Disponible depuis le printemps dernier, le téléviseur OLED Philips POS9002 vient remplacer la série POS901F introduite initialement à l’IFA 2016, le tout de nouveau placé sous le signe d’Android TV. Sans plus attendre, voici notre verdict.

En marge de la gamme courante de téléviseurs LED Philips avec les séries 6000/7000/8000, et après un premier essai en 2016, TP Vision renouvelle son offre de TV OLED avec le POS9002, déclinée cette année en versions 55 pouces et 65 pouces.

Dans les grandes lignes, l’écart avec le POS901F de l’an dernier s’annonçait somme toute assez relatif, si ce n’est l’intégration de la dernière génération de dalles OLED LG. La même qui équipe d’ailleurs la série 7 du fabricant coréen.

La principale différence provient ici du P5 Perfect Engine, un nouveau moteur de traitement d’image. Dans la théorie, le fabricant indique une amélioration des performances d’environ 50% en comparaison du Perfect Pixel UHD utilisé jusque-là, un gain censé se matérialiser par un meilleur contrôle de ce que TP Vision appelle les cinq variables : la qualité de la source, la netteté, le contraste, les couleurs, et la fluidité des mouvements.

Le téléviseur s’appuie tout naturellement sur Android TV, mais à l’heure ou nous écrivons ces lignes, la migration vers Android 7.0 Nougat n’est malheureusement toujours pas effective. Celle-ci devrait arriver dans les prochaines semaines, c’est ce qu’on espère du moins.

La série 9000 est déclinée en diagonale 55 pouces (55POS9002) et disponible au prix public indicatif de 2490 €. Une déclinaison 65 pouces verra le jour dès janvier 2018 avec un prix situé aux alentours des 4000 €.

Design

Contrairement aux lignes un peu plus atypiques du POS901F, en particulier au niveau des pieds qui avaient le très gros défaut de posséder un empattement très (trop) important – un réel problème pour les meubles peu larges –, Philips révise quelque peu sa copie. Le téléviseur affiche un design sobre, mais plaisant avec le choix d’une finition en aluminium brossé, cependant, on reste un cran en deçà de son prédécesseur.

Cela s’explique cependant par un positionnement tarifaire légèrement moins élevé, le châssis à l’arrière est simplement constitué d’un plastique noir, et la barre son a disparu au profit d’un système audio plus classique. Rien de rédhibitoire dans les deux cas, surtout si cela permet d’économiser quelques euros.

Cependant, bien que la qualité de fabrication s’inscrive globalement dans la lignée de ce que l’on retrouve chez la concurrence, et au-delà de la fragilité avérée de l’OLED, on a réellement du mal à comprendre quelle mouche a piqué le fabricant au niveau du socle.

Là où Panasonic et Sony optent pour de solides supports sur lesquels le téléviseur vient se clipser, le POS9002 nécessite impérativement de coucher la dalle sur une surface plane pour fixer le pied. Cela ne nous dérange pas outre mesure pour un TV LED, pour un TV OLED en revanche, particulièrement sensible à la moindre pression sur la dalle, l’étape s’avère bien plus périlleuse qu’à l’accoutumée. Plus en tout cas qu’un Panasonic TX-55EZ950 que j’ai pu installer seul sans aucun problème il y a quelques mois pour la petite anecdote.

Un niveau d’équipement correct, mais une télécommande décevante

La connectique est assez complète, nous retrouvons ainsi deux entrées HDMI 2.0b (4K/60, HDR, Deep Color, etc.) dont une entrée compatible avec le canal de retour audio (ARC), deux entrées HDMI 1.4, une sortie audio numérique optique, une entrée audio RCA (via un adaptateur), une sortie casque, un port CI+, trois ports USB (dont un port USB 3.0), des entrées antennes et une prise Ethernet RJ-45.

Du côté de l’équipement, le téléviseur embarque des connectivités Wi-Fi 802.11ac et Bluetooth, et un tuner TNT/Câble/Satellite compatible avec les fonctions HbbTV, Enregistrement et Pause TV.

Le téléviseur est fourni avec une télécommande Bluetooth avec clavier QWERTY. La prise en main est plutôt bonne, malheureusement l’ergonomie est quelque peu entachée par le manque de relief des touches, ce qui induit occasionnellement quelques erreurs de saisies, une remarque aussi valable pour le pavé directionnel. L’absence de rétroéclairage des touches n’arrange bien sûr rien à la situation.

