Introduction - Partie I - Partie II - Partie III - Conclusion

III – Multimédia, photo et jeux : un smartphone bon à tout faire ?

1 – De l’appareil de poche au Home Cinema

Plus les années passent, plus l’intérêt des appareils numériques compacts devient limité. Le marché est clairement parasité par celui du smartphone haut de gamme et tous les constructeurs jouent sur cet argument. Bien souvent maintenant, le premier appareil photo d’un ado n’est plus un compact, mais un hybride, qui, par son objectif, justifie l’achat d’un matériel dédié.

Comme le reste du smartphone, l’appareil est simple et efficace

Sony a bien compris ce mouvement et ce smartphone a pour mission de vous faire oublier systématiquement votre compact dans votre sac de voyage. De mon côté, c’était déjà le cas avec un GS II : cet Xperia S lève encore la barre en terme de qualité. Comme ça serait bête de gâcher de l’internet pour rien, je vous invite à aller regarder la page officiel du produit où sont détaillées les caractéristiques de l’appareil photo.

Attardons-nous plutôt sur la pratique. Idée qui devrait être un standard incontournable : Sony a pensé au déclencheur sur la tranche du portable. Quand le smartphone est allumé, appuyez longtemps dessus et en moins d’une seconde, l’application appareil photo sera lancée. Une pression à mi-course pour faire la mise au point, une pression complète et hop, vous aurez pris une photo.

Peu de réglages mais des technologies maîtrisées

Ce qui surprend, c’est que le cliché, une fois la mise au point effectuée, est quasi instantané : très peu de smartphones réagissent aujourd’hui aussi vite et c’était bien un des points sur lesquels il fallait travailler pour enterrer définitivement le compact. Chez Sony, pas de fioriture : vous pouvez choisir le mode de prise de vue et faire quelques réglages, comme l’exposition ou la balance des blancs mais on ne trouvera pas la dizaine de filtres que les autres constructeurs se plaisent à mettre en avant.

Non, nous sommes en présence d’un appareil sobre et efficace : à vous de retoucher plus tard vos clichés si vous le souhaitez. Et il faut reconnaître que ça fonctionne : les photos sont vraiment belles et on aurait bien du mal à lui reprocher quoi que ce soit. Evidemment, vous ne serez pas une Diane Arbus en puissance avec votre Xperia S, mais pour tout ce qui est tourisme, soirée, paysages et autres photos de famille que l’on prend avec un compact, il s’en sort à merveille.

Trêve de bavardage, voyez plutôt ces quelques clichés, laissés dans leur taille et résolution d’origine :

Esthétique urbaine (il faut bien que je fasse semblant d’avoir travaillé les clichés)

“Plante au flash n’est pas l’ami du rouge” – Proverbe étrusque

Les couleurs sont peut-être à retravailler quand la luminosité manque, mais au moins, elles sont plutôt neutres

Fake : il fait beau à Paris

Un peu de poussière sur un fond uni, mais rien qui ne gênera le photographe du dimanche

Trop chou

On ne pourra pas faire les mêmes éloges du côté de la vidéo par contre. Le problème principal que ni Sony ni les autres ne sont parvenus à régler est celui de la capture du son. Comme le micro est tout petit, celle-ci est tout juste médiocre et s’il y a un peu trop de bruit de fond ou de vent, vous aurez bien du mal à mettre en avant le son qui vient de votre sujet. Petit exemple :

Mais deux applications pourraient vous intriguer : Camera 3D et Album 3D. Vous ouvrez de grands yeux et vous vous demandez si Sony a attrapé cette fièvre qui veut qu’on intègre les dernières technologies à la mode à la va-vite pour un rendu affreux à grand renfort de marketing (bisou LG) ? Point du tout rassurez-vous. La 3D de Sony est peut-être plus en trois dimensions que le relief qu’on cherche à nous vendre depuis Avatar.

Voilà le genre de panorama 3D, ça rend beaucoup mieux dans l’application

En fait, c’est tout simplement une fonction de panorama automatique très bien fichue, comme sur Android 4.0 : vous prenez le premier cliché et vous n’avez qu’à bouger lentement sur la droite ou sur la gauche, le software se charge du reste. L’album 3D lira ces fichiers en faisant un gros zoom dessus, ce qui vous donnera vraiment l’impression d’être au centre du lieu que vous avez pris en photo. Gadget inutile, donc indispensable.

