Le patron de Sony vend 56 % de ses actions deux jours après l’annonce de la fin des jeux PlayStation physiques

Un timing qui interroge

 
Deux jours après avoir acté la fin des jeux PlayStation sur disque, le patron de Sony a vendu plus de la moitié de ses actions. Le timing tombe mal.
Manette Sony DualSense noire // Source : Louise Audry pour Numerama

Le calendrier interroge. Le 1er juillet, PlayStation annonce l’arrêt de la production de ses jeux sur disque à partir de janvier 2028. Le 3 juillet, Hiroki Totoki, président et CEO de Sony, revend une grosse partie de ses actions de l’entreprise. Deux jours d’écart, et un document boursier officiel pour tout acter.

L’information vient d’un dépôt à la SEC, le gendarme boursier américain, repéré par Insider Gaming. Le formulaire (un « Form 4 », la déclaration obligatoire quand un dirigeant vend ses propres titres) montre que Totoki a cédé 225 000 actions Sony le 3 juillet, à 21,02 dollars pièce. Soit environ 4,73 millions de dollars (environ 4,15 millions d’euros au taux actuel). Ce paquet représentait 56,5 % de sa participation directe dans cette catégorie d’actions. Après l’opération, il lui reste 173 250 titres.

Un timing qui alimente les soupçons

Concrètement, un dirigeant qui vend ses actions, ce n’est pas illégal et ça arrive tout le temps. Le dépôt SEC ne donne aucune explication sur le moment choisi, et rien n’indique une infraction. Le problème, c’est le contexte. La vente tombe en plein tourbillon autour de la fin du support physique, alors que les joueurs multiplient les pétitions et que Sony se terre dans le silence.

D’ailleurs, le geste de Totoki n’est pas isolé. D’après le même dépôt, d’autres dirigeants ont vendu des titres Sony ces derniers mois : l’ancien CEO Kenichiro Yoshida a cédé 400 000 actions, et le directeur de la stratégie Toshimoto Mitomo 25 000 actions le même 3 juillet. De quoi renforcer l’impression d’un mouvement de fond au sommet de l’entreprise, même si rien n’indique une concertation.

Il y a aussi un précédent qui n’aide pas. Jim Ryan, ancien patron de PlayStation, avait lui aussi vendu une part importante de ses actions Sony en décembre 2023, quelques mois avant de quitter son poste. De quoi nourrir les théories, même si vendre 4,7 millions de dollars d’actions quand on gagne déjà presque autant en salaire ne prouve rien à soi seul. Une vente peut aussi suivre un plan programmé à l’avance, indépendant de l’actualité.

Pour le joueur qui suit l’affaire, cette vente ne change rien à la décision de fond : les nouveaux jeux PlayStation passeront au tout numérique en 2028, et une partie du public riposte déjà en résiliant son abonnement PlayStation Plus. Ce mouvement boursier n’est qu’un signal de plus dans une crise de confiance qui grossit. Sans explication de Sony, on en reste aux faits : le patron a vendu la moitié de ses actions au pire moment possible.


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