Apple et le FBI auraient-t-ils trouvé une fin à leur puissant bras de fer ? C’est possible, puisque le FBI vient de demander au juge le report de l’audition qui devait avoir lieu ce soir. Le bureau fédéral d’investigation a affirmé qu’une tierce personne aurait trouvé un moyen d’accéder aux données chiffrées de l’iPhone du terroriste de San Bernardino.

iPhone iOS (3 sur 3)

Ce soir, Apple et le FBI devaient se retrouver devant la justice pour que le juge décide si Apple était obligé, oui ou non, de déchiffrer, par n’importe quel moyen – et notamment la création d’une version spéciale d’iOS – le smartphone du tueur de San Bernardino. L’audition n’aura pas lieu, car le FBI a demandé au juge de la repousser à une date ultérieure. L’agence aurait en effet trouvé une solution, par l’intermédiaire d’une tierce personne, qui pourrait utiliser une faille d’iOS pour déchiffrer les données de l’iPhone 5C.

 

Une méthode encore incertaine

Pour Apple, le report de cette audition n’est pas une victoire puisque le FBI n’est pas encore certain de pouvoir accéder aux données du terroriste. L’agence doit d’abord tester la méthode sur d’autres téléphones afin d’être sûre de ne pas effacer les données de l’iPhone. Le FBI devra informer la justice de ses avancées d’ici le 5 avril. Si le FBI ne parvient pas à déchiffrer le téléphone de cette manière, le juge risque de forcer Apple à concevoir la version spéciale d’iOS permettant d’accéder aux données. Une hypothèse encore incertaine puisque dans une affaire de drogue, un juge avait interdit au Département de la Justice de demander à Apple de déchiffrer le smartphone du malfaiteur. Mais ici, il s’agit d’une affaire de terrorisme largement médiatisée.

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Une victoire des deux parties ?

Se passer d’Apple permettrait alors aux deux protagonistes de sortir victorieux de ce bras de fer. FBI réussirait à déchiffrer le téléphone du terroriste – qui ne semble pas détenir d’informations essentielles si l’on en croit les déclarations des différents acteurs – et Apple prouverait à ses clients sa volonté de ne pas aider les États la surveillance généralisée grâce à une version d’iOS qui risquerait de devenir une clef en or pour tous les services de renseignement. D’ailleurs, hier soir, lors de l’annonce de l’iPhone SE et de l’iPad Pro 9,7 pouces, Tim Cook a réaffirmé la volonté d’Apple de protéger les données personnelles de ses clients et des habitants des États-Unis.