Vous connaissez le Bebop Pro-Thermal ? C’est un drone bien particulier embarquant une caméra thermique Flir One Pro. Un outil bien utile pour certains professionnels que nous avons essayé un peu plus en détail. 

En matière de Tech, d’objets connectés ou bien de drones, on ne cesse de voir passer des projets, bon ou mauvais. Et des fois, comme c’est le cas aujourd’hui, on tombe sur une bonne surprise, pour notre plus grand plaisir. Cette bonne surprise, elle ne vient pas de bien loin : elle arrive tout droit du 10e arrondissement et elle est signée Parrot, le célèbre constructeur de drones français.

Après avoir sorti une gamme de mini drones, très ludiques et loisirs comme le Mambo, Parrot a décidé d’améliorer son drone emblématique, le Bebop 2, en le dotant d’une vision thermique. Sur le papier, à première vue, rien de bien compliqué vous me direz, mais le tout était de réussir l’évolution de son produit en toute intelligence, et la mission est un succès !

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Pour réussir ce spin-off du Bebop, Parrot s’est appuyé sur un partenariat avec un acteur clef du monde de l’imagerie thermique, et non des moindres, la marque FLIR, leader de la caméra thermique grand public et professionnelle.

Flir a dans sa gamme de produits, une caméra qui est très intéressante, la Flir One Pro. Cette petite caméra de résolution modeste ( tout comme son prix), se branche sur le port USB ou Lightning de votre mobile et, via une app dédiée, transforme votre téléphone en caméra thermique ! Donc d’un côté nous avons un drone qui a fait ses preuves, facile à piloter et doté d’une prise micro USB, et de l’autre côté une petite caméra thermique, légère et dotée elle aussi d’une prise micro USB. Il n’en fallait pas plus pour permettre à Parrot de signer le premier drone doté d’une caméra thermique prêt à voler pour 1500 euros  !

Pour vous donner une idée, c’est moins cher que le module caméra thermique de la concurrence. Alors certes, la définition de cette caméra est moindre, mais, elle va déjà nous donner les moyens de faire beaucoup de choses, que vous soyez dans l’immobilier, le secours, ou d’autres métiers nécessitant l’usage d’imagerie thermique.

Caractéristiques techniques

  • Caméra RGB Full HD 1080p
  • Caméra thermique : FLIR One Pro
  • Autonomie de la batterie : 25 minutes de temps de vol (avec batterie pleine)
  • GPS : oui
  • Stockage : mémoire flash interne de 32 GB
  • Vitesse horizontale maximale : 16 m/s
  • Poids : 604 g avec la caméra FLIR ONE Pro
  • Portée : jusqu’à 2 km avec le Parrot Skycontroller 2, sans obstacles ni interférences
  • Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac
  • Réseau : bi-bandes MIMO
  • Antennes Wi-Fi : 2 jeux d’antennes en dipôle accordées aux bandes 2,4 et 5 GHz

CAMÉRA RGB

  • Capteur : CMOS 14 Mpx
  • Optique : objectif 180° grand-angle
  • Stabilisation numérique sur 3 axes
  • Résolution vidéo : 1920 x 1080 pixels (30 fps)
  • Résolution photo : 4096 x 3072 pixels
  • Encodage vidéo : H264
  • Format photo : JPEG, RAW, DNG

CAMÉRA D’IMAGERIE THERMIQUE : FLIR ONE PRO

  • Résolution thermique : 160×120
  • Résolution visuelle : 1440×1080
  • HFOV / VFOV : 55 ° ± 1 ° / 43 ° ± 1 °
  • Fréquence d’image : 8.7 Hz
  • Scene dynamic range : -20 °C to 400 °C (-4 °F to 752 °F)
  • Précision : ±3 °C ou ±5 %, quand la scène est entre 5 °C et 120 °C
  • Taille : 68 mm de large x 34 mm hauteur x 14 mm de profondeur
  • Poids : 36,5g

Parrot SKYCONTROLLER 2

  • Poids : 500 g
  • Dimensions : 200 x 180 x 110 mm
  • 2 joysticks
  • 8 boutons de raccourcis
  • Batterie Li-Po : 2700 mAh
  • Autonomie de la batterie : 240 minutes
  • Prise USB
  • Antennes Wi-Fi MIMO

Pour les Professionnels, notez que le Bebop Pro-Thermal est déjà certifié S1 S2 S3, et les certificats sont téléchargeables GRATUITEMENT là où bien souvent chez la concurrence ces mêmes certificats se vendent très cher.

Bien pensé, sauf dans le noir

Maintenant que l’on a fait le tour du propriétaire, il est temps de tester cette machine. J’ai bien ma petite idée sur l’usage que l’on pourrait faire d’un tel drone. Pour les services de secours, il pourrait aider à rechercher une personne disparue la nuit, pour les pompiers, il pourrait aider à voir s’il y a une personne derrière un rideau de fumée. Les exemples ne manquent pas, mais en réfléchissant aux différents scénarios, je me suis vite aperçu d’un problème sur ce drone : il n’a pas été prévu pour les vols de nuit !

