
Sur son compte X, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, s’est emparé de deux annonces récentes du jeu vidéo : la sortie de GTA 6 sans version disque en 2026, et la décision de Sony de stopper la production de jeux physiques sur PlayStation dès janvier 2028. Le patron de La France insoumise en tire une formule qui résume son angle : « Demain, vous paierez sans jamais rien posséder. Ni prêt, ni revente, ni garantie de conserver ce qu’on a payé. »
Pour aller plus loin
Voici la solution la moins chère pour jouer à GTA VI dans de bonnes conditions grâce à cette offre Amazon
Sa proposition : considérer le jeu vidéo comme un bien culturel et non plus comme une simple marchandise, au même titre que le livre ou le film, et lui appliquer les droits qui vont avec. Il annonce vouloir ouvrir ce chantier en 2027, année de la présidentielle. Le timing n’a rien d’un hasard : la cible, ce sont clairement les jeunes joueuses et joueurs, un électorat que LFI courtise depuis des années.
Le vrai problème derrière la punchline : on n’achète plus, on loue
Le fond du propos tient debout. Avec un jeu dématérialisé, il n’y a plus de disque à prêter, à revendre ou à ranger dans une étagère. Le titre est rattaché à un compte sur une plateforme (PlayStation Store, Steam, Xbox…), et l’éditeur garde la main. Sony l’a d’ailleurs formulé sans détour dans son annonce officielle : à partir de janvier 2028, les nouveaux jeux ne seront disponibles qu’au format numérique, en boutique en ligne ou via des codes vendus chez les revendeurs. Le mouvement est déjà largement engagé, puisque les téléchargements représentaient 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 lors du dernier exercice fiscal de Sony. La bascule actée par Sony pour 2028 ne fait qu’enterrer un support déjà marginal.

![26_[FR]_ATLAS_Frandroid-Asset-R1 copie 26_[FR]_ATLAS_Frandroid-Asset-R1 copie](https://c0.lestechnophiles.com/images.frandroid.com/wp-content/uploads/2026/06/26-fr-atlas-frandroid-asset-r1-copie-1200x446.jpg?key=1346a429)
Restez concentré plus longtemps. Son dossier RE-CURVE™ s’adapte à votre morphologie pour un soutien lombaire total. Idéale pour le home office, elle offre un confort sur-mesure et un design moderne pensé pour la performance.
Ce basculement n’est pas qu’une intuition d’homme politique : en France, la justice a déjà tranché contre les joueurs. Dans un arrêt du 23 octobre 2024, la Cour de cassation a donné raison à Valve, l’éditeur de Steam, face à l’association UFC-Que Choisir : un jeu vidéo acheté en version dématérialisée ne peut pas être revendu d’occasion, contrairement à un jeu sur disque. Le droit français distingue donc nettement le support physique, revendable, du numérique, verrouillé. C’est ce déséquilibre que vise Mélenchon.
Une bonne cause, un levier discutable
Promettre une loi française pour encadrer un marché mondial dominé par des géants américains et japonais, c’est ambitieux.
Le débat se joue en réalité à l’échelle européenne : après ses revers en justice, l’UFC-Que Choisir a saisi la Commission européenne en 2025, estimant que seule la Cour de justice de l’Union européenne pourra harmoniser les droits des joueurs entre le physique et le numérique. Une loi hexagonale isolée pèserait peu face à Sony, Microsoft ou Valve.
Le raisonnement comporte aussi un angle mort : l’impact écologique. Presser, emballer et transporter des millions de disques a un coût environnemental que le tout-numérique réduit. Défendre le retour du physique au nom des droits du consommateur revient à oublier cet argument écologique. Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question de la revente : en actant la fin du disque, Rockstar et Sony fragilisent tout le marché de l’occasion, dont vivent les enseignes spécialisées.
Le débat dépasse d’ailleurs le seul jeu vidéo. Fin juin, Sony a prévenu certains utilisateurs du PlayStation Store que 551 films et séries distribués par StudioCanal seraient retirés de leurs bibliothèques à compter du 1er septembre 2026, faute d’accord de licence renouvelé. Un rappel concret que le contenu numérique « acheté » reste révocable du jour au lendemain.
Politiquement, c’est malin. Jean-Luc Mélenchon transforme un débat technique en question de droits du consommateur, et rappelle qu’il s’intéresse à la vie quotidienne des jeunes. Sur le fond, il met le doigt sur un vrai basculement : on paie de plus en plus cher pour un droit d’accès révocable, pas pour une possession. Ceux qui veulent encore choisir leur console pour jouer à GTA 6 ou le précommander feraient bien de le garder en tête : car le disque, lui, leur appartient vraiment.
Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google News (et Numerama).

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.