constructeurs sont également intéressantes, mais leur mise en œuvre diffère selon les marques et l’expérience utilisateur est donc parfois désastreuse, comme sur les premières dalles tactiles des voitures dont l’ergonomie est assez exécrable. Les constructeurs ont fait des efforts, mais avant de retrouver l’ergonomie de mon smartphone en voiture, je préfère me servir de ce dernier pour le GPS. Lorsque les solutions seront réellement abouties, alors je n’hésiterais pas à m’en servir avec plaisir, d’autant plus que les constructeurs ont beaucoup à jouer avec des habitacles connectés comme celui qu’Audi a présenté au CES 2014 avec un tableau de bord personnalisable et une tablette Android.

Le voitures autonomes : un mal nécessaire ?

Concernant les voitures autonomes, mon opinion est moins tranchée. C’est selon moi une innovation vraiment excitante et un peu un rêve de gosse : voir des voitures se conduire ou se garer toutes seules, et venir vous chercher à la sortie du parking. Cela pourrait en plus permettre de réaliser des économies d’essence avec une conduite optimisée et pourquoi pas du covoiturage plus facile puisque les voitures ne nécessiteront pas de conducteur. À moins que les lois en vigueur n’imposent la présence d’un titulaire d’un permis de conduire à bord, au cas où. Mais il est certain qu’à terme, cette obligation passera à la trappe. Pour toutes ces raisons, les voitures autonomes sont l’avenir.

Mais quid du plaisir de conduire, comme dirait un célèbre constructeur bavarois ? Si certains détestent l’idée de prendre le volant, d’autres prennent un plaisir à conduire une voiture. La voiture autonome met de côté le plaisir de la conduite pour se centrer sur le côté utile de la chose. Après les véhicules électriques qui n’ont plus de sonorité, préparez-vous à accueillir les véhicules sans sonorité qu’on ne peut pas conduire. Mais vu les avancées en terme de confort et de sécurité que ça apporte, je suis prêt à me passer du bruit et du plaisir de conduite. Et puis il reste les pistes de karting ou les circuits de courses pour se faire plaisir, pour l’aspect sportif… au moins de temps en temps.

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