NRJ Mobile poursuit son chemin et compte plus d’1 million de clients actifs. Il vient de signer un accord de Full MVNO avec SFR.

NRJ Mobile est l’un des premiers opérateurs virtuels (MVNO – Mobile Virtual Network Operator) en France. Lancé en 2005, il appartient aux groupes Crédit Mutuel-CIC (majoritairement) et à NRJ. Il a depuis été rejoint par des concurrents comme Virgin Mobile ou La Poste Mobile récemment. Les offres de cet opérateur s’adressent principalement à une cible de 15-34 ans. La particularité est de se baser sur le réseau de deux opérateurs (Orange et SFR) en fonction des offres. Le succès des MVNO ne se dément pas en France et NRJ Mobile en fait partie. L’opérateur vient de dépasser le million de clients actifs, dont les trois quarts ont des offres avec abonnement. Ce succès s’explique notamment par une gamme de smartphones très complète. On y retrouve les principaux modèles de cette année : Samsung Galaxy S II, LG Optimus 3D, LG Optimus 2X, Sony Ericsson Xperia Arc, Neo, Play…

Après Virgin Mobile, c’est au tour de NRJ Mobile de passer Full MVNO. A nouveau, il s’agit d’un accord signé avec SFR. Bien que cela accorde plus d’indépendance, une petite clarification vous est peut-être nécessaire :

Dans ce modèle étendu, le MVNO émet ses propres cartes SIM et dispose de sa propre base HLR (NDLR : Home Location Register, base de données centrale d’un opérateur qui gère les droits des abonnés, ce qui permet de maîtriser l’ensemble des services). Il dispose en plus d’éléments de cœur de réseau (GMSC et GGSN). Ce modèle, s’il est plus contraignant et plus coûteux en termes de déploiement et de maintenance technique, permet à l’opérateur virtuel de s’affranchir davantage de l’opérateur hôte, ce qui lui assure un meilleur contrôle sur son trafic et sur les services qu’il offre à ses abonnés.

Dans cette architecture, le MVNO a un code réseau qui lui est attribué par l’ARCEP. Cette attribution est sans problème et n’utilise aucune ressource rare. Selon les besoins du MVNO, l’ARCEP attribue en plus des tranches de N° mobile (06, 07…).

Le MVNO doit mettre en place une architecture dite « cœur de réseau » qui, pour un budget de quelques millions d’euros, lui donne la maîtrise totale sur les services de téléphonie mobile avec la possibilité de les coupler à une infinité de services autres et ce en toute liberté. Cette architecture ouvre des possibilités d’innovation très importantes.

Pour avoir accès au réseau d’un MNO (NDLR, Orange, SFR, Bouygues et bientôt Free Mobile), le MVNO doit alors avoir un « accord de roaming national » avec le MNO. Cet accord est techniquement équivalent à ce que chacun des MNO a déjà fait avec plus de 200 opérateurs dans le monde pour permettre l’utilisation du téléphone mobile par chacun dans le monde entier. Il est à noter que des accords de ce type entre MNO et MVNO existent déjà dans d’autres pays Européens (Espagne, Royaume-Uni, Allemagne, Hollande, etc).

Le MVNO commercialise ainsi son infrastructure de réseau.

Ce nouvel accord va permettre d’améliorer sa capacité et par conséquent de s’ouvrir vers de nouvelles cibles : familles, seniors et professionnels… qui étaient jusqu’à présent un peu moins concernées par les offres.

Cet accord est à mettre en parallèle avec l’accord d’itinérance entre Free et Orange qui prendra effet en janvier 2012. Sachant que le nouvel opérateur couvrira environ 25% de la population, de nombreuses zones resteront blanches. L’accord permettra donc aux abonnées de toujours disposer d’une connectivité, même s’il ne s’agit pas réellement de Free Mobile. On assistera alors à une bataille Orange-Free et SFR-NRJ Mobile-Virgin Mobile dans quelques mois. On peut ainsi espérer que l’arrivée de ce nouvel acteur pousse les opérateurs en place à remettre en question leurs offres, même s’il reste encore du chemin à parcourir.