Un mot sur l’Ambilight

Étape incontournable des téléviseurs de la marque, le POS9002 intègre la technologie d’éclairage Ambilight 3 côtés. Que l’on apprécie ou pas l’Ambilight, il faut néanmoins reconnaître qu’elle possède certains avantages, notamment le fait d’atténuer la fatigue visuelle. Enfin, à condition d’abaisser une luminosité réglée au maximum par défaut…

TP Vision propose ici plusieurs modes d’Ambilight (Naturel, Standard, Immersif, Jeu, etc.), de nombreux réglages pour ajuster l’intensité ou la teinte des couleurs, et la possibilité de synchroniser l’éclairage du téléviseur avec les ampoules Philips Hue.

Un mot sur le son

La section audio est l’un des principaux postes d’économies, la comparaison avec le POS901F qui délivrait des prestations correctes (mais sans plus), est totalement fortuite.

La qualité sonore est inférieure à son aîné, les résultats s’avèrent correct pour regarder quelques programmes courants, mais l’ajout d’une barre son dans le panier est à envisager sérieusement si vous en voulez plus, à moins que vous possédiez déjà une installation Home-cinéma.

Android TV bis

Alors que l’arrivée d’Android Nougat se fait attendre à l’heure ou certains constructeurs ont déjà basculé depuis plusieurs semaines/mois, en l’état le POS9002 n’offre rien de plus ni de moins que son prédécesseur.

Bien que le fabricant ait remplacé le SoC MediaTeK MT5890 par un MT5891 architecturé autour de quatre cœurs ARM Cortex-A53, autrement dit rien d’extravagant puisqu’il s’agit de la même puce qui équipe aussi les modèles Sony et TCL, l’écart entre les deux générations n’est pas particulièrement notable à l’utilisation, c’est le moins que l’on puisse dire, puisque quelques ralentissements et une légère latence sont encore et toujours à déplorer.

A contrario, la section multimédia a été améliorée, pas un mal en considérant les très mauvais résultats du POS901F. La très large majorité de nos samples vidéo ont été lus depuis un disque dur externe (NTFS, du moins un sur trois…) ou un serveur UPnP.

  

Les vidéos HD 720p et 1080p encodées en H.264 passent parfaitement, tout comme les fichiers vidéo 1080p et 4K encodés en HEVC et VP9, avec ou sans HDR. Les pistes audio Dolby Digital et DTS encapsulées dans un MKV ou MP4 sont également acceptées sans problème.

Qualité d’image

En matière de traitement vidéo, le POS9002 délivre de très bons résultats, le gain du processeur P5 Perfect Engine en comparaison du vieillissant UHD Pixel Engine est indéniable. Du moins sur certaines sources.

  

Au-delà d’une bonne qualité de mise à l’échelle des sources HD 1080i/p, tout particulièrement sur les chaînes TV HD 1080i en raison de la qualité du désentrelacement irréprochable, le plus surprenant toutefois provient de l’amélioration du traitement des sources en définition standard.

Bien qu’il ne faille évidemment s’attendre à aucun miracle, puisque le processus d’upscale d’une source vidéo 480 ou 576p en UHD 2160p engendre inévitablement une perte, la qualité s’avère globalement convenable, et la gestion des artefacts de compression s’avère plus efficace. Les résultats sur DVD sont d’ailleurs très probants.

D’un autre côté, le gain sur les sources plus qualitatives ne saute pas vraiment aux yeux, ce qui reste somme toute assez logique. Cela n’empêche pas le POS9002 de délivrer une très belle qualité d’image sur Blu-ray & Blu-ray 4K, tout comme sur les MKV de films/séries TV bien encodés, et certaines applications telles que Netflix, Amazon et myCANAL.

Sur les quelques sources 4K HDR testées au cours de son séjour, le POS9002 s’est montré largement à son avantage. Bien que le fabricant ait fait le choix d’abaisser par défaut la puissance des pics lumineux HDR pour préserver un bon niveau de détails sur le reste de l’image, le téléviseur atteint 640 cd/m².

Il reste bien entendu possible de passer par la case réglages pour retoucher les modes HDR Perfect et HDR Contrast afin de rehausser très légèrement la puissance des pics lumineux, quelques ajustements permettent ainsi d’atteindre les 680 cd/m², mais dans l’idéal je ne vous le conseille pas.

