Après le HTC One X testé la semaine précédente, c’est au tour du HTC One S de passer entre nos mains. Reconnaissons-le d’emblée : il sera difficile de vous surprendre avec ce modèle, tant le coeur du One S, son OS, est similaire avec celui de son grand frère . Avec sa gamme « One », HTC entend bien remonter sur tous les secteurs du marché Android, en proposant pour chaque utilisateur un smartphone de qualité : on n’a pas, dans cette nouvelle gamme, un écart aussi grand qu’entre le Desire et le Wildfire en 2010, par exemple.

Note :

Si le One X s’adressait aux plus exigeants d’entre vous, voulant posséder un smartphone Android haut de gamme avec une diagonale d’écran qui entre presque en concurrence avec les petites tablettes comme le Galaxy Note, le One S est le fer de lance grand public de la série One. Moins cher, moins grand, mais comme on va le voir, pas forcément moins puissant, le smartphone a sûrement été pensé pour le public qui hésiterait avec les Lumia sous Windows Phone 7, voudrait changer un Desire vieillissant ou souhaiterait entrer dans le monde des smartphones avec un modèle performant.

On se retrouve donc avec un smartphone HTC à taille humaine, qui, nous allons le voir, a des arguments pour séduire, n’en déplaise aux défenseurs du « toujours plus ». Est-ce que HTC, après une année 2011 en demi-teinte, aurait retrouvé la voie de l’excellence qui a fait sa réputation aux balbutiements d’Android ? C’est ce que nous allons voir, en faisant notre possible pour éviter de répéter mot pour mot ce qui a été écrit la semaine passée.

Note à nos chers lecteurs : ce test déploie son alacrité sur plusieurs pages. Si nous avons omis des détails qui vous tiendraient à coeur, n’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations dans les commentaires. – Sincèrement, la rédaction.

I – Caractéristiques, écran et design : robustesse et finitions

1 – Du neuf avec du vieux : du Desire au One S, histoire d’un design

2 – Les entrailles de la bête

3 – La face visible de l’iceberg : l’écran

Prise en mains vidéo

II – HTC Sense, Android 4.0 : un rêve d’homogénéité esthétique et d’ergonomie enfin réalisé ?

1 – Android 4.0 et sa surcouche : de nouvelles habitudes à prendre, pour le meilleur ?

2 – Petit tour des applications natives et autres widgets

III – Multimédia, jeux et services : performances et innovations

1 – Afficher et enregistrer des images

2 – Musique : coucou, tu veux voir mes Beats ?

3 – Films et jeux : le multimédia à portée de doigts ?

Conclusion

I – Caractéristiques, écran et design : robustesse et finitions

1 – Du neuf avec du vieux : du Desire au One S, histoire d’un design

S’il y a bien une chose qu’il ne faut pas rater pour qu’un produit touche le grand public, c’est le design. Tout le monde reconnaît un iPhone : n’en déplaise aux détracteurs, ce n’est pas tant parce que les utilisateurs sont éduqués à grand renforts de publicités que parce que Apple a trouvé un design qui marche. Sur Android, on reproche souvent à Samsung de ne pas avoir d’image propre et aux autres, de ne pas être cohérent, mais la tendance générale est à l’unification esthétique – il n’y a qu’à voir les gammes One et Xperia de 2012 pour s’en convaincre.

Hey Grand Pa’ !

HTC a le mérite d’avoir toujours fait des smartphones plutôt reconnaissables. Anecdote personnelle qui s’est plusieurs fois reproduite : des amis peu portés sur les nouvelles technologies m’ont souvent dit « ah tu as un HTC », quel que soit le modèle. Ce n’est rien pour eux, mais pour moi qui ai testé des dizaines et des dizaines d’appareils, c’est un signe fort, celui d’une marque qui sait se faire reconnaître.

La firme s’était pourtant un peu égarée en 2011, avec des modèles étranges, du Desire Z au Sensation, en passant par l’Incredible S ou l’Evo 3D. Tous n’étaient pas mauvais, mais la multiplication des smartphones a malheureusement fait perdre à HTC son image de marque – le fleuron d’Android est devenu en quelques mois une machine à inonder le marché avec des modèles plus ou moins ratés et ne trouvant pas de public.

Sobre, classe, bien fini : après quelques égarements la trinité HTC à l’heure de la résurrection

Ca, c’était en 2011. Avec sa gamme One, HTC retourne aux sources, avec un design qui marche, celui qui a fait sa réputation, celui du Desire et du Nexus One. Entre les smartphones de 2010 et ce One S, très, très peu de différences sont à relever : on a l’impression d’avoir une version épurée et modernisée des anciens modèles. Les courbes sont très reconnaissables, le smartphone tient bien en main et le plastique – qui doit avoir un nom bullshito-marketing qu’on a vite oublié (Edit, suite à vos commentaires : « c’est une coque unibody en aluminium, traité par oxydation micro arc, autrement dit sa surface a été baignée de plasma et quasiment vitrifiée pour obtenir ce « métal céramique », une première et du plus bel effet qui plus est ! », voilà, voilà…)- est toujours très agréable au toucher.

