
C’est une volte-face qu’on n’avait pas vraiment anticipée. Depuis fin 2025, Stellantis multiplie les lancements discrets de versions diesel, de la Peugeot 308 à la nouvelle DS N°4, en passant par toute une gamme d’utilitaires comme le Citroën Berlingo ou encore l’Opel Combo. Le constructeur, qui possède 14 marques allant de Fiat à Jeep, en passant par les français Peugeot et Citroën assume désormais ouvertement cette stratégie.
« Nous avons décidé de maintenir les moteurs diesel dans notre gamme et, dans certains cas, d’élargir notre offre », confirme officiellement le groupe à Reuters. Une déclaration qui contraste avec les promesses d’un avenir 100 % électrique en Europe d’ici 2030, martelées il y a encore quelques mois. Mais quand les résultats ne suivent pas les ambitions, il faut bien adapter le discours à la réalité du marché.
Cette réintroduction intervient dans un contexte particulièrement tendu pour Stellantis. Le quatrième constructeur mondial vient d’annoncer 22,2 milliards d’euros de charges liées au recul de ses ambitions électriques. Ses ventes européennes ont dégringolé de 3,9 % en 2025, après une baisse de 7,3 % l’année précédente. Quant à l’action en Bourse, elle navigue à son plus bas niveau depuis la création du groupe en 2021.
L’électrique, ce mirage qui coûte cher
Regardons les chiffres : en 2025, les véhicules diesel ne représentaient que 7,7 % des ventes neuves en Europe, contre plus de 50 % en 2015, avant le scandale du Dieselgate. Dans le même temps, les voitures 100 % électriques ont atteint 19,5% de parts de marché. Mathématiquement, l’électrique gagne du terrain. Mais ce serait oublier l’essentiel : la rentabilité.

Car si les constructeurs européens ont massivement investi dans l’électrification, beaucoup peinent à rentabiliser ces véhicules face à des clients encore assez réticents pour la plupart, freinés par les prix élevés et quelques vieux démons comme l’autonomie parfois limitée, même si c’est de moins en moins vrai avec la multiplication des bornes de recharge.

Le diesel, lui, reste nettement moins cher à produire et à vendre. Et surtout, c’est un segment où les redoutables concurrents chinois, spécialisés dans l’électrique, sont totalement absents.
Pragmatisme commercial ou renoncement écologique ?
Stellantis n’est d’ailleurs pas le seul constructeur à faire machine arrière. Aux États-Unis, son principal marché, le groupe a déjà relancé des modèles thermiques comme le Jeep Cherokee et son légendaire moteur V8 Hemi. En Europe, l’assouplissement des normes d’émissions européennes et le revirement américain sous l’administration Trump offrent un répit bienvenu aux motorisations thermiques.
Le constructeur défend une approche centrée sur « la demande des clients ». Traduction : tant que les acheteurs privilégient le diesel pour les longs trajets, le remorquage ou simplement pour des raisons budgétaires, pourquoi s’en priver ?
C’est pragmatique, commercialement défendable, mais cela interroge sur la sincérité des engagements climatiques passés. Et c’est sans compter sur le fait que l’offre électrique de Stellantis est assez peu intéressante, ce qui explique aussi en partie pourquoi les marques n’en vendent pas assez.
En France, le retour du diesel est bien palpable, notamment sur les cousines Peugeot 308, Opel Astra et DS N°4, où nos quatre protagonistes retrouvent le quatre cylindres 1,5 litre BlueHDI de 130 ch. Et le retour en force du diesel pourrait se poursuivre sur d’autes modèles, comme le Peugeot 3008 par exemple, ou encore le Citroën C5 Aircross et le futur DS N°7.
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