La Nintendo Switch fait beaucoup parler d’elle, et pas que en bien dans l’hexagone. Cependant, même si la machine innove, la déception est immense et générale — ou presque — que ce soit en France, ou de l’autre côté de l’Atlantique. Nous avons lu toutes les prises en main publiées, des sites spécialisés, mais aussi des sites généralistes.

Crédit : The Verge

Nous n’avons pas mâché nos mots lors de notre première prise en main de la Nintendo Switch. Et comme pour la très grande majorité de la presse en France, cette présentation nous a vraiment déçus.

Il faut dire que depuis plus d’un an, Nintendo a su attiser notre curiosité avec le mystère d’une certaine NX et une première présentation plutôt encourageante, bien que timide. L’attente était donc grande pour cette prochaine console dite de salon de Nintendo, de quoi raviver la flamme à moitié éteinte : si la Nintendo 3DS peut se targuer d’une durée de vie plus qu’honorable, la firme de Kyoto doit aussi composer avec l’échec de la Wii U. Ces derniers mois, le nom de code de la Nintendo Switch a fait couler beaucoup d’encre avec de nombreuses rumeurs et d’analyses.

Trop d’inconnues pour la presse française

Mais voilà, la Switch s’est dévoilée, à priori il n’y aura d’autres grandes surprises et nous le répétons ici, c’est la désillusion totale. Par où commencer ? La conférence mal calibrée ? L’arrogance de Nintendo pour son line-up ? La communication confuse ? Les éditeurs tiers frileux ? Ou peut-être son prix élevé justifié par un certain marché ? Nous ne sommes pas les seuls à avoir sourcillé suite à l’annonce du prix en décalage de ce que la machine propose. La presse spécialisée et notamment Gamekult résume assez bien cette impression :

Il reste néanmoins trop d’inconnues pour justifier des tarifs à l’entrée aussi élevés dans un environnement aussi concurrentiel. Et avec le seul Zelda et de nombreux remakes pour occuper le terrain jusqu’au prometteur Super Mario Odyssey et les autres jeux annoncés pour fin 2017, il faudra sans doute autre chose qu’un bel écrin, un argument de portabilité et quelques gimmicks fonctionnels pour inciter les joueurs à sauter le pas.

Crédit : The Verge

De même, si la détection de mouvement a été au cœur du succès de la Wii première du nom, il peut paraître étonnant de non pas la trouver présente, mais d’être remise tant sur le devant avec la Nintendo Switch. C’est un point que LesNumériques a en tout cas pointé du doigt :

Si l’attrait de jouer à un nouveau Zelda, un nouveau Mario ou Mario Kart à la fois dans le salon et dans les transports en commun est indéniable, a-t-on vraiment envie de voir ressurgir le spectre du « motion gaming » à travers des jeux à l’intérêt plus ou moins discutable ?

Nintendo entend renouer certes avec le grand public et veut proposer une utilisation et une manette pour tous les types de joueurs. Dans cet ordre d’idée là il suffirait d’acheter le controller qui nous convient le mieux, mais pour le grand public, entre la confusion provoquée par les nombreuses façons de jouer et le prix relativement élevé, difficile de convaincre. C’est aussi l’avis de nos compères de CNET :

C’est tout de même très cher pour une console qui cible les joueurs occasionnels. D’autant que la Switch est livrée sans jeu. Comptez 60 euros pour Mario Kart 8 et 65 euros pour Zelda : Breath of the Wild.

Il reste des questions sans réponses donc peut être que nous aurons la chance d’être encore surpris. L’enjeu est de taille, mais Nintendo semble trop tirer sur la corde. Si les fansites comme Puissance Nintendo sont dans l’ensemble assez enjoués après leur passage au Grand Palais, un avis de l’un des rédacteurs mérite d’être cité, car évocateur et annonce la suite de notre papier.

(…) je ne suis pas convaincu, contrairement à mes collègues de Puissance Nintendo, et cela est peut-être dû au fait que je me suis nourri de toutes les informations du net français qui dans l’ensemble sont plutôt pessimistes.

