J’ai testé une alternative (vraiment) pas chère aux Ray-Ban Meta, ça vaut le coup ou pas ?

 
Les Ray-Ban Meta ont insufflé une tendance et les lunettes connectées sont clairement devenues à la mode, à tel point que certains constructeurs reprennent la recette du succès avec des tarifs très agressifs, à l’image de Blackview avec son modèle BV100 que j’ai testé et surtout acheté pour à peine 50 euros en promo. Verdict ?
Romain Ribout pour Frandroid // Crédit photo : Nicolas Peraudeau

Les Ray-Ban Meta font un carton, même si la version Display se fait toujours attendre en France, et Samsung et Apple devraient même lancer leurs modèles de lunettes connectées dans l’année… En voyant tout ça, j’avoue que ça m’intrigue en tant que passionné de Tech, mais je ne suis pas sûr de vouloir mettre une telle somme dans un produit que je vais peut-être laisser prendre la poussière sur un meuble de mon entrée. Il faut dire que pour l’essentiel des fonctions présentes, du moins pour l’instant, mon smartphone le fait déjà.

Mais, quand j’ai aperçu le modèle Blackview BV100 en promotion à seulement 50 euros environ, soit environ 6 fois moins cher que les Ray-Ban Meta (à partir de 329 € chez Ray-Ban), je me suis dit que c’était un bon moyen d’avoir un premier aperçu des usages sans faire trop mal au porte-monnaie, et je pense que je ne suis pas le seul à me demander ce que ça vaut vraiment. C’est donc une bonne occasion de partager avec vous mon retour d’expérience et de savoir si c’est un achat à éviter, ou non.

Un design bien connu, mais très fragile

Je porte des lunettes au quotidien vu que je passe ma journée devant un écran d’ordinateur, mais je ne voulais pas porter de lunettes connectées à longueur de temps. J’ai donc opté pour la version solaire du modèle BV100 de Blackview, qui m’a accompagné occasionnellement lors d’une sortie à la mer, d’une exposition en plein air ou même d’un voyage à l’autre bout du monde, ainsi qu’à Londres. Notez qu’il existe deux autres versions : anti-lumière bleue et photochromique.

Je dois avouer que j’ai tout d’abord été surpris de la qualité du packaging, car je m’attendais vraiment à une paire de lunettes dans un simple sachet en plastique pour le prix. Mais non, il y a une boîte assez robuste, et même un étui, plutôt rigide d’ailleurs, pour ranger la paire de lunettes quand on ne l’utilise pas. On trouve aussi un chiffon microfibre pour le nettoyage et un câble USB avec un port magnétique pour la recharge.

Le look fait très Ray-Ban Meta Wayfarer et je pense que c’est entièrement assumé par la marque de copier le produit phare du secteur, même si le résultat fait évidemment un peu plus cheap que l’original. Bien sûr, on retrouve aussi la même disposition pour les boutons, un appui à droite pour prendre une photo ou vidéo, et à gauche pour enregistrer un vocal ou appeler l’assistant IA, sans oublier les contrôles tactiles sur le côté droit pour augmenter et baisser le volume par glissement, ou mettre en pause la musique et répondre à un appel en tapotant.

Sur les deux extrémités, il y a une petite excroissance pour loger la caméra à droite et la LED qui avertit votre environnement que vous êtes en pleine capture à gauche, mais on m’a confié qu’on ne voit pas tant que ça cette dernière en plein soleil.

Dans le prolongement des branches, il y a les haut-parleurs pour qu’ils soient au plus près de vos oreilles, mais le son n’est pas de bonne facture. Cela suffit pour entendre ce que l’IA a à vous dire ou pour un appel ponctuel, mais pour de la musique, c’est limite agaçant, ça rappelle le son grésillant d’un vieux lecteur cassette. De plus, ils sont très fragiles puisque l’un des haut-parleurs a rendu l’âme après une toute petite chute des lunettes, disons depuis la hauteur de ma poche de jean pour atterrir sur du parquet… Je suis assez déçu sur ce point même si je ne m’attendais pas à grand-chose pour le prix.