Soulignons également les bons résultats du téléviseur en matière d’input lag en mode Jeu, un effort a clairement été consenti sur ce point avec 37 ms relevées en 1080p/60 Hz et 34 ms en 4K/60 Hz.

Trop de netteté tue la netteté

Au-delà des qualités de la technologie OLED en matière de contraste, le piqué d’image et la définition sont particulièrement appuyés, quelques petites précautions d’usage s’imposent. Si le public se divise en deux catégories, avec d’un côté ceux qui recherchent avant tout une image extrêmement nette, et de l’autre ceux qui souhaitent une image la plus naturelle possible, la puissance du traitement vidéo reste une donnée à ne pas négliger.

Le réglage Netteté que propose le téléviseur, nécessite en effet un minimum de précautions pour éviter un renforcement excessif des contours, ou une dégradation de la qualité d’image avec l’Ultra Resolution, un traitement très agressif et qui ne présente de nouveau aucun intérêt, si ce n’est de rehausser le bruit vidéo, comme nous le soulignions lors du test du POS901F. C’est encore plus vrai sur les sources 4K HDR, les métadonnées HDR participant déjà à augmenter la netteté.

On regrettera également le manque d’intérêt du Natural Motion, un mécanisme d’aide à la fluidité qui introduit un effet caméscope des plus désagréables. Heureusement, TP Vision ajoute en complément un réglage Clear Motion, lui aussi ajustable manuellement, et qui permet d’atténuer le flou dans les mouvements sans introduire d’effet caméscope. On est toutefois encore loin des résultats délivrés par le Motionflow de Sony, qui reste la référence en la matière.

Des réglages qui oscillent entre le très mauvais et le très bon

En sortie de carton, la majorité des modes images proposés proposent des résultats plus que perfectibles, en particulier en ce qui concerne la colorimétrie. Comme toujours, les deux modes ISF Jour et ISF Nuit délivrent les meilleurs résultats, la température de couleurs et la colorimétrie s’avèrent plutôt bonnes.

  

Quelques ajustements restent nécessaires pour ceux qui souhaitent tirer le maximum de leur téléviseur, mais en l’état, les résultats sont à la hauteur de ce que l’on attend d’un téléviseur au déballage dans cette gamme de prix.

Du côté des capacités du POS9002 en matière d’espaces colorimétriques étendus, le téléviseur s’inscrit dans la moyenne, et couvre 96 % de l’espace couleur DCI-P3 et 69 % de l’espace couleur REC.2020.

  

Seul bémol, un léger banding – un phénomène qui se traduit par des bandes verticales sur certains types d’image, comme les matchs de foot ou certaines scènes de nuit – est visible. Cela n’a cependant rien d’exceptionnel, le phénomène affecte toutes les dalles OLED signées par LG.

Tout comme d’ailleurs la tendance du traitement antireflet à virer au magenta, seul l’EZ1000 de Panasonic faisant figure d’exception (partielle) sur ce point-là.

Note finale du test 8/10
Alors que les acheteurs de la première génération d’OLED Philips avaient malheureusement quelque peu essuyé les plâtres, le POS9002 est un téléviseur incontestablement plus abouti que son aîné. Malgré quelques compromis mineurs en terme de finition et la disparition d’une barre son de toute façon largement dispensable, le choix de prioriser la compétitivité est pleinement justifié.

Le TV OLED Philips délivre une qualité d’image particulièrement convaincante, notamment grâce à l’apport du processeur P5 et la justesse des modes image ISF, un contraste renversant (comme tout OLED) et une belle luminosité HDR. Sans oublier les quelques améliorations consenties par le fabricant, telles que l’amélioration de l’input lag et une section multimédia « enfin » correcte.

Quelques désagréments sont encore de la partie, en particulier en ce qui concerne Android TV, d’un côté de par une expérience loin d’être au niveau d’une Shield TV, et le retard accumulé par le fabricant dans le déploiement des mises à jour, à l’heure ou Android Oreo pointe déjà le bout de son nez. D’autre part enfin, et malgré le support des formats HDR10 et HLG, l’absence de Dolby Vision est regrettable en comparaison de son concurrent direct, le LG B7V.
  • Points positifs
    • Les qualités naturelles de l'OLED (contraste, angles de vision)
    • Les modes image ISF Jour/Nuit
    • Un rendu HDR convaincant
    • L'amélioration de l'input lag
  • Points négatifs
    • Une interface Android TV encore à la traîne
    • Le montage
    • L'agressivité de certains traitements
    • L'absence de Dolby Vision