
Le marché des VPN a pris un sacré envol ces dernières années, notamment avec l’augmentation constante des fuites de données et d’une prise de conscience sur la nécessité d’une cybersécurité au quotidien. Alors que nos usages numériques se multiplient, les dangers numériques croissent à la même vitesse. C’est ici qu’interviennent les VPN, aujourd’hui largement accessibles au grand public. Ces outils permettent de chiffrer sa connexion internet et d’augmenter son niveau de confidentialité en ligne, entre autres.
Aujourd’hui, ce marché pèse déjà des dizaines de milliards de dollars et pourrait dépasser la barre des 100 milliards de dollars d’ici 2030. Forcément, avec un gâteau aussi massif, la concurrence est féroce et nombre d’acteurs ont vu le jour pour gratter des parts de marché, y compris des acteurs non-dénués de malveillance.
Si les NordVPN, Cyberghost ou Surfshark ont aujourd’hui pignon sur rue du côté des services 100 % payants, d’autres marques proposent des services partiellement ou totalement gratuits. Mais ce qui peut paraître une aubaine peut aussi cacher de gros inconvénients, voire compromettre votre sécurité. Nous vous proposons ici un tour d’horizon des VPN fiables et gratuits, mais aussi des risques encourus à utiliser un VPN gratuit et non-sécurisé.
Pourquoi les VPN gratuits séduisent-ils ?
Là où la plupart des acteurs célèbres du marché proposent un abonnement payant pour profiter de leurs services, les VPN dit gratuits promettent de bénéficier de ces derniers sans dépenser le moindre centime. Une solution beaucoup plus enviable pour les personnes qui prévoient un usage seulement occasionnel du VPN ou qui n’ont simplement pas envie de souscrire à un énième abonnement.
Mais la majorité des VPN gratuits doivent susciter votre méfiance, même ceux certifiés sur les stores d’applications. Entre performances limitées, parc de serveurs restreint et publicités intrusives, certains sont même dangereux car de véritables aspirateurs à données personnelles comme nous le verrons plus bas.
Notre sélection des VPN gratuits et sécurisés
Il n’est pas rare que certains VPN proposent un essai gratuit, généralement limité à 30 jours. Nous vous conseillons de jeter un œil à notre comparateur de VPN qui comporte certains services disposant d’un essai gratuit, comme c’est le cas pour NordVPN par exemple. Il suffit de mettre fin à son abonnement avant la fin de cette période pour ne rien payer.
D’autres fournisseurs de VPN vont plus loin en proposant une version gratuite de leur outil, sans limite de durée mais avec quelques contraintes comme l’absence de certaines fonctionnalités. Malgré tout, ce sont ces VPN gratuits qui nous intéressent ici, voici ceux que nous recommandons les yeux fermés :
| VPN | Data disponible | Serveurs | Siège social |
| Proton VPN | Illimitée | +2 000 dans 10 pays | Suisse |
| Windscribe | 10 Go/mois | 10 pays | Canada |
| VPN Firefox | 50 Go/mois | 5 pays (parfois 30) | États-Unis |
| hide.me | Illimitée | 8 serveurs | Malaisie |
| TunnelBear | 2 Go/mois | +8 000 serveurs dans +45 pays | Canada |
Proton VPN
Qu’il s’agisse de trouver un VPN gratuit et fiable ou un VPN complet et taillé pour la confidentialité, Proton VPN fait partie du premier choix. Il s’agit d’un des rares VPN du marché à savoir combiner sécurité et performance, il peut notamment se targuer d’une politique no-log irréprochable avec son code open-source et ses audits réguliers.
Enfin, Proton VPN Free est de loin le meilleur VPN gratuit et fiable du marché. Il donne accès aux serveurs d’une dizaine de pays tirés au sort et malgré une bande passante plus limitée que dans la version payante, la quantité de data à disposition est, elle, sans limite. Les publicités sont absentes et on profite du même niveau de chiffrement que tous les utilisateurs de Proton VPN.
