
Michael McGrath, commissaire européen chargé de la protection des consommateurs, a été interrogé par des journalistes au Parlement européen de Strasbourg. Sa réponse ne va pas plaire à ceux qui comptaient sur l’Europe pour sauver le disque : une entreprise reste libre de distribuer ses jeux comme elle l’entend, du moment qu’elle respecte la loi.
« Il s’agit de libertés commerciales et contractuelles, et les entreprises sont libres de proposer des jeux et des services comme elles l’entendent, pourvu que les droits des consommateurs soient pleinement protégés », a-t-il expliqué à la presse. Tant que Sony ne viole pas la réglementation, les autorités n’ont pas à s’en mêler.

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Rappel des faits. Le 1er juillet 2026, Sony a annoncé l’arrêt de la production de disques pour ses nouveaux jeux à partir de janvier 2028. Les titres déjà sortis ou prévus avant cette date resteront disponibles en boîte, mais tout ce qui arrivera ensuite sera vendu uniquement en numérique. La colère des joueurs ne retombe pas, et l’entreprise a même repris la parole pour tenter de calmer le jeu, sans grand succès.
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Pourquoi l’UE ne peut rien faire
McGrath a fait le lien avec un autre dossier récent : la pétition européenne « Stop Killing Games », qui réclamait que les jeux restent jouables après l’arrêt de leurs serveurs. En juin 2026, la Commission a refusé de légiférer sur ce point, préférant discuter d’un code de bonne conduite avec l’industrie. Pour le commissaire, arrêter de fabriquer un produit physique est un cas encore plus net : cela relève d’une simple décision commerciale.
La logique ne vise d’ailleurs pas que PlayStation. Si Nintendo abandonnait ses cartouches ou Microsoft ses disques Xbox, le raisonnement de Bruxelles serait exactement le même. Le calendrier tombe mal pour Sony sur un autre terrain : le patron de Sony a vendu plus de la moitié de ses actions deux jours après l’annonce. Et une conséquence moins visible se dessine, puisque le tout-numérique privera des dizaines de pays où le PlayStation Store n’existe pas.
Les revendeurs montent au créneau, Sony ne bouge pas
La grogne ne se limite pas aux joueurs. Au Royaume-Uni, l’Entertainment Retailers Association (ERA), qui représente les revendeurs de jeux, musique et vidéo, a tapé du poing sur la table. Sa directrice générale Kim Bayley qualifie la décision de Sony de « triomphe de la commodité des entreprises sur le choix du consommateur », rappelant qu’un disque peut être prêté, revendu, collectionné et joué des années plus tard.
Le problème, c’est que ces arguments pèsent peu face à l’économie du numérique. Sur un jeu vendu en boîte, Sony reverse une part au revendeur ; sur le PlayStation Store, il garde 100 % du prix. La part du numérique dans les ventes de jeux complets sur consoles PlayStation est passée d’environ 13 % en 2013 à près de 80 % en 2025, selon le cabinet Ampere Analysis. Une pétition où les joueurs s’opposent à la mesure a dépassé les 300 000 signatures, mais Sony a déjà tourné la page : sa plus grande usine de disques, en Autriche, se reconvertit dans la fabrication de microlentilles optiques, avec environ 30 millions d’euros investis dans du nouveau matériel.
Pour les collectionneurs et ceux qui tiennent à posséder vraiment leurs jeux, la bataille semble perdue d’avance. L’Europe ne bougera pas, l’usine change de métier et la future PS6 se profile sans lecteur de disque. Il faudra donc composer avec le tout-numérique à partir de 2028, que l’on soit d’accord ou non.

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