Google Arts & Culture propose de comparer ses selfies avec des œuvres d’art. Néanmoins, cette fonctionnalité n’est pas disponible en France et cela pourrait être dû aux règles établies par la Cnil au sujet des données biométriques.

Il y a quelques jours, nous vous parlions d’une nouvelle fonctionnalité rigolote disponible sur Google Arts & Culture. En téléversant un selfie sur l’application, celle-ci propose de comparer le visage de l’utilisateur avec un célèbre tableau exposé dans un musée. Cette option a rencontré un grand succès et beaucoup d’internautes se sont amusés à poster leurs résultats souvent très drôles sur les réseaux sociaux.

Google Arts & Culture incite ainsi à découvrir des œuvres d’une manière originale. Mais, comme nous l’indiquions dans notre papier, cette option n’est pas disponible en France. Et il ne sert à rien de télécharger une APK spéciale puisque la mise à jour se fait côté serveur — mais on peut en profiter en passant par un VPN comme le note très justement un commentateur en bas de cet article.

La première réaction a été de se dire qu’il fallait simplement s’armer de patience et que nous pourrions à notre tour profiter de cette nouveauté. Mais il se pourrait que la question soit un petit peu plus complexe.

France, Illinois, Texas… même combat ?

En effet, au détour d’un article publié par le Chicago Tribune, on apprend que malgré la grande popularité de cette fonctionnalité, les utilisateurs résidants dans les États de l’Illinois et du Texas n’y ont pas accès, car leurs législations respectives sur la biométrie sont très strictes. Par exemple, le Biometric Information Privacy Act de l’Illinois oblige les entreprises à prévenir les consommateurs sur la manière dont elles vont utiliser leurs informations biométriques et pendant combien de temps.

Après lecture de ce papier, il était intéressant de se demander si la France appliquait également ce genre de règles. Rappelons, au passage, que comme le décrit la Cnil, « la biométrie regroupe l’ensemble des techniques informatiques permettant d’identifier un individu à partir de ses caractéristiques physiques, biologiques, voire comportementales (empreintes digitales, iris, voix, visage ou même la démarche) ».

Que dit la Cnil ?

Or, c’est justement sur le site de la Cnil que nous sommes aller chercher la réponse à notre question. La Commission nationale de l’informatique et des libertés a prévu un règlement spécial pour « les dispositifs biométriques fonctionnant depuis des serveurs distants », ce qui est le cas ici d’Arts & Culture puisque le scan du visage est stocké sur les serveurs de Google.

On lit ainsi que « l’organisme en question (qu’il s’agisse du fournisseur de l’application, de l’appareil, etc.) doit alors effectuer une demande d’autorisation auprès de la CNIL ». Ainsi, on peut supposer que Google n’a pas encore envoyé cette fameuse requête à la commission ou qu’elle attend éventuellement l’autorisation. À moins que la firme de Mountain View ne souhaite tout simplement pas proposer cette fonctionnalité dans l’Hexagone.

Quant au stockage du scan du visage des utilisateurs de l’application, on imagine très facilement que Google s’en sert pour améliorer la reconnaissance d’image de son intelligence artificielle.

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