Baisses de prix en pagaille, lancement d’offres digitales à tarif particulièrement bas chez les principaux opérateurs hexagonaux et alignement général des acteurs de la mobilité bleu-blanc-rouge : depuis un an et demi, la guerre des prix dans le mobile n’est pas une fiction à la française. Selon SFR, elle n’est pas partie pour prendre fin.

Stéphane Roussel

Interrogé hier par Les Echos, le président du conseil d’administration de SFR, filiale du groupe Vivendi, s’exprime sur le mouvement actuel des prix en matière de forfaits mobiles.

« Je crains que l’on n’ait pas encore tout à fait touché le fond« , commente Stéphane Roussel auprès de nos confrères. Piste de lecture pour cette petite phrase empreinte de pessimisme : on pense d’abord à la baisse des tarifs généralisée chez tous les opérateurs et MVNO. SFR n’est pas le dernier dans la course, lui qui a revu régulièrement les tarifs de ses formules Carrées, et qui mise sur des offres multi-packs synonymes d’économies pour le client via un couplage entre offres SFR box et abonnements mobiles RED (voir les nouvelles offres quadruple-play de SFR). SFR n’est évidemment pas le dernier à proposer des baisses de tarifs, ou du moins l’ajout de nouveaux services pour des prix similaires – pensons par exemple à l’inclusion du réseau H+ dans la formule B&You à 3,99 € par mois. Le PDG du carré rouge suggère, par cette allusion à peine déguisée, que l’avenir proche verra naître quelques baisses tarifaires qui, si contraignantes soient-elles pour l’opérateur, pourraient être créditées au bénéfice des abonnés.

Entre des marges plus faibles réalisées du côté des forfaits mobiles, qui semblent inquiéter SFR comme ses concurrents, on notera une situation financière délicate de la filiale de Vivendi qui affiche des résultats financiers en baisse : selon le rapport de Vivendi publié le 14 mai dernier, le chiffre d’affaires (non-consolidé) de SFR pour le premier trimestre 2013 s’établit à 2 594 millions d’euros, soit 11,4 % de moins qu’au 1er trimestre 2012 « en raison de l’impact des baisses de prix liées au contexte concurrentiel et des diminutions de tarifs imposées par les régulateurs« . Pour sa seule activité mobile, le chiffre d’affaires de SFR atteint 1 642 millions d’euros « en recul de 11,6 % en excluant les baisses de tarifs imposées par les régulateurs« . Le groupe souligne toutefois que « les nouvelles offres commerciales lancées en janvier 2013 maintiennent la dynamique amorcée au dernier trimestre 2012« .

SFR

Objectif 4G

SFR, qui revendiquait 16,820 millions d’abonnés mobiles à la fin du mois de mars 2013, amorce comme ses concurrents son virage vers la 4G. Si actuellement, la guerre est aux tarifs les plus bas parmi les abonnements aux formules 4G (SFR démarre à 29,99 € par mois pour 2 Go de data, sans mobile et avec un engagement de 12 mois), l’opérateur prévoit d’améliorer ses revenus par le biais de cette nouvelle génération de réseaux : « Le revenu moyen par client 4G sera supérieur de dix euros par mois à ceux qui ont la 3G. Mais je ne sais pas quand : en 2014 ou 2015« , poursuit Stéphane Roussel. Néanmoins, si Free Mobile propose une nouvelle révolution en incluant à son forfait à 19,90 € la 4G, ce gain de marge pourrait ne pas intervenir, les autres opérateurs devant s’aligner.

L’investissement dans la 4G fait évidemment partie des plus gros enjeux de l’opérateur pour les mois à venir, dans un contexte où ses concurrents Bouygues Telecom et Orange livrent bataille. C’est dans ce cadre qu’est intervenue une révision de l’équipe de management de la marque, qui a vu aussi arriver Jean-Yves Charlier au poste de directeur général de SFR, mais aussi la perspective d’une entrée de l’opérateur en Bourse d’ici un à deux ans, pourquoi pas pour atteindre le CAC 40 à l’horizon 2015.