Google veut concevoir ses propres processeurs, à l’instar d’Apple, dont elle a d’ailleurs débauché le responsable des puces maison.

La puce Apple A10 de l’iPhone 7

Google débauche chez Apple

Google a débauché un dénommé Manu Gulati chez Apple, comme l’a repéré le site américain Variety. Manu Gulati a effectivement mis à jour mardi son profil LinkedIn. Il est désormais « Lead SoC Architect » chez Google, c’est-à-dire « chef architecte de SoC ».

Manu Gulati a mené les développements des puces Apple ces huit dernières années. Il est cité comme l’un des inventeurs dans 15 brevets, portant sur des SoC et parfois plus spécifiquement sur des composants de sécurité liés au capteur d’empreintes digitales Touch ID et au paiement sans contact Apple Pay. Il était précédemment chez AMD, puis chez Broadcom. L’homme a près de 30 ans d’expérience en la matière.

En particulier, il a contribué à la conception des SoC Apple Ax. Un SoC (system on chip) est pour rappel une puce tout-en-un combinant plusieurs processeurs et composants, notamment un CPU, un GPU, un modem 4G, un composant de traitement des images (ISP), etc. Ceux d’Apple sont réputés pour leur efficacité, plus précisément pour leurs performances rapportées à leur nombre de cœurs et à leurs fréquences.

Une puce mobile haut de gamme sur mesure

Google souhaite donc rivaliser avec Apple sur ce terrain, sans dépendre de fournisseurs tels que Qualcomm. En plus de Manu Gulati, l’entreprise recrute des experts supplémentaires. Elle a ainsi publié une douzaine d’offres d’emploi qui précisent qu’elle veut concevoir une puce mobile haut de gamme.

De quoi bousculer un fournisseur tel que Qualcomm, qui jouit d’un manque de concurrence : HiSilicon réserve ses Kirin à sa maison-mère Huawei et à Honor, Samsung ne vend pas vraiment ses Exynos à la concurrence (excepté à Meizu), et MediaTek ne joue pas dans la même catégorie.

Tout comme Apple avec ses iPhone et iPad, Google est le mieux placé pour concevoir une puce sur mesure optimisée pour ses Pixel et plus largement pour les terminaux Android. Surtout, il ne dépendra plus d’un tiers pour proposer les mises à jour majeures d’Android et les mises à jour mensuelles de sécurité.

Il est trop tard pour les Google Pixel 2, mais on peut espérer que les prochains reposent sur ce nouveau SoC Google.