Comme l’an passé, Netflix s’est invité, en marge du Mobile World Congress, sur les hauteurs de Barcelone, dans une demeure réaménagée aux couleurs de la marque pour l’occasion. Entre des coussins estampillés Netflix, des mugs de café Narcos, et des cadres présentant des photos extraites des plus grands succès de la plateforme, les représentants du service ont tenu à nous présenter leurs plans et projets pour la télévision et le mobile. Et ce sont Joris Evers, Vice-Président de la branche Communications Europe, Chris Jaffe, Vice-Président des Innovations de l’interface utilisateur, et Yann Lafargue, responsable des relations presse de Netflix, qui se sont chargés des explications.

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Une interface utilisateur en perpétuel mouvement

Avec Netflix, rien n’est jamais définitif, et certainement pas l’interface utilisateur. Plus encore que le catalogue de film, c’est véritablement elle le cœur de métier de la firme, qui souhaite fournir une expérience parfaite à ces utilisateurs.

Pour cela, elle ne s’embarrasse pas de versions bêta ou alpha, mais déploie comme bon lui semble, sur un panel d’utilisateur, ses nouveautés en matière d’interface. Et pour savoir si une interface fonctionne, et si elle mérite d’être conservée, Netflix se base deux points. La marque observe si ces mêmes utilisateurs ont ainsi « plus regardés les programmes » de la marque, et si « on constate moins de désabonnements après le déploiement ». Si le retour d’expérience est positif, Netflix décide alors de lancer la mise à jour à grande échelle.

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Et la prochaine mise à jour, comme l’expliquent les trois représentants de Netflix, c’est l’intégration d’animations vidéos lorsqu’on sélectionne un programme. « Si vous sélectionnez la série Sense8, ce sont pour l’instant des images de présentation qui défilent en fond, mais la prochaine étape, c’est que la lecture se lancera automatiquement en fond, avec des informations affichées au premier plan et la possibilité de naviguer dans la liste des épisodes par exemple », nous explique-t-on.

 

Enrichissement mobile et limitation de la data

Conscient que la consommation de contenu multimédia se fait de plus en plus souvent en mobilité, depuis une tablette ou un smartphone connecté en 3G/4G, Netflix souhaite réduire la consommation de données et alléger nos factures.

Une bonne idée qu’il va mettre à exécution en intégrant deux fonctionnalités. La première se nomme « data saver » et permettra donc d’utiliser moins de données. Et la seconde permet tout simplement de désactiver la lecture en HD, et se contenter donc d’une vidéo en 480p au maximum, histoire d’épargner quelques méga-octets.

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L’autre nouveauté que l’Américain tient particulièrement à nous présenter, c’est l’arrivée d’informations relatives à un contenu directement depuis le smartphone. Chris Jaffe explique que « les utilisateurs ont de plus en plus tendance à consulter leur smartphone pendant qu’ils visionnent du contenu » et qu’ils « pourront désormais s’occuper en obtenant des informations sur le casting d’un film ou obtenir des propositions de films similaires ».

 

Objectif télécommandes

Déjà partenaire de Google pour le Chromecast, Netflix souhaiterait surtout développer ses relations avec les constructeurs de téléviseurs. Les responsables de la marque nous avouent même que l’objectif pour eux est d’obtenir de plus en plus régulièrement « un bouton Netflix sur les télécommandes ».

C’est à la fois un bon moyen de faire voir la marque immédiatement, de donner des réflexes d’utilisation au consommateur on imagine, mais aussi de rendre l’accès à Netflix aussi simple que l’accès à une chaine de télévision lambda. On est ici dans la même réflexion que la simplification constante de l’interface utilisateur.

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La réalité virtuelle

Chez Netflix, on parle beaucoup de 4K, de HDR, bref, de tout ce qui se fait de mieux en matière de technologie sur les écrans. Mais étonnamment, on n’entend pas un mot sur la réalité virtuelle, pourtant au coeur des préoccupations chez toutes les marques du secteur technologique.

Alors on se laisse tenter à leur poser la question de recherches ou de développement préliminaires avec la réalité virtuelle. Ce à quoi Netflix répond que ce n’est tout simplement pas à l’ordre du jour. Pour autant, il serait faux de dire que le service n’y pense pas, et ses responsables observent de près les premiers essais effectués par certains groupes médias vidéos, comme la BBC ou le New York Times.

« On attend de voir ces technologies murir et qui sait, peut-être qu’un jour on se lancera »

« En fait, il y a plusieurs points de vue dans l’entreprise, et tout le monde ne partage pas la même opinion sur le sujet. On attend de voir ces technologies murir et qui sait, peut-être qu’un jour on se lancera », indique Chris Jaffe pour toute réponse.

Je soumets l’idée qu’il pourrait y avoir un jour des documentaires où l’utilisateur serait invité, à un moment donné, à mettre son casque sur son crâne pour s’imprégner d’un contexte particulier. « Pourquoi pas » me répond-on. Mince, pas convaincus.