En novembre 2014, nous découvrions dans Cash Investigation ce qu’il se passe en République du Congo. En début d’année, le rapport d’Amnesty International revenait sur le sujet avec de nouveaux faits alarmants. Le Washington Post vient de publier un reportage qui met en avant les conditions dans lesquelles le cobalt est sorti de terre. Un énorme travail de journalisme d’investigation à découvrir.

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Intéressons-nous au cobalt, un minerai qui sert à fabriquer notamment les batteries au lithium-ion utilisées dans la construction des smartphones, tablettes et ordinateurs portables. Il se trouve principalement aujourd’hui en République du Congo, en Afrique. Le Washington Post vient de publier un long reportage sur les mines où travaillent 100 000 mineurs, dont des enfants. Les décès et les blessures sont fréquents. Et l’activité minière expose les populations locales à des niveaux de métaux toxiques qui semblent être liés à des maladies qui incluent des problèmes respiratoires et des anomalies congénitales.

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Le reportage pointe du doigt des responsables gouvernementaux, ainsi que des entreprises comme Huayou Cobalt. Cette dernière travaille, par exemple, avec Apple ou encore LG Electronics. Samsung utilise du cobalt de République du Congo, mais d’un autre fournisseur. Les journalistes du Washington Post ont eu des difficultés pour retracer l’origine du cobalt, des gardes armés bloquant l’accès à un grand nombre de mines au Congo. Le cobalt passe ensuite à travers plusieurs entreprises et parcourt des milliers de kilomètres avant de se retrouver dans nos smartphones ou autres tablettes.

Certains gouvernements, comme le gouvernement américain, tentent de lutter contre ce fléau. Par exemple, une loi américaine oblige les entreprises à prouver l’origine de l’étain, du tungstène, du tantale et de l’or utilisés.

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D’ailleurs, le Washington Post pose une question pertinente : que peut-on faire à notre niveau ? La première réponse est de se débarrasser de ses appareils électroniques, mais comme l’article le précise – cela ne va pas aider ces populations. Il y a un certain nombre d’ONG et d’organismes qui se sont intéressés à ce sujet et qui fournissent de l’aide sur place. L’ONU avait également un programme pour aider les enfants mineurs, récemment stoppé.

En attendant des évolutions technologiques sur les batteries, nécessaires quand on voit les perspectives de croissance du marché de l’automobile électrique, il faut agir auprès des gouvernements et apporter de l’aide à ces populations. Si vous avez des pistes d’associations et autres ONG, n’hésitez pas à partager l’information en commentaires.

  • Le reportage est disponible gratuitement et en anglais, nous vous invitons à le lire à cette adresse.