Vous avez probablement entendu parler d’Applanet.net, mais en tout cas… pas chez nous. Jusqu’en août 2012, Applanet.net distribuait illégalement des applications Android. Un black market qui a connu un certain succès, jusqu’à sa fermeture. En effet, Aaron (aka Zsak) – le fondateur – s’est fait rattraper par le FBI. Le gouvernement a déclaré que Applanet était illégal et a bien entendu fermé le site. Ce garçon de 19 ans risque de faire de la prison, et ses amis ont lancé une campagne de financement participatif pour financer les frais de justice. Que doit-on en penser ?

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Sans débattre sur l’utilité d’envoyer un jeune en prison, il semble évidemment nécessaire de sanctionner ce qui est illégal. Doit-on le sanctionner ? Personnellement, je pense que cela doit être le cas. Aaron s’est enrichi sur le dos – principalement – des développeurs indépendants. Même s’il se défend, son application était clairement orientée autour du téléchargement illégal.

Ce type d’actualité nous permet d’évoquer la situation actuelle sur Android. Les « black markets » continuent d’exister, et cela sera toujours le cas. L’ouverture d’Android facilite grandement l’accès à ces services, car il est possible d’installer directement des applications (APK) sur les appareils équipés de l’OS. Livres, films, musique, application… Le piratage de biens culturels est illégal. Si les pirates le savent, ils ne considèrent pourtant pas leurs pratiques comme une infraction. Enfin, on trouve toujours des justifications morales à cette pratique, comme le fait de chercher des biens indisponibles dans les offres légales, ou encore le manque de moyens financiers, le sentiment de ne pas causer de tort à autrui et l’idée que l’industrie du disque mériterait son sort. Techniquement, télécharger une application illégalement revient à télécharger un album de MP3 piraté.

Néanmoins, Android est un éco-système très complet dans lequel on retrouve des gros et des petits acteurs. Contrairement à l’audiovisuel (même si on peut noter beaucoup de progrès), l’offre applicative sur Android est simple d’accès et peu chère. Le Google Drive drive le marché avec plus d’un million d’applications, néanmoins il existe des stores alternatifs de qualité (comme l’Amazon AppStore par exemple). Les modèles d’affaires sont également très nombreux : publicité, paiement in-app, premium, abonnement et ainsi de suite. L’offre est également de plus en plus globale, il est vrai que l’absence d’applications payantes dans certaines régions du monde était critiquable… néanmoins cela change !

Pourquoi le piratage est-il dangereux pour Android ? Les éditeurs et développeurs qui ont été la cible de piratage sont nombreux. Cela les pousse indéniablement à changer de modèle d’affaires, en arrêtant les applications payantes et en basculant vers un modèle gratuit bourré de publicité. Pire… le paiement in-app qui peut vraiment gâcher l’expérience de jeu et biaiser l’expérience multi-joueur quand il est mal appliqué.

Enfin, cette pratique est risquée. En effet, des petits malins profitent de ces stores illégaux pour distribuer des applications malveillantes (ou malwares) pour vous espionner. C’est assez simple, ils recompilent le code d’une application en rajoutant le petit bout de code tueur. Envoyer des SMS surtaxés, transférer des données sensibles… autant de pratiques catastrophiques pour vous.

Sur le Google Play, des nouveaux mécanismes de sécurité sont apparus il y a environ un an. Des bots vont vérifier automatiquement chaque application. Cette vérification consiste à vérifier les droits d’accès demandés et à comparer le code de l’application à une vaste base de données de malwares.

Encore une goutte d’eau dans le monde du téléchargement illégal. Un site ferme, un autre… Néanmoins, les mœurs commencent à changer : les mobinautes téléchargent de moins en moins illégalement, et l’offre est de plus en plus gratuite, au détriment de l’expérience. Malheureusement…