
Cybercriminalité, blocages DNS, protection de la vie privée, censure d’État… En France et ailleurs dans le monde, l’usage des VPN explose. Une réaction évidente face aux menaces à la confidentialité en ligne, toujours plus nombreuses, qu’elles viennent de hackers ou de l’appareil d’État.
Les démocraties ne font pas exception. Le 4 juin 2025, quand Aylo a suspendu l’accès à Pornhub, YouPorn et RedTube en France, Proton VPN a annoncé une hausse de 1 000 % de ses inscriptions en une demi-heure, sans donner de chiffre de départ. Beaucoup de ces nouveaux clients ignorent comment fonctionne réellement un VPN. Parmi ceux de notre comparateur, certains vous promettent monts et merveilles sur votre sécurité en ligne.
Si vous avez souscrit à un VPN pour contourner les blocages des sites pornographiques, par exemple, et être anonyme lors de ces navigations inavouables, il y a des chances que celles-ci n’aient pas été entièrement confidentielles. Car un VPN ne rend pas anonyme sur Internet. Il masque votre adresse IP et chiffre votre trafic face à votre FAI ou à un Wi-Fi public. Mais votre fournisseur de VPN, les comptes auxquels vous êtes connecté, les cookies et vos moyens de paiement permettent toujours de remonter jusqu’à vous.
Qu’est-ce qu’un VPN et pourquoi en utiliser un ?
Un VPN (Virtual Private Network) est un outil qui sécurise la connexion internet d’un appareil en établissant un tunnel chiffré entre celui-ci et un serveur. Pensé au départ pour permettre à des employés d’accéder à distance au serveur de leur entreprise, le VPN s’est largement démocratisé ces dernières années pour protéger la vie privée en ligne. Aujourd’hui, les VPN se sont généralisés à l’échelle mondiale et trouvent un écho d’abord dans les régimes autoritaires où la surveillance numérique est plus forte.

Mais même en dehors des dictatures, les VPN trouvent leur utilité. Hormis certains usages détournés (et même illégaux selon la législation en vigueur), ces outils servent essentiellement à se protéger de toutes sortes de cybermenaces. Aujourd’hui, plusieurs fournisseurs proposent des solutions de cybersécurité en plus du VPN lui-même comme un gestionnaire de mots de passe ou un stockage cloud sécurisé.
Enfin, il faut retenir que les VPN sont légaux en France, c’est l’usage qui en est fait (streaming illégal, cybercriminalité…) qui peut aller à l’encontre de la loi. Des élus ont certes déjà tenté de brider, voire d’interdire les VPN, mais cela contrevient à la cybersécurité, à la vie privée en ligne et à la protection des données personnelles, un droit protégé par l’article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Rien que ça…


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Ce qu’un VPN cache, et ce qu’il ne cache pas
Avant de savoir si un VPN rend réellement anonyme ou non, il est nécessaire de revenir sur leur fonctionnement et de savoir ce qu’ils cachent vraiment. Un VPN cache votre adresse IP, votre localisation et le contenu de votre trafic à votre FAI et aux réseaux que vous traversez. Il ne cache ni l’activité liée à vos comptes en ligne, ni les cookies et traceurs, ni vos paiements, ni ce que vous saisissez vous-même sur un site.
Les informations que dissimule un VPN
- L’adresse IP : Un VPN masque l’adresse IP de l’utilisateur et la remplace par celle du serveur VPN sur lequel la connexion internet rebondit. Les pirates ne peuvent ainsi remonter vers votre appareil ou votre réseau. Le fournisseur de VPN voit toutefois votre adresse IP réelle et peut la conserver, il faut donc bien choisir son VPN. Ce dernier doit être sécurisé, et mieux encore, ne pas collecter vos données personnelles pour les transmettre à une puissance étrangère.
- Géolocalisation : À partir du moment où l’adresse IP est masquée, la géolocalisation l’est également. L’emplacement réel de l’appareil est lui aussi remplacé par un emplacement virtuel, celui du serveur VPN auquel l’utilisateur est connecté. Grâce à cette spécificité, il est possible de contourner le géoblocage.
