Free se détourne finalement d’Orange pour solliciter SFR et Bouygues Telecom afin de lui trouver une place dans leur grand projet de mutualisation de réseau. Une requête qui ne met pas forcément d’accord les deux réseaux.

Free Mobile

Et ce qui devait arriver arriva. Free Mobile se tourne finalement vers SFR et Bouygues Telecom pour mutualiser son réseau avec le couple d’opérateurs. Dans un courrier adressé le 19 novembre aux PDG des deux sociétés et à l’Arcep, Free dévoile officiellement son souhait de rejoindre le grand projet de mutualisation de réseau.

Free, qui vient d’arriver sur le marché de la téléphonie mobile début 2012, et qui revendique déjà 11% de part de marché, ne souhaite surtout pas se sentir marginalisé. “Un accord entre deux des trois opérateurs de réseaux mobiles historiques qui ne prévoirait pas l’accueil du quatrième opérateur nous semblerait être un facteur de déstabilisation majeur. De plus, un tel accord pourrait être juridiquement critiquable”, écrit Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, maison mère du quatrième opérateur. Ainsi, il laisse entendre qu’il pourrait même aller jusqu’à saisir la justice ou le gendarme de la concurrence. Il demande alors solennellement à ses deux concurrents “une proposition raisonnable d’accueil des fréquences de Free Mobile en “RAN Sharing” [comprendre : partage des équipement actifs] sur le réseau que vous envisagez de mutualiser.

Pour l’heure, seul SFR a l’air de montrer de l’enthousiasme face au projet de partage de réseau avec Free. Si l’opérateur au carré rouge ne veut opposer “aucune forme de refus” à la demande du réseau de Xavier Niel, il juge cependant que la démarche est “prématurée” puisque “la construction de l’accord à deux est loin d’être aboutie sur les plans technique et juridique”. De son côté, Bouygues Telecom ne fait aucun commentaire.

Rappelons qu’au départ, on pressentait un rapprochement entre Free et Orange pour une mutualisation du réseau. Le ministère de l’Économie et des Finances rejoint par l’Arcep avait même incité les deux opérateurs à signer un accord dans cette optique. Or, la direction d’Orange, en la personne de Stéphane Richard, avait catégoriquement affirmé ne pas vouloir “partager ses efforts avec d’autres.”

Et Orange dans tout ça ?

Free bénéficie actuellement d’un partenariat avec l’opérateur historique dans le cadre d’un accord d’itinérance qui lui permet d’utiliser le réseau d’Orange dans les zones qu’il ne couvre pas encore pour la 2G et la 3G. On s’interroge donc sur l’avenir de cet accord si jamais SFR et Bouygues Telecom décident d’intégrer Free à leur consortium. Même dans le cas contraire, l’accord pourrait en pâtir et Free se retrouverait coincé entre deux géants : Orange d’un côté, SFR et Bouygues Telecom de l’autre. En effet, SFR et Bouygues Telecom pourraient refuser, avançant comme excuse le retardement de leurs projets commun. Voila pourquoi Free joue la carte de la diplomatie. “Nous ne souhaitons pas gêner l’accord Bouygues Telecom-SFR, nous voulons simplement qu’ils nous proposent une offre d’accueil sur une partie de la zone”, peut-on lire sur la lettre adressée aux deux opérateurs. “Techniquement, cela ne pose pas de problème et économiquement cela a beaucoup de sens pour toutes les parties”, conclut le courrier.