Enfin, la presse généraliste met en avant la pauvreté du line-up de démarrage et le prix élevé de la console, à l’image de LeMonde sur blog Pixels :

En l’état, et jusqu’au mois de juin, la console semble surtout se présenter comme un lecteur de luxe pour un jeu en particulier, The Legend of Zelda : Breath of the Wild, par ailleurs également prévu sur Wii U. (…) En dehors de ce titre, et faute d’avoir essayé Super Mario Odyssey, aucun titre ne semblait pour l’instant justifier le prix général de la console, 330 euros, pour ce qui s’apparente à une Wii croisée avec une Wii U portative et spécialisée dans le multijoueur.

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Enfin, nos collègues de Numerama ne mâchent pas leurs mots :

Pour autant, elle souffre beaucoup en 2017, de l’évolution technologique et tarifaire du marché. Voir un Zelda aussi pauvre techniquement, cela fait plus mal que jouer à un party game dans lequel la console vous demande expressément de ne pas regarder l’écran.

Une presse plus que mitigée aux États-Unis

Nombreux sont ceux qui reprochent à la presse française spécialisée jeu vidéo ou tech d’avoir un jugement sévère sur la Nintendo Switch. Nos confrères américains, même si les principaux stores affichent une rupture de stock pour la précommande de la machine, ne semblent cependant pas plus tendres avec Big N. Voyons comment ont vécu la présentation de la Switch suite à la conférence et la prise en main qui a suivi le 13 janvier dernier pour prendre la température sur la Switch.

Si The Verge est assez élogieux quant à l’expérience portable de la machine « La meilleure console de jeu portable que je n’ai jamais eu entre les mains », le journaliste la compare au demi-échec de la tablette Surface de Microsoft, ce qui donne une idée du manque de confiance en ce produit hybride :

Microsoft voulait faire un ordinateur portable et une tablette, mais les deux modes sont peu et le résultat reste imparfait. Nintendo a voulu faire une console de salon et portable, mais le résultat est une console de jeux qui n’est pas parfaite.

Crédit : The Verge

Ars Technica a été particulièrement dur puisque le média ne croit pas un seul instant au succès d’un tel produit qu’il juge très en deçà de ce qu’on était en droit d’attendre : « Une console mobile moins coûteuse combinée à des controllers entiers et un microprocesseur plus solide pour reproduire ce que propose une console de salon moderne, voilà ce qui serait une proposition convaincante ».

L’innovation pour salut

Cependant, tous insistent sur un point positif qu’on ne peut retirer à la Nintendo Switch. Il s’agit de l’innovation. L’ingéniosité de la prochaine console de Nintendo est à saluer. Seule la suite nous dira si c’était un bon pari et si elle trouve son public. Car c’est bien là le problème qui plane au-dessus de Nintendo, un problème nommé Wii U comme le rappelle Engadget : « Avec la Switch, aussi révolutionnaire qu’elle puisse paraître, Nintendo tente de dépasser ce qu’elle a déjà essayé et échoué avec la Wii U. » Le journal poursuit avec le fait qu’elle doit être vu comme une console portable avant toute considération hâtive :

« Les gens peuvent pointer du doigt des graphismes limités, mais en 2017, il est difficile de voir comment Nintendo aurait pu trouver un meilleur équilibre entre la durée de vie de la batterie, la puissance et l’ergonomie. »

Les innovations sont encore à espérer dans le monde du jeu vidéo. Si la réalité virtuelle tente une fois de plus de se hisser, Nintendo confirme encore et toujours que l’innovation est au cœur de ses activités, mais aussi sa capacité à la rendre accessible au grand public : la NES , la console de poche dans toutes les cours de récrés avec le Gameboy, la détection de mouvement pour le casual gaming avec la Wiimote, le second écran comme manette avec la Wii U et, si on le veut bien, la NDS, la réalité virtuelle avec le Virtual Boy… non bon d’accord là je m’égare, mais une chose est sûre, la NX… Nintendo Switch n’est pas encore arrivée qu’elle déchaîne déjà les passions, il n’y a plus qu’à espérer qu’une fois en main pour de bon, elle ne sera à la hauteur de nos attentes.

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