« Le car sharing est parti pour rester » : c’est la conviction de Thomas Beermann, CEO de car2go Europe, numéro un de l’autopartage. Le contraire serait surprenant, mais il affine ses prédictions avec une analyse plus fine. Décryptage.

Carsharing steht erst am Anfang. Die Zukunft ist elektrisch und autonom. ; Carsharing is at the beginning of its development. The future is electric and autonomous.;

Une voiture Car2Go est louée chaque 1,3 seconde, et ce n’est qu’un début, explique T. Beermann. Urbanisation galopante, digitalisation générale et intérêt des nouvelles générations pour l’usage plus que pour la possession, tout va dans ce sens. Des chiffres ? Une étude de Frost & Sullivan affirme que le nombre d’usagers de car-sharing dans le monde va quintupler d’ici 2025, passant de 7.9 millions à 36.7 millions.

Et le réservoir d’utilisateurs n’est pas près de tarir : 6 milliards de personnes vivront en ville d’ici 2045 selon la banque mondiale, citée par Car2Go, soit 1,5 fois plus qu’aujourd’hui. En toute logique, l’autopartage est le moyen de réduire le nombre de véhicules en circulation et sur les emplacements de parking. Avec des avantages économiques comme écologiques, notamment si les véhicules en question sont électriques.

 

L’exemple de Madrid

Justement, à Madrid par exemple, les quelque 123 000 utilisateurs de Car2Go électriques ont réussi à économiser 775 tonnes de CO2 par an, ce qui – petit rappel – contribue à réduire l’effet de serre qui crée le réchauffement climatique. Et ils ont parcouru la ville sans émettre de gaz toxiques qui nuisent à la santé des habitants.

 

La livraison, et les voitures autonomes

Autre aspect souligné par le dirigeant, de nouveaux services connectés vont apparaître, comme la livraison directe dans le coffre de la voiture réservée. Enfin, une fois les véhicules en question rendus autonomes, ils pourront se garer eux-mêmes, aller chercher les clients où ils se trouvent et optimiser tellement leur usage que 50 % de véhicules en moins suffiront, d’après la société allemande, pour servir le même nombre de clients. Rendez-vous en 2025 pour vérifier sur pièce.

 

Un service ultra connecté

Car2Go est le leader de l’autopartage en « free-floating », soit sans places de parking attribuées. Les petites Smart Fortwo (et quelques Mercedes Classe A et B) sont géolocalisées et se réservent ultra simplement dans l’appli spécifique, après inscription et enregistrement de son permis et d’un moyen de paiement.

Identifié par le lecteur d’empreintes digitales, le conducteur rentre dans son smartphone un code qui s’affiche sur un petit écran au pare-brise de la voiture et en moins de 5 secondes, elle est ouverte et prête à partir. La clé est dans un support spécifique qui contient aussi une carte d’essence pour les clients acceptant de prendre le temps de passer à la pompe. Une compensation d’une vingtaine de minutes leur est alors offerte.

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Un service flexible

Le « free-floating » a pour avantage d’autoriser de laisser la voiture où on le souhaite, tant qu’il s’agit d’une place autorisée et localisée dans le périmètre de location. Facile à Cologne ou Munich, mais un peu plus compliqué à Paris où les places manquent.

Nous avons eu le loisir d’utiliser le service en Allemagne, où il est né il y a 8 ans, mais aussi en Hollande avec des Smart électriques. Bien pratique et économique pour de petits trajets, à partir de 0,24 € la minute, tout compris. Avec la même appli, comme avec Uber, on peut avoir ainsi accès à des voitures en Europe ou aux Etats-Unis. Le service est proposé dans 29 villes avec 14 000 voitures (dont 1 300 électriques) et 2 millions de clients.

 

L’exemple français avec Autolib

Car2Go appartient à Mercedes-Benz/Smart et Europcar, tandis qu’un service équivalent est offert en Allemagne par le concurrent DriveNow (BMW/Mini et Sixt) qui a l’avantage d’avoir des Mini cabriolet pour les beaux jours. Dans les deux cas, les voitures sont en parfait état et d’une grande propreté, on ne peut malheureusement pas en dire autant des Autolib parisiennes qui offrent un fonctionnement proche, mais lié à des emplacements fixes.

Presentation des premieres voitures electriques Bluecar du service francilien d'autopartage Autolib/BORNE DE RECHARGE AUTOLIB' Vaucresson le 30 septembre 2011

Les voitures elles-mêmes sont d’une qualité de construction inférieure, et le comportement des utilisateurs souvent sans scrupules achève de salir et abîmer les pauvres petites voitures électriques bretonnes. Si nous sommes convaincus de l’efficacité à l’usage du service proposé par Autolib avec son système de réservation de voitures et de places très efficace, il faut rappeler que, même s’il s’exporte, il semble rester en tout cas en France largement déficitaire. De quoi voir l’avenir de manière moins sereine que les opérateurs allemands qui voient là un débouché non négligeable pour écouler leur production automobile.

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