Alors oui, vous allez me dire « les vols de nuit sont interdits » ce à quoi je vous répondrai : « oui, mais pas toujours ». En effet, si des forces de l’ordre avaient besoin d’un drone pour optimiser un dispositif de recherche, ils seraient en droit de l’utiliser. Mais voilà, avec le Bebop Pro-Thermal, on a un problème de conception, que je vais vous détailler.

Tour d’abord il faut que je vous explique comment fonctionne ce drone avec ses deux caméras, une à l’avant de type optique et une à l’arrière de type thermique.

Lorsque vous utilisez la caméra optique, le drone se comporte normalement et dès que vous passez en mode thermique, et ça, c’est très malin en terme d’intégration, le drone effectue un demi-tour sur lui même et la caméra arrière devient la caméra avant et les commandes sont inversées. De ce fait tout est totalement transparent pour le pilote qui, en moins de 5 secondes, se retrouve avec ses commandes habituelles, c’est très malin, BRAVO !

Sur le Bebop on n’a qu’un LED qui vous permet d’avoir un contact visuel avec le drone, lors d’un vol de nuit. Cette LED bleue est en fait la LED du bouton de mise en marche, située à l’arrière du drone. Parfait me direz-vous, sauf que sur ce modèle, à l’arrière on trouve la Flir One Pro et, lorsque vous passez en mode thermique, l’arrière devient l’avant et vous ne voyez donc plus la LED bleue. Des LED supplémentaires sur les pieds auraient été un plus, pour ce cas de figure. Mais ne nous arrêtons pas à ce détail, ce cas d’utilisation est très particulier.

Un drone au service de l’écologie

Moi, ce dont j’ai surtout envie de vous parler, c’est le domaine d’utilisation où ce drone a le plus de pertinence : les économies d’énergies !

Rappelez vous : je vous ai déjà parlé de ces métiers en mutation grâce à l’arrivée des drones. Eh bien là vous en avez un très bon exemple. De nos jours, que vous soyez vendeur ou acheteur d’un logement, un document est obligatoire, il s’agit du DPE, ou Diagnostic de Performance Énergétique.

Dans ce document, doivent figurer des recommandations relatives à la maîtrise des consommations énergétiques, en particulier les travaux qui pourraient être réalisés pour optimiser les performances thermiques du bâtiment, accompagnées d’une évaluation de leur coût et de leur efficacité.

Quel meilleur outil qu’un drone thermique pour avoir une vision globale des déperditions de chaleur d’un logement ? Et bien selon moi, il n’y en a pas ! Surtout quand celui-ci est petit, simple à utiliser et terriblement efficace comme le Bebop Pro-Thermal. Mais mon avis étant faussée par ma conviction inébranlable, immuable et définitive que les drones sont indispensables, j’ai contacté un expert en ce domaine, Monsieur BEINIER du groupe INALPE, afin de rester impartial.

Cet expert, les DPE c’est son métier, et il n’a jamais eu besoin d’un drone pour les réaliser. C’est pour cela que je voulais voir sa réaction en lui soumettant ce nouvel outil, il aura tout le recul dont j’ai besoin et que je n’ai pas.

La mise en route est toute simple, on allume la télécommande, puis le drone. On branche ensuite un téléphone ou une tablette via la prise USB du contrôleur. L’app FreeFlight Pro Thermal se lance, tout est prêt ! Vous appuyez sur le bouton décollage, le drone s’élève automatiquement à un mètre, maintenant c’est à vous, vous pouvez le piloter et commencer votre inspection.

Dans l’appli FreeFlight Pro Thermal vous retrouverez toutes les options classiques de FreeFlight avec, en plus, en mode caméra, une icône « Thermal » en bas à droite qui vous fera changer de mode, les habitués du Bebop classique ne seront pas perdus.

Je ne vais pas vous détailler dans ce test la partie pilotage du Bebop, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est la fonction « caméra thermique volante ». Une fois en l’air, on appuie sur l’icône « thermique », le drone fait son demi-tour pour passer sur la caméra thermique et, sur notre écran, le retour s’affiche.

  1. Slider pour régler l’opacité du calque affichant les informations thermales
  2. Bouton pour accéder au mode optique de la caméra thermique (la Flir One Pro a deux objectifs, un optique, un thermique)
  3. Retour au mode Optique classique du Bebop
  4. Vitesse du drone
  5. Hauteur du drone par rapport à son point de décollage
  6. Distance du drone par rapport à son point de décollage
  7. Echelle des couleurs thermal 3 modes sont disponibles :
    1. mode standard, les images thermiques s’affichent avec une échelle de couleurs allant du rouge (160 °C) au bleu (10°) pour une identification rapide des déperditions de chaleur.
    2. mode dynamique, l’échelle de couleurs des images est adaptée aux températures relatives mesurées pour une analyse précise des déperditions thermiques.
    3. mode Hotspot (Point Chaud), seuls les points les plus chauds sont colorés, mode idéal pour une scène d’incendie ou de recherche de personnes.
  8. Pourcentage restant de la batterie du contrôleur
  9. Pourcentage de la batterie restante du drone
  10. Mesure de la température la plus basse et de la plus haute visible à l’écran

La première chose qui est flagrante est que la caméra thermique, malgré sa faible résolution, fait très bien le travail et nous donne un regard bien différent sur le bâtiment que l’on inspecte.

