Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur français, était en visite à l’université George Washington aux États-Unis pour prendre la parole sur les sujets relatifs à la lutte antiterrorisme. L’homme soutient les autorités américaines dans sa lutte face à la Silicon Valley, et notamment Apple.

Bernard Cazeneuve

Depuis quelques semaines, Apple et le FBI mesurent leur force par l’intermédiaire d’un bras de fer judiciaire. Le FBI demande en effet à Apple de créer une version spéciale d’iOS qui permettrait de déchiffrer l’iPhone du terroriste de San Bernardino. Apple refuse, puisque le géant de Cupertino craint que le logiciel ne tombe entre de mauvaises mains et soit utilisé à des fins d’espionnage. De nombreux géants de la Silicon Valley, à l’image de Google, Facebook ou encore WhatsApp, ont soutenu Apple dans sa démarche. Le FBI dispose quant à lui du support du gouvernement américain, mais aussi de son pendant français.

 

La France soutient les États-Unis

Jusqu’à présent, la France ne s’était jamais vraiment exprimée publiquement sur le sujet. On se souvient de François Molins, le procureur de Paris qui avait cosigné une tribune dans le New York Times, mais aucun membre du gouvernement n’avait encore tenu des propos à l’encontre du chiffrement. À l’occasion d’une visite – prévue depuis un mois – aux États-Unis, et plus précisément à l’Université George Washington, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, a exprimé ses craintes à l’égard du chiffrement. L’homme comprend “parfaitement la préoccupation de l’administration américaine et la fait sienne. Bernard Cazeneuve pense d’ailleurs qu’il n’est pas utile “d’engager un bras de fer”.

 

Quelle solution ?

Le ministre de l’intérieur propose alors une solution : “il faut impérativement trouver des procédures et sous le contrôle de l’autorité du juge” sinon, l’homme prévient que les citoyens, en cas d’attaque terroriste, demanderont “mais qu’avez-vous fait pour nous protéger ?”. Quelle solution mettre en place ? Créer une porte dérobée remet en cause le chiffrement et la vie privée des citoyens. Certains cadres de la Silicon Valley penseraient à chiffrer les communications, mais à laisser en clair (ou du moins facilité leur accès par les autorités) les métadonnées pour connaître certaines informations comme les expéditeurs et destinataires ou les informations de temps et de lieu des échanges.