RRoD ?

Tout en gardant ces matériaux nobles et ces finitions exemplaires, HTC a réussi la prouesse d’alléger le smartphone, avec ses 116 grammes pour un écran de 4,3 pouces : on rejoint le Galaxy S II et c’est vraiment une bonne nouvelle pour nos poches. Vous trouverez à l’avant trois boutons de fonctions – nous y reviendrons -, une webcam VGA et, bien sûr, une diode de notification, élément essentiel pour beaucoup d’entre vous. Pas de fioritures sur les côtés : les boutons de volume, le bouton power, le port micro-USB/MHL et la sortie jack sont seuls présents à l’appel.

Point de défaut d’assemblage de la coque ici, comme cela avait pu être le cas sur les Desire HD qui reposaient un peu sur le même système de fermeture : le haut s’enlève en échange d’un ongle et laisse apparaître l’emplacement micro-SIM. Pas d’emplacement SD, pas de NFC, c’est un peu dommage, mais encore une fois, on est sur un smartphone grand public, cela ne nous choque donc pas trop : 16 Go de mémoire suffiront bien et le NFC est loin d’être encore utile…

4 comme ça et vous avez un Galaxy Note

On note enfin l’appareil photo au dos, mais rien ne sert de s’attarder sur un capteur dans un cercle rouge, nous y reviendrons en détail dans la troisième partie de ce test.

2 – Les entrailles de la bête

Que trouve-t-on à l’intérieur de ce HTC One S ? Non, reformulons la question : savez-vous à quoi sert un processeur ? Si ce n’est pas le cas, sachez que les caractéristiques de ce smartphone vous permettront de faire tourner le système de la manière la plus fluide qu’il soit et de profiter pleinement de tous les jeux et applications compatibles du Google Play Store. Vous pouvez donc vous dispenser de lire les quelques paragraphes suivants et passer directement aux réflexions concernant l’écran.

Si vous avez répondu oui à la question précédente, vous n’êtes pas sans savoir que, contrairement à son grand frère le One X, ce One S est équipé d’un processeur Snapdragon S4 MSM8260A, double-coeur cadencé à 1,5 ghz, couplé à 1 Go de RAM. Ce processeur est basé sur un chipset ARM v7 et est épaulé d’un processeur graphique Adreno 225 – c’est le même duo qui équipera par exemple l’Asus Padfone.

Comment ça vous n’avez pas de rayons X pour voir le processeur ? Promis, il est juste derrière. Paysans.

Qu’est-ce que cela implique en pratique ? D’abord, on reste sur du dual-core et de fait, la consommation énergétique est moindre. La batterie de 1650 mAh fait tourner sans problème le smartphone une journée complète. Un benchmark intéressant que j’ai eu l’occasion de réaliser est celui des 6h de train. Dans un train, un smartphone cherche constamment un réseau, passe de la 3G à l’EDGE sans arrêt et perd une énergie colossale dans l’histoire. Eh bien sachez qu’il lui restait suffisamment de batterie pour continuer la journée après le voyage – ce qui n’est pas possible avec, au hasard, un Galaxy S II.

Deuxième avantage du dual-core sur le quad-core, c’est l’émission de chaleur. C’est un fait : le Tegra 3 chauffe et vous bénirez sûrement votre One X cet hiver, s’il n’a pas fondu entre juillet et septembre. Ce Snapdragon S4, lui, est très discret et le smartphone ne s’est jamais fait remarquer, même dans des tâches lourdes. Enfin, il suffit de ranger sa mauvaise foi pour se rendre compte qu’aucune application Android ne tire partie aujourd’hui d’un quad-core – et vu que les dual-core sont à peine démocratisés, cela ne sera pas le cas avant longtemps, les développeurs n’ayant aucun intérêt à s’embêter pour une infime portion d’utilisateurs. C’est ingrat, mais c’est comme ça. Du coup, pour un modèle milieu de gamme, HTC a fait le bon choix : libre aux amateurs de geek p0rn de se tourner vers un One X… ou pas.

Résumé des benchmarks via Engadget. Le Tegra 3, quad-core, c’est le 2e hein.