- Historique de navigation et activité en ligne : Le trafic étant chiffré jusqu’au serveur VPN, votre FAI ne voit plus les sites que vous consultez. Le fournisseur de VPN, lui, voit ce trafic sortir de son serveur : votre confidentialité dépend alors de ce qu’il en conserve. Toutefois, l’effet n’est pas rétroactif, ce qui veut dire que l’historique de navigation avant l’activation du VPN reste visible.
- Téléchargements et partages de fichier : Le chiffrement du VPN dissimule également les données téléchargées et téléversées. Votre FAI ne peut donc pas savoir quels fichiers vous échangez. Le site ou le service qui les héberge, lui, le sait toujours.
Ce qu’un VPN ne cache pas
- L’activité en ligne sur un compte : Utiliser un VPN tout en étant connecté à son compte Google, par exemple, ne vous rend pas anonyme aux yeux de Google. L’entreprise peut toujours suivre votre activité, VPN ou non. Pensez bien à vous déconnecter de tous vos comptes avant d’activer un VPN.
- Cookies et autres trackers : Les cookies d’un navigateur peuvent passer outre la protection des VPN et continuer à surveiller votre activité. Quand bien même l’adresse IP est masquée, d’autres données telles que le navigateur ou les caractéristiques de l’appareil utilisé peuvent permettre aux trackers de remonter vers ce dernier.
- Paiements et coordonnées bancaires : Même avec un VPN activé, les transactions financières restent traçables par les banques et autres prestataires de paiement.
- Informations personnelles saisies sur un site web : Ça a l’air bête dit comme ça mais oui, un VPN ne peut empêcher un site de collecter des données personnelles si vous les lui transmettez volontairement.
- Consommation de données : Quand bien même les données circulent dans un tunnel chiffré, un FAI ou un opérateur mobile peut encore avoir un œil sur le volume de data consommée. Au cas où vous vous êtes posé la question, il n’est pas possible de faire du hors-forfait avec un VPN activé à temps plein sans que votre opérateur ne le sache.
- Journaux VPN : Certains VPN conservent des journaux de connexion (adresse IP d’origine, heures de connexion) et peuvent devoir les transmettre aux forces de l’ordre sur décision de justice, selon leur pays de domiciliation. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux se tourner vers les VPN « no-log » dont nous parlons plus bas, ou encore ceux utilisant des serveurs 100 % RAM.
Avec ces informations, nous pouvons d’ores et déjà conclure qu’un VPN ne rend pas totalement anonyme. Il existe tout de même des techniques pour augmenter son niveau de confidentialité et s’approcher au plus près de l’anonymat.
Un VPN rend-il vraiment anonyme sur Internet ?
Non, un VPN ne rend pas anonyme vis-à-vis de son propre fournisseur : même chez les fournisseurs majeurs, l’abonné reste identifiable. Ceux-là conservent un ensemble de données personnelles communiquées au moment de l’inscription et indispensables pour la facturation (nom, prénom, adresse mail et postale, numéro de carte bancaire, etc…).
Mais il existe des techniques pour renforcer son niveau d’anonymisation auprès de son fournisseur VPN, comme ne communiquer aucune information personnelle, indiquer une adresse mail secondaire, voire dédiée uniquement au VPN, et payer son abonnement en cryptomonnaies afin de ne communiquer aucune information bancaire.
Certains fournisseurs vont plus loin. Mullvad VPN, par exemple, ne demande ni nom ni adresse mail à l’inscription : l’abonné reçoit un numéro de compte aléatoire et peut payer en espèces ou en cryptomonnaies, sans qu’on puisse relier le paiement à une personne.
Faut-il faire confiance à son fournisseur de VPN ?
Un fournisseur de VPN voit passer tout votre trafic et connaît votre adresse IP réelle. Selon sa politique, il peut aussi conserver des journaux de connexion. Avant de lui confier vos données, vérifiez donc sa transparence : audits indépendants publiés, politique no-log vérifiée, pays de domiciliation.
On ne le dira jamais assez, mais les premiers VPN dont il faut se méfier sont les VPN gratuits qui manquent de transparence sur leur politique de confidentialité, les audits de sécurité ou les méthodes de chiffrement utilisées.

