La réponse est : pas grand-chose. Facebook vient en effet de publier un long document légal faisant le point sur le rachat de WhatsApp effectué en début d’année. Un document qui permet notamment de connaître le chiffre d’affaires et le bénéfice de WhatsApp depuis 2012 jusqu’au milieu de l’année en cours.

Whatsapp

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que WhatsApp n’est pas une société qui rapporte beaucoup. Le document financier mis en ligne par Facebook dans la soirée (un Form 8-K/A assez peu digeste) permet de savoir ce que rapportait WhatsApp depuis 2012 jusqu’à la mi-2014. On apprend ainsi qu’à la fin de l’année 2013, WhatsApp avait généré un chiffre d’affaires de 10,2 millions de dollars et avait essuyé une perte nette de 138,146 millions de dollars. Des pertes qui s’expliquent essentiellement par la rémunération des actionnaires et non par des frais de fonctionnement, puisque sur l’année 2013 WhatsApp n’a utilisé que 9,9 millions de dollars en cash pour ses frais de fonctionnement. Quelques mois plus tard, en février 2014, Facebook rachetait WhatsApp, une société qui faisait donc à peine 10 millions de dollars de CA, pour 22 milliards de dollars.

Facebook a également publié les résultats financiers de sa messagerie récemment acquise pour les six premiers mois de l’année. Ils sont sensiblement identiques à ceux publiés en 2013. Sur la période, WhatsApp a réalisé un chiffre d’affaires de 15,93 millions de dollars, mais encore essuyé une perte de 232,5 millions de dollars. Le rachat par Facebook a donc considérablement dynamisé son activité, mais WhatsApp est encore très loin de rembourser l’investissement consenti par son nouveau propriétaire. D’autant plus que le modèle économique de cette messagerie est pour le moment balbutiant : WhatsApp est gratuit la première année puis nécessite des achats in-app (abonnement annuel) ensuite. La publicité est également inexistante sur l’application. Qu’importe, finalement, puisque le but du rachat de WhatsApp par Facebook ne consistait pas tant à acheter une société capable de rapporter beaucoup d’argent que d’acquérir une messagerie efficace et chercher à la rendre le plus populaire possible. Facebook désire d’abord être le leader sur le marché et s’occuper seulement ensuite de monétiser correctement l’application.