Présenté au MWC 2017, le Huawei P10 Plus avait fait très bonne impression. Après trois mois d’utilisation, est-il toujours aussi sexy ? Voici notre verdict après un test longue durée.

En mars, nous attribuions la note de 9 sur 10 au Huawei P10 Plus dont les très bons résultats étaient portés par son appareil photo, son très bel écran et les excellentes performances du Kirin 960. Mais qu’en est-il sur le long terme ? Vieillit-il bien ? Voici nos impressions après trois mois d’utilisation.

Une fragilité extrême

Comme je le disais déjà dans le test du téléphone en mars dernier, le P10 Plus ne fait pas dans l’originalité pour son design, doux mélange entre P9 Plus avec un écran IPS et un iPhone 7. Cela ne l’empêche pas cependant d’avoir une certaine classe avec son bandeau vitré sur le haut de sa coque, enlaçant le double module photo. La prise en main est également bonne, avec des bords tout en rondeurs qui n’agressent pas la paume et des boutons bien positionnés.

Malheureusement, ces courbes se sont montrées traitresses sur le long terme. Si le téléphone est doux à l’usage, il s’avère également relativement glissant et il m’est arrivé à de très nombreuses reprises de le faire tomber en voulant le tenir trop fermement. Alors oui, je suis maladroit, mais je n’ai jamais cassé de téléphone de ma vie, et pourtant ce n’est pas faute d’en avoir eu dans les mains. Ou tout du moins je n’en avais jamais cassé jusqu’à présent.

J’avais à l’époque remarqué une certaine fragilité de la coque qui arborait déjà de belles rayures après quelques jours d’utilisation seulement, alors qu’il n’était pas encore tombé et que mon téléphone ne se retrouve jamais dans la même poche que mes clés. Aujourd’hui, non seulement les rayures sont très nombreuses, mais les coins en aluminium ont pris un sacré coup et la face avant est fissurée ou rayée à plusieurs endroits. À titre de comparaison, mon Galaxy S6 edge que j’ai gardé bien plus longtemps et qui en a connu des pires est encore très bien conservé.

La fissure sur l’écran est presque invisible lorsque mon regard est parfaitement perpendiculaire à l’appareil, laissant penser qu’elle n’est que bénigne, mais elle se perçoit de biais et accroche parfois le doigt. Pire encore, je remarque que depuis qu’elle est là, il m’arrive de rater des touches du clavier à l’endroit où elle le traverse, ce qui est embêtant à la longue.

Bref, la fragilité du P10 Plus a non seulement altéré son apparence, mais également mon expérience au quotidien, ce qui est pour moi bien plus grave.

 

Attention les traces

Son écran a beau être fendu, tout comme mon cœur à chaque fois que je pose mon regard sur cette trace ineffaçable de cette soirée un peu trop alcoolisée où mes mains ont perdu le contrôle (à consommer avec modération, 5 fruits et légumes par jour, prenez soin de vous), il reste excellent. Il n’est peut-être pas aussi sexy que celui du LG G6 ou du Galaxy S8, mais cela ne me dérange pas particulièrement. Même après avoir passé du temps avec ces deux téléphones, je n’ai pas eu l’impression de régresser en revenant sur le P10 Plus.

Même en ce mois de juin caniculaire, sa luminosité est excellente et me permet de l’utiliser en plein soleil sans le moindre souci. Il faut dire que les écrans IPS se sont beaucoup améliorés ces dernières années et je les préfère même aujourd’hui à la plupart des AMOLED, ces derniers étant souvent mal réglés et pourvus de reflets iridescents.

Les problèmes du rétroéclairage erratique que j’évoquais en mars dernier ont été corrigés depuis au cours d’une mise à jour, en revanche, l’absence de revêtement oléophobique sur l’écran est toujours aussi désagréable. L’écran accroche facilement les traces de doigt aussi bien que la saleté et traitez-moi de maniaque si vous voulez, mais je passe beaucoup (trop) de temps à le nettoyer.

 

Quelques mises à jour et toujours plus de ralentissements

J’ai longtemps eu énormément de mal avec l’interface personnalisée de Huawei, beaucoup trop teintée de l’esprit asiatique à mon goût, mais depuis la version 5, je l’utilise avec grand plaisir. Mis à part les icônes des applications natives (téléphone, répertoire, messages…) que je trouve très old-school, Emotion UI est très plaisante, avec de nombreuses possibilités de personnalisation et quelques fonctionnalités bien pensées.