Windscribe
Moins connu du grand public, Windscribe est un VPN, certes basé au Canada qui est membre des 5 Eyes, mais qui applique une politique no-log stricte : infrastructure 100 % RAM, code open source, rapport de transparence et audits de sécurité tiers disponibles en ligne… La totale. La version gratuite donne également accès à toutes les fonctionnalités de Windscribe pour bénéficier d’une sécurité complète.
La seule contrainte de taille, c’est la limite de 10 Go de data par mois. Ce n’est pas beaucoup, surtout si on prévoit des usages lourds. Dans ce cas-ci, le streaming et le gaming sont à proscrire. De plus, ces 10 Go sont disponibles uniquement si on fournit une adresse mail vérifiée lors de l’inscription. Autrement, il faut se contenter de seulement 2 Go par mois.
VPN Firefox
La version gratuite de Mozilla VPN n’est pas réellement un VPN avec sa propre application. Il s’agit ici plutôt d’une protection intégrée directement au navigateur Firefox, qui fonctionne uniquement sur le trafic internet qui passe par ce dernier. Les autres applications et navigateurs ne peuvent donc être protégés par le VPN Firefox qui ne peut donc entièrement protéger un appareil.
Ce VPN se révèle toutefois assez généreux avec 50 Go de data allouée chaque mois. Le nombre d’emplacements des serveurs est de cinq, mais peut grimper jusqu’à une trentaine lors d’opérations spéciales. Enfin, si Mozilla a son siège social aux États-Unis, pays où les entreprises peuvent être contraintes à fournir des données au gouvernement, le VPN applique une politique no-log stricte selon ses dires. VPN Firefox est ainsi une bonne solution gratuite pour de la navigation courante.


L’IA générative crée du contenu en quelques secondes, mais souvent au prix de vos données personnelles. Avec Lumo AI, l’assistant européen de Proton, vos conversations restent 100 % confidentielles.
hide.me
Ce VPN basé en Malaisie est lui aussi peu connu du grand public, mais son modèle freemium n’en est pas moins l’un des plus recommandables. Ce VPN gratuit permet de profiter d’une quantité illimitée de données, comme Proton VPN, et d’un bon niveau de sécurité avec des protocoles VPN reconnus comme WireGuard ou encore le Kill Switch, un élément vital.
hide.me se targue également d’une politique no-log stricte vérifiée par des audits indépendants. De plus, la version gratuite ne requiert aucune inscription, le fournisseur n’a donc pas besoin de vos données personnelles pour vous offrir ses services. Les contraintes les plus notables du VPN gratuit de hide.me sont d’une part le parc restreint de huit serveurs, et la possibilité de ne protéger qu’un seul appareil d’autre part.
TunnelBear
TunnelBear est l’un des meilleurs VPN pour les néophytes : totalement gratuit, il permet de profiter de pas moins de 8 000 serveurs disséminés dans plus de 45 pays. Bien que propriété de McAfee (dont nous connaissons le forcing autour de son antivirus), TunnelBear est promis sans publicités intrusives. La version gratuite a également le mérite de proposer les mêmes fonctionnalités que la version payante comme le Kill Switch et l’obfuscation.
TunnelBear est cependant plus que limité au niveau de la data. Il ne met à disposition que 2 Go par mois, ce qui correspond à quelques minutes de navigation ou au visionnage d’une poignée de vidéos seulement. Les usages lourds, n’en parlons pas… Et encore, TunnelBear proposait 500 Mo par mois il y a quelques années. Juste assez pour prendre en main un VPN pour la première fois.
Quels VPN gratuits ne sont pas recommandés ?
Des VPN gratuits, il en existe des dizaines, si ce n’est des centaines, mais la grande majorité sont problématiques s’agissant de la sécurité. Certains sont même des logiciels espions déguisés qui collectent vos données personnelles, parfois pour le compte de pays comme la Russie ou la Chine. Pire, certains sont même certifiés par les stores d’application dont les badges ne doivent pas être pris pour une marque de confiance.