Mais avant de passer à la pratique, que vaut-il en théorie ? Pour les plus amoureux des chiffres d’entre vous, nous lui avons fait subir quelques petit benchmarks. D’abord, Multitouch Tester. Edouard le notait lors de son test du One X : par défaut, les smartphones One sont simplement dual-touch. Il faudra décocher une case dans les paramètres pour activer le multi-touch à l’écran. Pourquoi ? Simplement parce que HTC a réservé un mouvement à 3 doigts vers le haut pour son Media Link, qui vous permet d’afficher sur un téléviseur ce que vous avez à l’écran du HTC, y compris dans les applications. Bref, il n’y a pas trop à épiloguer là-dessus : les One sont multi-touch, HTC a simplement fait les choses d’une manière quelque peu autoritaire.

Du côté GPU, NeNaMark affiche un 61 FPS très confortable. A ce petit jeu, la plupart des téléphones obtiennent un score entre 50 et 80 FPS, mais la grande majorité a une définition bien inférieure au HTC One S, ce qui veut dire que le petit s’en sort très bien. Du côté CPU, le célèbre AnTuTu affiche un score de 7075. Le Xperia S de Sony, testé récemment, n’atteignait « que » 6518 points. Sur l’honorable Quadrant, on atteint un score de 5067, assez impressionnant puisque l’Xperia S n’arrivait qu’à 3082. On est à vue d’oeil, à plus du double d’un Galaxy Nexus.

Comme vous le voyez, malgré l’absence de quad-core, on est loin d’être sur un hardware dépassé : au contraire, le One S est même mieux placé sur le tableau des performances brutes en ce début d’année 2012 que tous les autres concurrents, Tegra 3 inclus, si l’on porte un quelconque crédit aux benchmarks, cela va de soi.

3 – La face visible de l’iceberg : l’écran

Assez parlé technique, disons quelques mots sur l’écran. On a donc ici un jouet de 4,3 pouces pour une résolution de 960×540 pixels, ce qui nous donne un score assez faible de 256 pixels par pouces, contre 312 pour le One X et 326 pour l’iPhone 4S, qui a non seulement un écran plus petit, mais aussi une meilleure résolution (960×640)… depuis déjà 18 mois ! Le principal concurrent du One S sur Android, le Xperia S, est lui en 1280×720, pour une définition de 342 pixels par pouce…

Taille humaine ? On aurait aimé un écran sur-humain…

On regrette énormément ce retard dans le taux de pixels par pouce sur Android en général et c’est vraiment dommage que HTC n’ait pas équipé son smartphone d’un écran de 1280×720 pixels, comme c’est devenu la norme depuis le Galaxy Nexus. On a la mauvaise impression doublée d’une dose de regret que ce smartphone aurait pu être parfait s’il avait bénéficié des dernières technologies en matière d’affichage et notamment d’une définition « HD », qui aurait permis de lisser les polices, d’affiner l’affichage des pages et de profiter des vidéos 720p high-profile dans leur résolution native.

Pixels : espèce en voie de disparition

Dans le meilleur des mondes, chaque augmentation de la taille de l’écran devrait s’accompagner d’une augmentation de la définition de l’écran – surtout quand on voit que de l’autre côté du mur, Apple continue son petit bonhomme de chemin sans trop s’inquiéter : et il n’y a pas de quoi, HTC nous prouve avec ce One S que les constructeurs n’ont pas encore accusé le retard en la matière.

Cela dit, si cela gêne notre fibre perfectionniste et gâche un peu notre plaisir, c’est surtout parce que le One S a par ailleurs tous les arguments pour convaincre : les couleurs sont excellentes, ni trop saturées ni trop fades, les noirs sont profonds. On a moins de contraste que sur les écrans Amoled des Samsung, mais l’ensemble est beaucoup plus homogène : on ne retrouve pas les couleurs acidulées typiques des Galaxy.

Des petits points, des petits points, toujours des petits points

Pourtant, comme sur les écrans Amoled, le talon d’Achille de ce One S sera le bleu : c’est vers lui que tendra le blanc à la moindre inclinaison du téléphone. On ne peut pas en vouloir à HTC, aucune marque n’ayant encore trouvé le compromis colorimétrique parfait qui ferait que le blanc soit vraiment blanc. Notez bien que ce « défaut » n’est pas gênant, et qu’à l’usage, l’écran du One S est très confortable, malgré sa résolution en deçà de ce qui se fait aujourd’hui. Avec un sans faute de ce côté là, l’Xperia S reste la référence…

Bref, on se retrouve donc avec un smartphone élégant, au design travaillé et marquant qui ne lésine pas sur la technique. HTC a fait des choix judicieux pour proposer un modèle performant et efficace dès la sortie de boîte : comme le Desire en son temps, ce One S, ni trop petit ni trop grand, ni trop épais ni trop lourd, a toutes les armes pour devenir une référence chez le grand public. Notre seul regret se portera donc sur l’écran qui, en étant HD, aurait pu faire atteindre à ce smartphone les cimes de la perfection androphonienne de taille moyenne, c’est-à-dire comprise entre 3,7 et 4,3 pouces.

Prise en main vidéo

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