Introduction

Quelques mois tout juste après la sortie du très bon SmartBand SWR10, Sony sort une version améliorée de son tracker d’activité. Le SmartBand Talk (ou SWR30) se veut une version plus connectée du tracker d’activité. Et pour ce faire, Sony a intégré un écran. Écran qui sert aussi bien à voir ses performances en direct, qu’à consulter ses notifications… et même à prendre des appels. Alors, gadget ? tracker de luxe ? La réponse, comme d’habitude, se trouve dans les lignes de ce test.

smartband talk 01

Caractéristiques

Avant même de commencer le test du SmarBand Talk, il est nécessaire de comparer les caractéristiques de ce nouveau bracelet de Sony à celles de son prédécesseur, le SmartBand SWR10. Les deux bracelets possèdent à peu de choses près les mêmes fonctions : ce sont tous les deux trackers d’activités. Une fois reliés à un smartphone, ils vont alors envoyer des informations à l’application mobile afin de tracer l’activité physique, multimédia et nocturne de l’utilisateur. La principale différence entre les deux bracelets, c’est que le SWR30 possède un écran alors que le SWR10 se contentait de quelques diodes. Et c’est cet écran qui explique les différences de composants choisis par Sony : pour afficher des informations et assurer une autonomie honorable pour un tracker de ce type, il a forcément fallu muscler le hardware.

Rappelons aussi succinctement le principe du SmartBand Talk : il s’agit d’un tracker d’activité capable d’afficher les notifications de son téléphone, mais aussi, grâce à ses haut-parleurs et à son micro, de prendre un appel. Oui, tel le Michael Knight des temps modernes, il est possible de converser avec un interlocuteur en portant son poignet à sa bouche. Est-ce donc cela la classe au XXIe siècle ?

Un tracker discret à défaut d’être esthétique

Soyons directs, le SmartBand n’est pas très beau. Là où le SWR10 jouait la sobriété, le SmartBand Talk se la joue minimaliste. Est-ce le bracelet noir de notre exemplaire de test qui le rend aussi triste et terne ? Peut-être, mais, là encore, contrairement à son aîné, seules deux couleurs sont disponibles à l’achat : noir et blanc. Des bracelets de couleur (rouge, rose, vert et bleu) sont ensuite vendus séparément. Par ailleurs, si l’écran à encre électronique (on y revient) s’avère très adapté à ce type de tracker, son rendu en noir et blanc n’est clairement pas ce qu’on a vu de plus sexy cette année. Bref, du point de vue du design, c’est très moyen. C’est un appareil qui se veut pratique et sportif avant tout.

smartband talk 02

L’affichage sur fond blanc.

Si le SmartBand Talk n’est pas le plus bel appareil que l’on ait eu au poignet cette année, il possède toutefois quelques avantages évidents. Le premier est indéniablement sa discrétion. Avec ses 25 grammes et son bracelet en silicone, on oublie très rapidement et très facilement le bracelet tant il est confortable. Je déteste personnellement porter une montre ou un bracelet autour du poignet parce que j’ai tendance à rapidement transpirer et à les sentir. Quelque chose dont je n’ai jamais eu à me plaindre en trois semaines d’utilisation. Il faut également noter que l’ensemble bracelet + tracker peut-être séparé grâce à un système de clips amovibles. Mais comme pour le SWR10, on a du mal à comprendre pourquoi Sony a opté pour un bracelet finement strié qui entasse toutes les saletés (poils, poussières) qui passent à portée. Dommage.

smartband talk 10

Des clips permettent d’enlever le bracelet.

 

smartband talk 11

L’ensemble est très léger.

Le tracker en lui-même se compose d’un appareil en plastique de 47,5 mm de long pour 9,5 mm d’épaisseur. Il comprend trois boutons sur le côté, un pour la mise en marche et passer d’un menu à l’autre et les deux autres dédiés au contrôle du son. Sur le côté, on retrouve une trappe d’étanchéité qui protège un port micro-USB destiné uniquement à la recharge de l’appareil. Les deux petites fentes en bas de l’appareil sont les haut-parleurs, tandis que le micro se trouve en haut à droite. L’ensemble est solide et relativement bien fini. J’aurai toutefois de grosses réserves à émettre sur l’écran, en plastique lui aussi, qui était déjà rayé (l’appareil de prêt à déjà été testé par d’autres confrères) lorsque nous l’avons utilisé la première fois. De fait, cet écran semble ne posséder aucun traitement et s’abîme très vite. Les informations affichées sur l’écran sont toutefois toujours visibles, mais cela n’enjolive pas l’ensemble. Notez pour terminer, que le tracker en lui-même est certifié IP 68. Cela signifie qu’une fois la trappe fermée il est capable de résister à toute forme de poussière et peut être immergé sous 1,5 mètre d’eau pendant plus d’une demi-heure.