De plus, en pointant sur l’écran une zone dont on veut mesurer la température, celle-ci s’affiche instantanément ; cette mesure peut aussi se faire au bureau, car le drone enregistre les mesures dans un fichier vidéo interactif. En effet, le logiciel encapsule comme métadonnées les mesures de températures dans le fichier vidéo. Pour plus d’information sur l’exportation des données thermales, vous pouvez consulter cette vidéo qui vous décrit la procédure.

A posteriori, suivant vos besoins, vous pourrez faire un export en mode vidéo classique avec la palette de couleur la plus adaptée à votre usage, sans avoir besoin d’être sur le site que vous venez d’inspecter.

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Qu’en pense notre expert ?

Selon lui, l’atout du Bebop Pro-Thermal est d’avoir des caméras différentes et complémentaires. La caméra optique servira pour les travaux d’inspection de visu, et la thermique là où on a besoin de faire apparaître des situations non visibles à l’œil nu.

Globalement, il en ressort trois cadres d’utilisation pour les métiers de contrôle et d’audit dans l’immobilier où l’usage de ce drone a sa place :

  • Dans les domaines de l’énergie, l’utilisation de la caméra thermique permet de visualiser et de monter les déperditions, les ponts thermiques et les points spécifiques de déperdition, et ce, qu’importe l’endroit qu’il soit à hauteur d’homme ou non.

Il peut être utilisé en complément dans les opérations de recherche de fuites avec la mise en place d’une “blower door”, dispositif qui sert à mettre en pression ou en dépression une pièce pour visualiser des fuites d’air. Ce test est une obligation dans la construction de bâtiments neufs (collectif ou individuel) dans le cadre de la RT2012 (test d infiltrometrie)

  • Dans le cadre des opérations de recherche d’amiante, l’utilisation de la caméra optique permet la visualisation de certains éléments du bâtiment susceptibles d’être construits avec des matériaux pouvant contenir de l’amiante, comme faîtage, conduits de cheminée, solin, acrotère.
  • Dans le cadre des Diagnostics Techniques Globales DTG (obligatoire pour toutes les nouvelles copropriétés sorties en 2017), le drone peut là aussi être utilisé en renfort pour l’auscultation des bâtiments. Il permet de vérifier les malfaçons pouvant occasionner des problèmes que ce soit sur la toiture, les façades, les balcons, etc.

Je vais vous faire une confidence : depuis la démo, notre expert a décidé de s’intéresser à l’utilisation du drone de beaucoup plus près, car, pour lui, ce petit Bebop est un véritable couteau suisse pour les professionnels de l’immobilier.

L’occasion de rappeler que ces diagnostics, en milieu urbain ou non, doivent être faits dans le cadre légal (pilote diplômé, assurance RC, dépôt du MAP, déclaration de vol en préfecture).

Sachez une chose : si vous comptez rénover votre habitat, la rédaction d’un DPE vous aidera à bénéficier des aides de l’état pour financer vos travaux d’isolation et d’optimisation énergétique. Et si c’était l’occasion de confier ça à un drone ?

Crédit Images : JMF-WOOlooMOOloo

Note finale du test 8/10
Le sentiment qui prédomine, est que cette version Pro du Bebop Power est une véritable couteau suisse, capable d'offrir une gamme de services étendus à petit prix. Bien sur, ce drone s’adresse en priorité aux professionnels, mais pas que.

Dans ce test, nous avons voulu faire un gros plan sur l'utilisation de drones à des fins écologiques, mais les usages d’un tel drone sont bien plus vastes. Ils peuvent aller à la surveillance de cheptel pour les agriculteurs, ou de la faune pour les gardes forestiers, en passant par les applications multiples comme la recherche de personnes par les pompiers, la détection de zones de chaleur dans un incendie ou la présence de personnes derrière un rideau de fumée.

On donnera une note globale de 8/10 juste pour marquer la différence de qualité d’images du mode classique du Bebop en comparaison de la concurrence comme le Mavic. Mais au final, ce Bebop Pro-Thermal a été une très bonne surprise, avec très grand potentiel.

Voilà une opportunité, à faible coût, pour les professionnels de l'immobilier, de se démarquer de la concurrence, en s’essayant à un nouvel outil au service de leur expertise pour le bien des économies d'énergies.
  • Points positifs
    • Concept inédit et pratique (caméra thermique)
    • Prix abordable
    • Facilité de prise en main
    • Bonne autonomie
  • Points négatifs
    • Difficile à voir la nuit
    • Pas de tracking thermique
    • Pas de mode VR en thermique
    • Pas de carte affichée en mode thermique