Crédit photo : Nicolas Peraudeau

Hormis ce détail qui avait tout de même son importance, les Blackview BV100 sont agréables à porter (seulement 45 g) et je n’ai pas eu d’autre gêne particulière pendant toute cette période de test. Je me suis même surpris à prendre réellement plaisir à les utiliser pour prendre des photos et vidéos, même sous un peu de pluie grâce à leur certification IP54. Puis, il faut dire que c’est un geste tellement plus rapide et pratique que de sortir son smartphone.

Une IA qui a le mérite d’être là…

Avant toute chose et pour utiliser ces lunettes connectées comme il se doit, il faut télécharger l’application HeyCyan disponible sur iOS et Android. De là, il suffit de connecter les Blackview BV100 en Bluetooth (ici dans une version 5.4) à votre smartphone et vous aurez accès au menu de l’interface avec la batterie restante sur vos lunettes, ainsi que tout un tas de fonctionnalités activables depuis l’application.

C’est aussi là que vous retrouverez toutes les photos et vidéos que vous avez préalablement transférées. En effet, ce que vous capturez au cours de la journée ne se stocke pas automatiquement sur votre smartphone, du moins, pas si vous ne cochez pas l’option dédiée dans les paramètres de l’application. Tout est au chaud dans l’espace de 32 Go intégré aux lunettes. Cela semble peu, dit comme ça, mais ça m’a suffi pour transférer plus de 100 photos et vidéos sur mon téléphone, en une seule fois. Le problème, c’est que le transfert est assez lent et qu’il peut facilement tomber en échec si vous faites autre chose en même temps.

HeyCyan, c’est également le nom de l’assistant, ce qui est un peu perturbant au début. Bref, on va surtout dire qu’il a le mérite d’être là, et que c’est sympathique à découvrir, mais je ne pense pas qu’il soit d’une grande utilité au quotidien. Alors oui, c’est amusant deux minutes de lui demander quelle est la console que l’on voit ou quel type de plante l’on a en face de soi, mais ça se complique lorsque ça devient un peu plus technique. J’ai ensuite tenté de lui faire analyser une carte Pokémon et il s’est trompé à chaque fois. J’ai aussi voulu lui faire traduire le texte d’une boisson chinoise et l’IA se dédouane directement en disant que ses résultats sont approximatifs à cause de la netteté de l’image.

Et c’est vrai que la qualité photo n’est pas folle quand je demande à l’intelligence artificielle une requête. J’ai regardé les photos de la carte Pokémon et de la boisson chinoise et les détails sont assez flous dans les deux cas. J’ai donc repris en photo ces dernières avec les lunettes, mais sans passer par l’IA, et cette fois-ci le résultat était un peu plus net et coloré, et pourtant c’est le même capteur et la même exposition, au même moment. La seule explication qui me vient, c’est que l’image transférée des lunettes vers la demande IA subit une forte compression qui la rend moins exploitable. Ce qui est dommage, d’autant plus que l’expérience est déjà relativement lente, et qu’elle se met en plus toute seule des bâtons dans les roues pour être moins pertinente.

Les photos et vidéos à la volée

À la différence des Ray-Ban Meta, les Blackview BV100 prennent des photos au format paysage, et non en mode portrait, et je trouve ça bien mieux pour des photos souvenirs d’un voyage, par exemple. La définition est de 6 560 x 4 928 pixels, contre 3 024 x 4 032 pixels pour les lunettes connectées de Mark Zuckerberg, mais cela ne veut évidemment pas dire que la qualité est forcément meilleure. Le leader joue sur des couleurs plus proches de la réalité quand ce concurrent mise sur de l’éclatant et du pétant, du moins quand les conditions optimales sont réunies.

Alors oui, les couleurs tirent un peu (beaucoup ?) vers le bleu, mais je trouve le rendu global plutôt satisfaisant en pleine lumière pour le prix, et même quand les rayons ardents du soleil n’arrivent pas tous jusqu’à nous. Dans une ville souvent nuageuse comme Londres, j’ai pu faire des clichés relativement exploitables de Big Ben ou du Tower Bridge, le fameux pont où a été filmée la scène avec Spider-Man et Mysterio dans Far From Home.