D’autres VPN gratuits sont sans danger, ou quasiment, mais ne doivent pas être pris pour de vrais VPN. Deux exemples nous viennent en tête.
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Free mVPN
L’opérateur mobile a annoncé une option de réseau privé virtuel directement intégré à ses forfaits mobile. Le Free mVPN est dans le cœur du réseau de l’opérateur et achemine des connexions vers l’Italie ou les Pays-Bas. Ce dernier assure ainsi un chiffrement de bout en bout de son réseau, selon les dires de l’opérateur.

Cependant, ce n’est pas un vrai VPN, seulement un outil pour contourner le géoblocage. Le Free mVPN ne masque pas les activités de ses utilisateurs vis-à-vis de l’opérateur qui utilise ses propres serveurs, sans oublier que Free n’applique aucune politique no-log. Aucun détail n’est donné sur le chiffrement et le ou les protocoles VPN utilisés. Pire encore, le mVPN devient inopérant en roaming, lorsque l’appareil se connecte à n’importe quel réseau Wi-Fi, et se coupe tout seul au bout de 12 heures de session.
Hotspot Shield
Il s’agit du parfait contre-exemple aux VPN fiables. Gratuit, pensé pour être simple d’utilisation et même doté de son protocole propriétaire baptisé Hydra, Hotspot Shield est pourtant à fuir. Le VPN est souvent critiqué pour sa bande passante restreinte et le choix des serveurs limité à un seul emplacement… aux États-Unis. De plus, contrairement à certains protocoles comme WireGuard et OpenVPN, Hydra n’est pas open source, il est donc impossible de vérifier son niveau réel de sécurité.
Hotspot Shield a également un passif problématique, en 2017, le fournisseur a été accusé de pratiques commerciales déloyales et trompeuses. Après analyse de l’application, des chercheurs ont découvert que le VPN collectait les métadonnées de ses utilisateurs ensuite revendues à des régies publicitaires. D’autres pratiques ont été pointées du doigt comme la redirection du trafic vers des domaines partenaires et l’injection de scripts pour monétiser la navigation des usagers.
Quels sont les inconvénients des VPN gratuits ?
Niveau de sécurité insignifiant, voire dangereux
C’est le sujet critique d’un VPN : la sécurité et surtout l’assurance de confidentialité. Forcément, un service gratuit va souvent faire des coupes sur ce domaine, quitte à rendre ses usagers totalement vulnérables. Un comble quand on sait qu’un VPN sert justement à protéger votre vie privée.
Quand bien même les VPN gratuits se targuent de proposer les mêmes fonctionnalités en matière de sécurité que les VPN payants, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. En utilisant ces services, vous prenez le risque de voir vos informations privées (pays d’origine, adresse, etc.) captées par ceux-là mêmes qui étaient censés les protéger.
Un bon moyen de vérifier l’intégrité et les potentielles failles de confidentialité est de passer par un testeur de fuite DNS indépendant comme DNS leak test. Si votre IP est visible une fois le test terminé, vous pouvez être sûr que votre VPN ne protège pas votre vie privée.

L’autre point noir concerne les protocoles de sécurité utilisés qui sont souvent bien moins efficaces et datés. Exit Wireguard, IKEv2 (pour les mobiles) ou les autres protocoles propriétaires très efficaces de NordVPN ou ExpressVPN. On se retrouve fréquemment avec des protocoles obsolètes comme PPTP, L2TP ou IPSEC.
En dernier point, peut-être le plus critique : certains programmes obscurs se faisant passer pour des VPN peuvent même être des chevaux de Troie cachant des malwares pouvant infecter votre appareil en plus de compromettre vos données. Ils peuvent par exemple capter les frappes de votre clavier pour enregistrer vos mots de passe, vous envoyer des ransomwares ou même utiliser la puissance de votre appareil pour miner de la cryptomonnaie.