Le mVPN de Free, lancé en septembre 2025 et inclus sans surcoût dans les forfaits Free Max, Free 5G+ et Série Free, en donne un bon exemple. À partir du moment où le serveur à la sortie du tunnel chiffré appartient à un FAI soumis aux décisions judiciaires, le VPN n’apporte aucune confidentialité supplémentaire vis-à-vis de Free, et le « chiffrement de bout en bout » mis en avant par l’opérateur n’y change rien. À l’heure où une vague de blocages submerge les sites pornographiques et de streaming illégal en France, le mVPN de Free apparaît plus comme une provocation que comme un véritable outil de protection de la vie privée en ligne.
Un VPN safe est avant tout un VPN transparent sur sa politique de confidentialité, ses audits de sécurité et ses protocoles de chiffrement. Il doit également proposer des technologies indispensables comme le Kill Switch. Il faut également privilégier les VPN dont le siège n’est pas domicilié dans les pays appliquant une politique de surveillance numérique (alliances de renseignement Five Eyes, Nine Eyes et Fourteen Eyes, dont les pays membres partagent des données de surveillance).

Les VPN « no log-» font aussi beaucoup parler d’eux, bien que le terme soit parfois contesté et même associé à une stratégie marketing. Le no-log existe pourtant bel et bien, et des cabinets indépendants le vérifient. NordVPN a ainsi fait auditer sa politique six fois depuis 2018, la dernière fois par Deloitte fin 2025. Un audit reste une photographie à un instant donné : mieux vaut donc choisir un VPN qui en publie régulièrement. Les serveurs RAM-only sont une des garanties de no-log étant donné que les données stockées sont effacées à chaque extinction ou redémarrage, et de plus en plus de VPN continuent à les adopter.
La police et la justice ont déjà mis ces promesses à l’épreuve. En avril 2023, la police suédoise s’est présentée chez Mullvad VPN avec un mandat pour saisir des ordinateurs contenant des données clients. Elle est repartie sans rien, faute de données à saisir. En 2017, PureVPN, qui se disait sans logs, avait au contraire fourni au FBI des adresses IP et des heures de connexion qui ont permis d’identifier un cyberharceleur.
Peut-on vraiment être anonyme sur internet ?
Être anonyme sur Internet signifie pouvoir naviguer sans laisser aucune trace permettant de remonter jusqu’à son identité. Un anonymat total en ligne relève aujourd’hui de la légende urbaine, même avec un VPN ou le navigateur Tor. Chacune de nos actions en ligne laisse des traces (tracking, métadonnées, empreintes numériques, etc…).
On peut toutefois adopter quelques réflexes pour rendre sa navigation plus discrète : utiliser un VPN pour masquer son adresse IP et sa géolocalisation, passer par le navigateur Tor ou des moteurs de recherche privés (DuckDuckGo, Ecosia, Qwant, Brave Search, etc…), utiliser des services de messagerie chiffrée et se déconnecter de ses comptes Google, Meta, Microsoft et autres afin que ces derniers ne puissent surveiller vos activités en ligne.
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Vos questions sur les VPN et l’anonymat
Un VPN rend-il anonyme sur Internet ?
Non. Un VPN masque votre adresse IP et chiffre votre trafic jusqu’à son serveur. Votre fournisseur de VPN connaît toutefois votre identité de facturation, et vos comptes connectés, vos cookies et vos paiements permettent toujours de vous identifier.
Qu’est-ce qu’un VPN « no-log » ?
Un VPN « no-log » s’engage à ne conserver ni l’historique de navigation, ni l’adresse IP d’origine, ni les heures de connexion de ses abonnés. Cette promesse n’a de valeur que si un audit indépendant publié la vérifie, comme ceux que Deloitte a menés pour NordVPN, ou Securitum pour Proton VPN.
Mon FAI voit-il ce que je fais avec un VPN ?
Votre FAI ou votre opérateur mobile voit que vous êtes connecté à un serveur VPN et le volume de données consommé. Il ne voit pas les sites que vous consultez, puisque le trafic est chiffré jusqu’au serveur VPN.
Utiliser un VPN est-il légal en France ?
Oui, utiliser un VPN est légal en France. L’usage qu’on en fait peut en revanche être illégal, par exemple pour du streaming illégal ou de la cybercriminalité. Pour plus de détails, vous pouvez consulter notre dossier sur le sujet.
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