Évidemment, c’est en basse lumière que le résultat est beaucoup moins probant, avec un bruit qui s’invite rapidement sur les zones les plus sombres. D’ailleurs, c’est surtout de nuit que j’ai pris le plus de photos floues. Il faut bien marquer l’arrêt avec son corps, puis appuyer sur le bouton des lunettes, ne plus bouger et attendre le bruit du déclencheur pour continuer sa marche, mais même comme ça, c’était assez dur de prendre une photo nette dans les rues pourtant très éclairées de Shenzhen en Chine.

Côté vidéo, c’est aussi mitigé. Le capteur des lunettes filme en 1 600 x 1 200 pixels à 30 images par seconde et c’est plutôt joli à regarder même si ce n’est pas transcendant. Il n’y a d’ailleurs pas de stabilisation, même si une option dans l’application veut vous le faire croire, donc ne vous attendez pas à un résultat du niveau d’une GoPro quand vous marchez. De plus, la qualité du micro laisse clairement à désirer, même si ce n’est pas inaudible pour autant.

La relève de la garde à Londres avec les BV100
Une exposition de voitures avec les BV100

De nuit, les vidéos sont plus ternes avec encore plus de flous de mouvement, sans oublier l’apparition du bruit numérique dans les zones sombres, mais ce n’est pas catastrophique non plus.

Les rues de Shenzhen de nuit avec les BV100

Petite astuce : pensez bien à enlever le filigrane depuis les paramètres avant d’enregistrer vos photos et vidéos depuis l’application sur votre téléphone.

Une autonomie suffisante pour ce type de produits

Les Blackview BV100 possèdent une batterie de 220 mAh, pour laquelle le constructeur annonce jusqu’à 5 heures de lecture audio et 40 minutes de vidéo. Je vous avoue que je n’ai pas mis un chronomètre pour vérifier ça, surtout que les lunettes commenceraient à bien chauffer — l’application indique une possible surchauffe à partir de 9 minutes en continu –, mais dans un usage de vacances, par exemple, je n’ai pas eu à recharger les lunettes pendant mes 4 jours à Londres, où j’ai pris plus d’une centaine de photos et vidéos avec.

C’est amplement suffisant si vous avez un usage seulement photo et vidéo lors de sorties occasionnelles, mais l’autonomie chute bien plus rapidement si vous y mêlez des requêtes d’IA. Enfin, la recharge avec le port magnétique n’est pas rapide en soi vu la petite capacité de la batterie, mais comptez un peu plus d’une heure pour passer de 0 à 100 %.

Les Blackview BV100 avec leur fil de recharge

Prix et disponibilité

Les Blackview BV100 sont affichées au prix conseillé de 79,99 euros sur le site officiel de la marque, mais vous pouvez souvent les trouver en promotion aux alentours de 50 euros sur d’autres sites comme AliExpress.


Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.

Note finale du test
4 /10
On peut dire que les Blackview BV100 remplissent exactement le contrat que l'on attend d'elles : satisfaire une curiosité pour les lunettes connectées sans y mettre le prix fort. Si vous cherchez un gadget amusant pour capturer rapidement des photos souvenirs au format paysage lors d'une balade ensoleillée, elles feront l'affaire. L'autonomie est rassurante et le boîtier de transport robuste ajoute une touche qualitative inattendue à ce tarif.

Cependant, il ne faut pas s'y tromper : on est très loin de l'expérience premium des Ray-Ban Meta. Entre une intelligence artificielle balbutiante qui peine dans les requêtes plus difficiles, quelques photos floues, des vidéos qui patissent de la qualité du micro, un son digne d'un vieux lecteur cassette et, surtout, une fragilité matérielle avérée (il ne me reste qu'un haut-parleur sur deux après une chute bénigne), les concessions sont assez importantes. Bref, c'est un brouillon technologique sympathique pour s'initier au concept et à ressortir occasionnellement, mais ce n'est certainement pas un accessoire fiable à intégrer à son quotidien.

Points positifs
Blackview BV100

  • Agréables à porter

  • Des boutons bien placés

  • Les photos et vidéos au format paysage

Points négatifs
Blackview BV100

  • Un produit très fragile

  • Une IA pas très utile

  • Un son médiocre

  • Des couleurs qui tirent vers le bleu

Recherche IA boostée par
Perplexity