Par exemple, la société de cybersécurité Bitdefender a découvert début 2023 que le logiciel espion iranien EyeSpy avait été sciemment caché dans des packages VPN gratuits, qui ont gagné en popularité depuis le black-out numérique du gouvernement iranien, lequel a laissé les citoyens sans accès à internet lors des récents troubles civils.
Une bande passante très limitée et un parc de serveurs très restreint
Si l’on s’arrête spécifiquement sur ce qui fait la différence d’un service de VPN à un autre, la question des performances est fortement mise en avant. De ce point de vue, on ne peut pas dire que les VPN gratuits puissent se permettre de faire des efforts.
La première chose à avoir en tête est qu’un VPN gratuit limite en général fortement la data allouée à un utilisateur ainsi que sa bande passante. Dans la plupart des cas, il s’agit avant tout d’une façon de faire essayer ce service avant de passer à la caisse. Ne vous attendez donc pas à pouvoir surfer de manière illimitée avec un service gratuit. Pour certains usages comme le streaming, le gaming et le torrenting, il faut aller voir ailleurs, vers des VPN payants.
Mais les limites ne s’arrêtent pas aux performances, on établit l’efficacité d’un service de VPN à sa couverture mondiale et au nombre de serveurs qu’il peut atteindre. Sur ce coup, les VPN gratuits limitent fortement le nombre de pays dans lesquels il est possible de se connecter ainsi que le nombre de serveurs disponibles, souvent situés dans le pays d’origine du service.
L’absence de Kill Switch, pourtant essentiel
Nous avions déjà démontré l’importance du mode Kill Switch sur un service de VPN. Celui-ci garantit votre confidentialité quand bien même votre connexion serait compromise. Sans surprise, beaucoup de VPN gratuits ne proposent pas cette option de base ni d’autres spécificités souvent très utiles.
Dans le même ordre d’idées, il est légitime d’accorder ou non sa confiance à un VPN en fonction de son service client. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que les VPN gratuits n’en proposent évidemment pas. Aucun moyen de faire une réclamation ou quelconque demande en cas de problème.
Des pubs, des pubs, toujours des pubs !
Si les utilisateurs ne payent pas de souscription mensuelle, les VPN gratuits doivent trouver d’autres manières de se financer. Pour pallier le manque à gagner d’une souscription payante, ces programmes ou applications vont très souvent être bardés de pubs intrusives et très souvent ciblées grâce aux données personnelles dérobées et vendues à des tiers.

Le plus souvent, on retrouve ces pubs depuis les applications de VPN non rattachées à une marque depuis le Play Store ou l’App Store.
Comment savoir si un VPN gratuit est fiable ?
Pour commencer, le fait qu’il soit gratuit est un mauvais signal sur la fiabilité du VPN. Un VPN fiable n’est jamais 100 % gratuit, mais il peut proposer une version gratuite avec des options payantes ou des formules payantes. S’il est 100 % gratuit, un VPN doit quand même amasser les fonds nécessaires pour entretenir ses infrastructures, et la manière la plus simple serait de monétiser les données de leurs usagers pour les revendre à des entreprises tierces.
Nous l’avons également répété plusieurs fois dans cet article : un VPN fiable, même gratuit, se doit d’avoir une politique no-log. Celle-ci doit être consultable sur le site du fournisseur tout comme les preuves de cet engagement : audits de sécurité tiers, rapport de transparence… Un code open source et une infrastructure 100 % RAM sont des plus, comme la localisation du siège social, de préférence en dehors de la juridiction des 14 Eyes.
Enfin, un VPN digne de ce nom doit réunir des fonctionnalités essentielles comme le Kill Switch et une protection contre les fuites DNS, ainsi que des algorithmes de chiffrement et des protocoles VPN modernes comme WireGuard.
Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.
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