Le service de musique en ligne Rdio change de main. Déclaré en faillite, il vient d’être acheté par son concurrent Pandora pour une bouchée de pain, qui voit là l’occasion d’accroître a présence à l’international.

pandora

75 millions de dollars. C’est la somme que Pandora annonce dépenser, en cash, pour acquérir brevets et technologies de Rdio, qui vient de se déclarer en faillite. Quelques années plus tôt, la plateforme musicale, alors préinstallée d’office sur de nombreux terminaux mobiles, avait atteint une valorisation de 500 millions de dollars : autant dire que Pandora acquiert son concurrent à prix véritablement cassé. À la cession, « de nombreux membres de l’équipe Rdio se verront offrir des postes chez Pandora, selon les clauses de l’accord », précise l’acheteur, sous-entendant que le reste des employés Rdio sera laissé sur le carreau.

Quant à Rdio, son « service ne sera pas interrompu aujourd’hui », mais continuera de recevoir « des mises à jour dans les prochaines semaines, relevant de ce que ce processus implique pour votre compte Rdio ». On sait toutefois qu’à la clôture de l’acquisition, Rdio devra fermer ses portes.

rdio

Accroître son catalogue et sa présence internationale

Côté Pandora, les choses sont plus claires. Le service, en perte de vitesse, fait face à la concurrence de Spotify ou, plus récemment, d’Apple Music et YouTube RED /Music, d’autant que son offre comporte des limitations notables, telle l’impossibilité de passer une chanson ou de revenir en arrière. Et surtout, il n’est disponible que dans de rares pays extérieurs aux États-Unis, en raison de problèmes de licences. Difficultés que le rachat de Rdio, présent dans près de 80 pays, devrait permettre de résoudre.

Brian McAndrews, le CEO de Pandora assure ainsi son intention de « définir le nouveau chapitre de l’histoire de la croissance de Pandora (…) Inclure la technologie impressionnante de Rdio et ses talents ajoutera de nouvelles dimensions et améliorations à notre service. Je ne pouvais pas être plus optimiste quant au futur de Pandora et au futur de la musique ». À sa prise de parole auprès des investisseurs, McAndrews a clarifié ses objectifs : devenir la plus grande plateforme musicale en 2016. On l’a d’ailleurs vu, au début du mois, amorcer un accord avec Sony, inaugurant la reprise des négociations avec les majors musicales, pierre d’achoppement de son service jusqu’alors. Il faut en effet savoir que le taux des royalties versé par Pandora aux maisons de disques est fixé par le gouvernement et non par les majors, ce qui a de longue date terni ses relations avec les labels.

Plus grand catalogue, expansion à l’international et acquisition des brevets de Rdio : Pandora sera résolument à surveiller de près en 2016, dès lors que l’acquisition de son concurrent sera complète.