Un petit mot enfin sur la position du capteur : les 12 mpx, c’était une bonne idée Sony, mais placer le capteur là où l’on met naturellement le doigt, c’est pas ce qu’on a trouvé de mieux. En fait, on s’en aperçoit au premier coup d’oeil : le capteur est placé tout en haut du smartphone, et quand on le tient comme un appareil eh bien… l’index est précisément devant. Alors peaufiner l’objet à ce point du côté de la photographie et faire une erreur de positionnement aussi grossière, on a du mal à le croire, et pourtant… vous prendrez sûrement l’habitude de placer votre index sur la tranche, ce n’est pas dramatique, mais quand même : on aurait aimé un sans faute.

Si l’Xperia S fait un carton, on devrait avoir beaucoup de clichés de ce type

Si on passe de la capture à la lecture, encore une fois, cet Xperia S exploite complètement le hardware qu’il embarque. Malheureusement, Sony n’a pas pensé qu’il serait judicieux d’intégrer un lecteur vidéo décent à leur ROM, du coup, il va falloir passer par le Market, parce que la Galerie Android, merci bien, mais c’est un peu cheap. Un petit coup de MX Video Player et vous pourrez vraiment apprécier vos films et séries.

C’est bien simple, le processeur décode tout et n’importe quoi, jusqu’au 1080p high-profile, s’il vous plaît. Je n’ai pas trouvé dans ma collection de vidéos libres de droit dont je me sers pour les benchmarks un fichier qui pourrait lui faire peur. J’ai même essayé un .MTS brut de décoffrage, encodé dans le lourd AVCHD que la plupart des logiciels d’édition ne lisaient pas il y a un an : aucun problème, l’image est fluide, le son est au bon endroit. Oh, et cela va de soi, le lecteur vidéo lit les sous-titres .srt.

C’est ça ta preuve ? Une image blanche ? Les captures d’écran sur Xperia S n’enregistrent pas les flux vidéo… la preuve qu’il y en avait un !

Mine de rien vous avez donc un lecteur vidéo puissant au creux de la main, qui, avec sa sortie HDMI pourrait très bien vous servir de lecteur multimédia mobile, en vacances par exemple, plus besoin de se farcir les chaînes miteuses de l’hôtel : un coup de câble et vous avez votre médiathèque à l’écran.

Le gros lapin n’aura jamais été si content : rares sont les périphériques qui ne le lisent pas désormais

Grand absent de la ROM et qui semblait pourtant évident : le service de VOD/MOD. Sony a bâti son empire sur la distribution de films de séries ou de musique : étrange qu’il n’y ait pas de service de location ou d’achat de contenu dans son premier portable… peut-être est-ce une ROM encore incomplète, après tout, le smartphone n’est pas encore sorti.

2 – Et pour les joueurs alors ?

Sony, pour beaucoup d’entre nous, c’est avant tout la Playstation. Après le Xperia Play, qui était le premier smartphone “certifié Playstation”, on pouvait s’attendre à ce que les jeux disponibles dans le store soient “tactilisés” et s’étendent aux nouveaux téléphones. Encore une fois, je ne sais pas si c’est un défaut qui sera corrigé d’ici la sortie du smartphone, mais sur le modèle que nous avons, aucun “Playstation Store” en vue.

Voici Shadowgun, quand on n’a pas de Tegra. Il manque seulement la moitié des textures.

Oh, il y a bien un service “PlayNow” qui pourrait être le catalogue Sony qu’il nous manque, mais il ne nous est pas accessible, l’application se contentant de renvoyer systématiquement une erreur de connexion au serveur.

Pas non plus de Tegra Zone et de jeux Tegra puisque vous n’êtes pas sans savoir que nVidia a tenté avec pas mal de succès de limiter les “gros titres” à ses processeurs sur Android, et tant pis pour les autres. C’est dommage, parce qu’on perd pas mal de jeux qui auraient été les bienvenus sur une telle bête de puissance, qui rendrait de toute façon jaloux n’importe quel Tegra 2.

Haaaaaaaarrrrrrr !

Je me suis alors rabattu sur les jeux hors Tegra qui ont quand même une petite réputation et sans surprise, tout tourne à merveille, que ce soit Trial X2 Master, Helidroid 3D, le catalogue Hexage, le rebondissant Muffin Knight ou le jeu de gestion de piraterie, le bien nommé Pirates.

Comme avec le Galaxy S II il y a un an à peu près, vous vous n’aurez clairement pas à vous soucier du matériel requis pour faire tourner tel ou tel jeu si vous craquez pour cet Xperia S : hors Tegra, tout ce qui se trouve sur l’Android Market est à sa portée – et même, j’oserais dire qu’on a le temps de voir venir avant d’avoir des jeux qui exploitent à fond un quad-core.

Video de prise en mains