Intel vient d’annoncer conjointement avec ARM la possibilité pour les concepteurs de puces mobiles de les faire graver en 10 nm dans les usines du géant des semi-conducteurs. L’un des premiers clients d’Intel serait LG qui prévoit de faire graver un SoC mobile en 10 nm. Une nouveauté autorisée par le retrait d’Intel du marché des smartphones.

IBM 300mm POWER7 wafer

Dans deux communiqués de presse, ARM et Intel ont annoncé collaborer pour la gravure des futurs cœurs Cortex en 10 nm. Dans le détail, Intel va permettre aux concepteurs de puces mobiles intégrant des cœurs Cortex de faire graver leurs SoC en 10 nm, à la manière de Samsung ou de TSMC. C’est une excellente nouvelle puisque jusqu’à présent, Intel utilisait principalement ses usines pour graver ses propres puces x86 ainsi que quelques autres processeurs réservés à des marchés de niche. Intel ouvre donc ses usines à tout un nouvel écosystème, celui des puces mobiles ARM.

 

LG gravera son Nuclun en 10 nm

Il semblerait toutefois que les usines d’Intel soient, au moins temporairement, uniquement réservées aux constructeurs souhaitant utiliser les cœurs Cortex d’ARM, comme les Cortex-A72 du Snapdragon 620 par exemple, et non pas des cœurs maison basés sur l’architecture ARM, à l’image des cœurs Kryo du Snapdragon 820. Le premier client d’Intel serait d’ailleurs LG qui prévoit de bâtir une puce mobile en 10 nm qui utiliserait les futurs cœurs Cortex d’ARM, comme l’envisageait les rumeurs entourant le Nuclun 2 en octobre dernier. On imagine toutefois qu’Intel n’exclut pas, à terme, de passer des contrats avec des constructeurs souhaitant faire graver leurs propres cœurs. Il s’agit dans le cas présent d’une annonce médiatique avec ARM.

 

Les avantages du 10 nm

Profitons de cette annonce pour rappeler que la gravure en 10 nm, qui n’est pas encore utilisée pour les processeurs et devrait être disponible en 2017, va permettre, face à la gravure en 14 nm, de réduire la consommation des puces ou d’augmenter leurs performances pour une même consommation. Lors du passage de 28 à 14 nm, Samsung annonçait ainsi un gain en performances de 40 % ou une baisse de la consommation de 60% et une surface plus petite occupée sur le PCB, de l’ordre de 50 %.

 

La fin des smartphones pour Intel

Le fait qu’Intel ouvre enfin ses usines aux puces ARM est également la conséquence d’une autre situation : la fin des puces x86 du géant de Santa Clara au sein des smartphones. L’entreprise a en effet annoncé en mai dernier le retrait pur et simple du marché des smartphones. Ainsi, les puces ARM ne seront donc plus des concurrentes, Intel peut donc se permettre de les graver et de faire entrer de l’argent au passage. Intel conserverait toutefois un pied dans le marché de la mobilité avec ses modems, certaines tablettes, mais également les drones, la réalité virtuelle et bien entendu les voitures, comme nous avons déjà pu le voir avec le partenariat bâti entre Intel, BMW et Mobileye.