De passage à Sciences Po Paris, Sundar Pichai, désormais CEO de Google, a annoncé le déploiement du programme Google Accelerated Mobile Pages (AMP), dédié à la réduction du temps de chargement des pages web.

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Le standard AMP a été dévoilé par Google à l’automne 2015. Présenté comme une manière de simplifier la vie de l’internaute en accélérant le temps de chargement des pages web, un peu à la manière des Instant Articles de Facebook, il s’appuie sur un framework open-source développé par Google, et que Mountain View met à disposition de ses partenaires. Des partenaires qui doivent donc créer des pages web au format AMP HTML, lesquelles seront mises en avant dans le cadre de carrousels situés au-dessus des résultats de recherche. C’est-à-dire que, grosso modo, les pages, et notamment les médias qui suivront les directives de Google seront privilégiés, tandis que les pages se contentant de suivre la norme élaborée par le World Wide Web Consortium seront moins visibles.

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Alors même que WordPress vient de sortir un plugin permettant au sites s’appuyant sur sa plateforme de passer rapidement à AMP, quelques médias français se sont déjà lancés dans le changement, qui semble dès à présent difficile à contourner : Les Échos, Le Parisien ou RTL sont déjà dans la course. Mais doivent, pour répondre au standard, composer avec des contraintes mises en place par Google, de plus en plus menaçant envers ceux qui souhaitent faire cavalier seul.

Plus de contrôle sur les affichages publicitaires

Pour les médias comptant l’affichage de publicité parmi leurs sources principales de revenus, tandis que cette même publicité est souvent responsable de temps de chargement plus longs, il faudra passer par des partenaires validés par Google, ce qui fait évidemment craindre l’augmentation des frais imposés par le géant américain. À nos confrères du Journal du Net, le digital marketing manager du Parisien indique qu’il a dû “faire le tri parmi les nombreux scrips analytics, publicitaires et autres présents au sein de la page pour satisfaire aux exigences du format AMP”. Et surtout publicitaires, avoue-t-il.

De même, les outils utilisés par certains sites, à l’instar des players vidéo (mais pas YouTube), ne sont-ils pas encore compatibles avec AMP, sans véritable garantie qu’ils le soient un jour. Entre plus grand contrôle des formats publicitaires et des outils utilisés par les professionnels du web, AMP se catalyse les craintes que fait naitre aujourd’hui l’omniprésence du géant Google.

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