J’ai testé les Qwen Glasses : bien plus qu’une copie des Meta Ray-Ban

Alibaba change de monture

 
On a enfin un vrai concurrent aux Meta Ray-Ban. Alibaba débarque avec ses Qwen Glasses et, sur le papier, la proposition est solide.
Qwen Glasses sur le nez de Chloé // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Quand on voit les Qwen Glasses pour la première fois, on pense immédiatement aux Ray-Ban Meta. Il faut dire que les deux stands sont côte à côte au MWC.

Keynote au MWC // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Le look, la caméra dans le coin de la monture, l’idée d’avoir un assistant dans les oreilles. Mais s’arrêter à la simple copie serait une erreur. Alibaba a bien compris que le hardware n’est qu’un véhicule pour son intelligence artificielle maison, Qwen.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Transformer vos lunettes en un portail vers tous les services du groupe… commander un repas, réserver un hôtel ou payer avec Alipay sans jamais sortir votre smartphone de votre poche. En Chine, c’est une réalité qui arrive dès le 8 mars. Pour nous, en Europe, il faudra attendre 2026 pour voir si l’adaptation des services suit le hardware.

Deux modèles pour deux usages bien distincts

Alibaba décline sa gamme en deux versions. La S1, c’est le modèle premium. Elle embarque un double affichage micro-OLED vert capable de monter à 2300 nits. Cela permet d’afficher un prompteur au milieu de votre champs de vision pour vos discours ou les paroles de votre chanson préférée en temps réel. Avec un poids de 51 grammes, on reste sur quelque chose de très portable malgré la technologie embarquée.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

La version G1 est plus proche de ce que fait Meta. Pas d’écran ici, on mise tout sur l’audio et la capture. Elle est plus légère, environ 40 grammes, et se décline en plusieurs couleurs, dont des versions solaires. C’est l’accessoire « lifestyle » par excellence. Mais dans les deux cas, le moteur reste le même : une puce Snapdragon AR1 couplée à un coprocesseur basse consommation.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Le capteur photo : c’est un Sony IMX681 de 12 mégapixels. Il filme en 3K à 30 images par seconde. C’est propre, suffisant pour du contenu social ou pour que l’IA comprenne ce que vous regardez. Car c’est là que réside la vraie force de l’appareil. L’IA multimodale Qwen analyse votre environnement pour répondre à vos questions ou traduire des textes à la volée.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Et ils ont eu une bonne idée pour la gestion de l’énergie. L’angoisse de la batterie vide, c’est le problème numéro un des lunettes connectées actuelles. Alibaba a trouvé la parade : des batteries interchangeables situées dans les branches. Vous les clipsez, vous les déclipsez, et vous les rechargez dans un boîtier dédié.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Côté ergonomie, Alibaba a joué la carte de la simplicité efficace. Vous avez trois options pour piloter l’engin : la voix, avec le mot-clé « Hey Qwennie » qui réveille l’assistant, une zone tactile sur la branche gauche pour les balayages classiques, et un petit bouton physique très discret.

Un clic sec pour une photo, un appui long pour déclencher la vidéo. C’est intuitif, ça ne réinvente pas la roue, mais au moins, ça fonctionne du premier coup sans avoir l’air de se battre avec sa monture en plein public.

Quant à l’affichage, il se place pile au centre de votre champ de vision. C’est du texte vert, ultra-lisible, basé sur la technologie de micro-affichage que Xgimi et Meta utilisent déjà.

L’écosystème Alibaba comme argument de vente

Au-delà de la fiche technique, c’est l’intégration logicielle qui intrigue. Les Qwen Glasses ne sont pas juste des caméras sur votre nez. Elles sont reliées à l’application Qwen qui pilote tout l’écosystème Alibaba. Qwen, c’est le LLM d’Alibaba, équivalent à Google Gemini, Meta AI ou OpenAI ChatGPT.

Qwen Glasses // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

En clair, vos lunettes deviennent un agent capable d’exécuter des tâches complexes comme appeler un taxi sur Didi ou gérer vos achats sur Taobao.

Cette approche « agentic » est ce qui manque encore un peu à la concurrence occidentale. Ici, l’IA ne va pas juste parler, elle agit. Bien sûr, pour que cela fonctionne chez nous, Alibaba devra nouer des partenariats locaux solides. Une version internationale est prévue pour 2026, ce qui laisse le temps de voir comment le marché évolue et si les utilisateurs sont prêts à confier leurs paiements à leurs montures.

Ici, Alibaba propose un produit fini, bien pensé, qui corrige les défauts de jeunesse des modèles existants. Le prix en Chine n’est pas donné, environ 500 € pour la version S1 et 280 € pour la G1. Si la marque arrive à maintenir ces tarifs lors de l’exportation, Meta aura une vraie concurrence.


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