Cash Investigation a fait sa rentrée mardi avec une enquête dénonçant les conditions de travail dans certains centres d’appel de l’opérateur Free, comme nous le relations hier et aujourd’hui. Au lendemain de la diffusion, il semble que les révélations aient déjà des répercussions.

Les directeurs de trois des sept centres d’appels d’Iliad devraient avoir quitté leur poste en quelques jours, selon Politis, qui reconnait néanmoins que le lien entre l’émission et ces mouvements ne sont « pas clairement établi ».

Selon Politis, le directeur de Mobipel, le centre d’appels auquel Cash s’est le plus intéressé, doit quitter ses fonctions le 29 septembre prochain « pour raisons personnelles ». Le directeur du centre d’appels Certicall à Marseille quittera lui aussi son poste, le lendemain, après 14 ans de carrière chez Iliad.

Politis suggère enfin que la directrice du centre Qualipel à Vitry aurait quitté ses fonctions par anticipation, dès le 31 août. La nouvelle n’aurait pas surpris les employés du centre, « où le climat social est particulièrement tendu ».

Politis accable Free

Politis rappelle qu’il avait révélé en 2016 que le service des ressources humaines du centre de Marseille avait fiché et poussé vers la sortie 45 salariés, avec des appréciations comme « dossier à construire pour faute », « départ à négocier », « usé, à creuser avec RH » ou « fort risque cour des prud’hommes et très onéreux, à voir pour transaction ».

Le site internet compile ses révélations et celles de Cash Investigation dans un article en accès libre.

Univers Freebox nuance

Univers Freebox au contraire prend le parti de Free, dans un article intitulé « Est-ce vraiment l’enfer de travailler chez Free ? ». Sans remettre en cause les témoignages relayés par Cash Investigation, le site internet dresse un portrait plus favorable des centres d’appels de l’opérateur, qui seraient certes exigeants, mais rétribueraient leurs salariés en conséquence, avec des primes portant des salaires à 2 000 euros net par mois, qui seraient supérieurs à la moyenne du secteur. Univers Freebox présente également les locaux et les nombreux évènements de team building comme des avantages.

L’article élude en revanche les accusations portées par Cash Investigation sur les craintes de fermeture du centre d’appel le plus « sensible », ou sur une formule polémique d’Angélique Gérard, la directrice des relations abonnés, qui aurait écrit qu’elle « liquiderait » les 50 grévistes d’un centre d’appels basé au Maroc.

Faut-il boycotter Free ?

Malheureusement, l’histoire ne dit pas (encore) comment les autres opérateurs traitent leurs téléconseillers, si bien que le consommateur ne sait pas s’il doit boycotter Free ou non et s’il ne risque pas de souscrire auprès d’un opérateur pire encore. Il aurait fallu que Cash pousse l’investigation chez d’autres opérateurs.