smartband talk 13

Un tracker avec des fonctionnalités de montre connectée

L’installation de l’appareil est relativement simple, à condition de bien suivre les nombreuses étapes détaillées par Sony. Une fois l’application nécessaire à la configuration du bracelet, il est nécessaire d’appairer le bracelet en Bluetooth ou en NFC. L’application SmartBand Talk SWR30 va alors permettre de configurer précisément ce que va afficher le bracelet. Et c’est cette application qui va donner tout l’intérêt du SmartBand Talk. On peut notamment configurer les notifications des applications que l’on peut recevoir sur son bracelet. Libre à l’utilisateur de faire en sorte que ses mails, ses rendez-vous ou ses SMS soient affichés sur sa montre. Mais on peut également configurer l’apparition de n’importe quelle modification : jeux, réseaux sociaux, rappels, tout ce que l’on souhaite.

smartband talk application 1

L’application de gestion du Smartband Talk permet de configurer les notifications que l’on veut recevoir sur le tracker

smartband talk application 2

Il est possible d’installer des applications propres au tracker. Ici un système de reconnaissance vocale (qui fonctionne très mal).

Une fois ces notifications configurées, elles s’afficheront sommairement sur sa montre. Dans le cas de Gmail, par exemple, l’enveloppe de Gmail va s’afficher ainsi que le nom de l’expéditeur. Il suffit ensuite de « taper » sur l’écran de la montre pour afficher l’objet de l’email ainsi que le début du corps de l’email (trois lignes maximum) en question. On ne peut rien faire d’autre. Pas question de scroller (l’écran de la montre n’est pas tactile) ou de répondre, le SmartBand Talk permet tout juste de prendre connaissance des notifications et c’est tout. Cet aspect smartwatch est très plaisant au quotidien. Certes, ce n’est pas aussi poussé qu’une montre connectée, puisque les seules interactions que l’on a avec la montre passent par l’intermédiaire des boutons et de « tapes » sur l’écran, mais c’est un plus appréciable.

smartband talk 04

La réception d’un SMS.

smartband talk 05

Deux messages reçus.

On le disait un peu plus haut, l’écran de ce tracker est un écran à encre électronique, uniquement en noir et blanc. Il est d’ailleurs possible de configurer cet écran de façon à l’afficher noir sur blanc ou blanc sur noir. On vous conseillera d’ailleurs la première option, puisque la rémanence en utilisant l’écran en mode blanc sur noir est énorme : on voit très clairement les traces des anciennes notifications et mentions dans le fond de l’écran. Un défaut difficilement pardonnable pour un appareil à plus de 150 euros. Lorsque l’on passe l’écran en mode noir sur blanc, c’est beaucoup mieux. La résolution de 192 ppp est largement suffisante pour pouvoir lire n’importe quel message sans avoir le nez collé sur l’écran. Et tant pis si l’on voit clairement les pixels. On l’aura compris, cet écran est efficace, mais il n’est pas très beau. Il a toutefois un avantage de taille : il est très peu gourmand en énergie. Comptez trois jours d’utilisation intensive avant de recharger la montre (ce qui est fait en moins d’une heure). C’est très bien.

smartband talk 03

Sur fond noir la rémanence est très visible.

À ce système de notifications, il est également possible d’ajouter des applications annexes directement liées au SmartBand Talk. On peut ainsi utiliser Smart Camera pour déclencher l’appareil photo du téléphone à distance ou encore installer Voice Control afin de parler à sa montre pour demander des informations basiques (quel temps fait-il aujourd’hui, lire le dernier SMS, etc.). Non seulement ces applications sont peu nombreuses (une dizaine), mais elles sont souvent peu utiles (à quoi cela sert-il de connaître l’heure à New York ?) et fonctionnent très mal (la fonction de Voice Control est une horreur). Concrètement, cet écran va surtout servir à voir ses notifications, regarder l’heure et suivre son activité physique. Le reste n’est que détails, souvent mal intégrés.

smartband talk 06

La réception d’un email.

 

smartband talk 07

Une tape sur l’écran et le début de l’email s’affiche.

On terminera sur la fonction d’appel intégré à la montre. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ça fonctionne très bien. Le son des haut-parleurs est clair et audible sans que l’on ait besoin de coller l’appareil à son oreille pour entendre. Même constat pour la qualité de la voix, mes interlocuteurs m’entendaient très bien à condition de ne pas coller la montre à la bouche. Une distance d’environ 50 centimètres était nécessaire afin de ne pas saturer ma voix. Mais soyons francs. J’ai testé cet appareil dans la quiétude des bureaux de FrAndroid. Je doute que l’on puisse entendre et se faire entendre correctement en plein milieu d’un bruyant boulevard parisien. C’est bien pour dépanner, où prendre un appel rapidement durant un jogging, mais pas plus.

smartband talk 08

La réception d’un appel (ici un ami de longue date qui me devait des sous).