Trois mois plus tard, une question me reste toujours en tête : pourquoi grand Dieu ne pas avoir ajouté des touches capacitives (comme sur le Honor 9 par exemple) autour du capteur d’empreintes ? On se fait finalement assez rapidement à la navigation par gestes, mais encore aujourd’hui il m’arrive régulièrement de rater mon glissement de doigt pour ouvrir le multitâche, revenant en arrière alors que je ne le voulais pas, ou de lancer Google Now par inadvertance. Et c’est frustrant ! Alors oui, je pourrais activer les touches tactiles à l’écran, mais quel gâchis de place. Si je voulais un smartphone avec de grosses bordures inutiles en haut et en bas de l’écran, je prendrais un Sony.

Choix de la navigation, icônes old-school et Google Now impromptu

Mais le plus gênant, c’est qu’avec le temps, des ralentissements sont apparus. Si je remarquais dès le début quelques latences sur les réseaux sociaux lors du survol d’une vidéo, problème alors connu par Huawei et lié à une incompatibilité de codec, c’est aujourd’hui lors de ma navigation dans l’interface que je remarque quelques baisses de framerate. C’est dommage pour l’expérience globale, même si la fluidité reste dans l’ensemble tout à fait correcte.

 

Performances et autonomie

Concernant les performances et l’autonomie, je m’aperçois en relisant mon test que le téléphone est resté le même qu’au premier jour à ce niveau, si ce n’est que la chauffe que je qualifiais alors de « pas alarmante » s’est montrée beaucoup plus prononcée en ce mois de juin étouffant lors de mes parties de South Park Phone Destroyer. Chaleur caniculaire et jeu encore en bêta, ce n’est certainement pas le meilleur combo pour réellement se forger un avis, mais c’est toujours intéressant à noter quand on sait que le OnePlus 5 à la même période était bien moins chaud sur la même utilisation — merci le Snapdragon 835 à 10 nm.

Pour l’autonomie, elle n’a pas évolué ni dans un sens ni dans l’autre et reste toujours moyenne. Je n’ai en général pas à recharger mon téléphone dans la journée, mais il m’arrive d’être un peu juste le soir si je l’utilise beaucoup. Je suis par contre toujours aussi impressionné par sa recharge rapide très efficace, même si cela nécessite d’utiliser le chargeur d’origine du téléphone.

 

La photo, toujours un coup de cœur

Pour la première fois de mon histoire à FrAndroid, j’ai osé octroyer la note parfaite à la sous-partie d’un test en gratifiant le P10 Plus d’un 10/10 en photo. Depuis, j’ai eu en mains le LG G6, le Samsung Galaxy S8, le Xiaomi Mi 6 ou encore le OnePlus 5, et je ne regrette toujours pas cette note.

Si le LG G6 s’en sort mieux dans le noir total, le P10 Plus est globalement plus efficace, avec notamment une mise au point plus fiable en automatique. Le mode noir et blanc est toujours aussi magnifique et les effets que l’on peut obtenir en jouant avec les différentes sources de lumière sont bluffants. Selon moi, seul le HTC U11 est capable de rivaliser aujourd’hui pour le titre de meilleur photophone.

Sur le long terme, j’ai cependant remarqué un défaut de taille, lié au premier point de cet article : l’usure. En effet, il n’est pas rare de devoir nettoyer l’objectif si l’on ne veut pas voir sa photo gâchée d’un voile blanc. Avec le temps, de petites rayures sont également apparues sur les objectifs, mais si j’avais peur que cela gêne à la mise au point, cela ne m’a pas encore posé problème pour le moment vu qu’elles sont excentrées.

 

Un petit bijou trop fragile

Voilà donc trois mois que j’utilise un P10 Plus au quotidien, et j’en suis globalement content. Même après avoir passé du temps avec les meilleurs flagships de l’année, je ne l’ai jamais récupéré avec regret, sauf peut-être après avoir essayé le OnePlus 5 dont la fluidité et l’autonomie sont d’une exemplarité à toute épreuve. Deux défauts qui ne me choquaient pas auparavant et qui me sautent davantage aux yeux désormais sur le P10 Plus.

Non, mais vraiment, vous aimez ces icônes ?

Mais son principal point fort, c’est évidemment la partie photo qui m’émerveille toujours autant, me rappelant mes premiers pas avec un « bijou » numérique quand j’étais encore tout jeune et que je m’amusais à photographier tout et n’importe quoi. Malheureusement, du bijou il a également la fragilité et c’est certainement là son plus gros point faible. À moins de lui mettre une coque, il faut donc y faire très attention, et rien que pour cela, je serais prêt à abandonner cette qualité photo, contrairement à mon S6 edge à l’époque, pour qui je disais encore un an après son achat que je ne lui avais trouvé aucun remplaçant capable de l’égaler dans mon cœur.