Un tracker très (trop) curieux

L’aspect tracker passe quant à lui entièrement par l’application Lifelog. Nous vous parlions déjà de Lifelog dans notre test du SWR10. C’est application prend les données du bracelet pour les intégrer dans des tableaux d’activités quotidiennes. Elle indique ainsi le nombre de pas effectué chaque jour, le temps de marche, le temps de course, les calories brûlées ainsi que le nombre d’heures de sommeil. Si le nombre de pas et le temps de course semblent exacts ou assez proches de la réalité, je suis en revanche bien plus partagé sur l’analyse du sommeil. L’application indique les phases de sommeil profond et de sommeil léger dans des graphiques détaillés, mais, sans être un expert du sommeil, je ne suis pas certain de la pertinence des données. Je doute ainsi d’être depuis trois jours dans un sommeil profond entre 6 et 7 heures du matin alors que je dors depuis 22h30.

lifelog 2

L’application Lifelog est idéale pour mettre des statistiques sur sa vie.

Ce qu’on reprochera surtout à Lifelog, c’est à la fois son manque de catégories d’activités sportives à tracker, mais aussi sa très grande intrusion dans la vie privée de son téléphone. Pour le premier reproche, cela tient surtout aux catégories d’activités physiques que l’on peut suivre. Une fois les pas, la course, le sommeil et les calories trackées, on ne peut plus rien suivre d’autre. Vous faites du vélo, de la natation, de la musculation ou de la cardio ? Ces activités ne sont pas disponibles et, contrairement aux applications JawBone, il est impossible de les rentrer manuellement dans l’application de Sony. L’aspect sportif du tracker en prend un coup.

lifelog 1

Le problème de l’application, c’est que les activités que l’on peut suivre sont trop limitées.

On apprécie également assez moyennement que Lifelog se permette de suivre toute notre activité sur notre téléphone. Je sais ainsi que j’ai passé la semaine dernière 1h30 sur des jeux vidéo sur mon smartphone, que j’ai consulté Twitter plus de 7 heures et passé plus de 2 heures sur Chrome. Naturellement il est impossible de désactiver l’enregistrement de ces données et ces dernières sont analysées (anonymement, bien sûr) par Sony. Si vous êtes le genre de personne à adorer posséder des statistiques précises sur votre vie et votre relation à votre smartphone, c’est sûrement l’une des meilleures en la matière. Si la collecte de donnée est un repoussoir et bien… passez votre chemin.

En tant qu’espion à plein temps, il faut bien admettre que Lifelog fait plutôt bien son travail. Il est possible de voir ses activités pour la journée passée sous forme de timeline, mais aussi de voir les évolutions sur la journée, sur la semaine ou sur le mois et de prendre connaissance de ses moyennes. Dommage, encore une fois, que les activités physiques soient si peu représentées.

Note finale du test 6/10
En soi, le SmartBand Talk n’est pas un mauvais tracker d’activité. Il dispose d’un beau panel de fonctionnalités originales qui pourront plaire à ceux qui désirent posséder un tracker un peu plus connecté que la moyenne. Voir les notifications de son téléphone sur son tracker est plus indéniable. Pouvoir répondre à des appels n’est peut-être pas très utile pour tout le monde, mais c’est une fonctionnalité qu’on ne trouve nulle par ailleurs. Dommage, mille fois dommage toutefois que son prix soit si élevé. À 160 euros, la concurrence fait beaucoup mieux, que ce soit avec un écran (chez Garmin, par exemple) ou sans écran (chez JawBone). Surtout, on déplore le manque d’activités physiques suivies par l’application : pas de natation, pas de cyclisme, on en aurait voulu plus. Montre connectée du pauvre, mais pas tracker de riche pour autant, le SmartBand Talk s’éparpille trop et oublie sa fonction principale. Son écran e-Ink et son aspect multifonctions méritent qu'on s'y attarde, du moins dans l'espoir qu'une mise à jour vienne lui apporter plus de fonctionnalités sportives.
  • Points positifs
    • Des notifications sur un tracker, c’est appréciable
    • Léger et confortable
    • Étanche à la poussière et à l’eau
    • Autonomie plus qu’honorable
  • Points négatifs
    • Pas assez d’activités trackées
    • Un écran qui se raye très vite
    • Un tracker pas très esthétique
    • Un tracker pas très esthétique