L’annonce du Nokia 6 a fait la Une ce week-end, car le smartphone inaugure le retour de la marque Nokia sur le marché mobile. Un retour derrière lequel ne se cache pas Nokia, mais HMD, une autre entreprise finlandaise.

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Retour sur le rachat de Nokia Mobile par Microsoft

Après plusieurs années difficiles sur le marché mobile, depuis l’arrivée en force de l’iPhone et d’Android, Nokia décide en 2013 de revendre sa division mobile à Microsoft.

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Satya Nadella et Stephen Elop lors du rachat de Nokia Mobile par Microsoft.

Avec cette acquisition, la firme de Redmond met la main sur les équipes d’ingénieurs de Nokia Mobile, mais aussi sur la marque Lumia, les usines de l’entreprise finlandaise, un contrat d’utilisation de la marque Nokia jusqu’à en 2016, une licence d’utilisation de la cartographie Here Maps, et une licence pour l’utilisation des brevets de Nokia.

Depuis, Microsoft a revendu les usines et le droit de fabriquer des features phones Nokia (des téléphones « normaux ») à FIH Mobile, une filiale du chinois Foxconn. L’entreprise a également licencié massivement dans les équipes de Nokia. Microsoft a en effet changé de patron entre le rachat et sa mise en place. Steve Ballmer a laissé sa place à Satya Nadella et il est de notoriété publique que l’homme ne voulait pas de ce rachat.

 

Aujourd’hui, que reste-t-il de Nokia ?

Malgré la vente de sa division mobile, Nokia reste une entreprise indépendante située en Finlande et qui compte encore plusieurs activités. L’entreprise est notamment un acteur majeur de l’équipement réseau avec sa filiale Nokia Networks, autrefois connu sous le nom Nokia Siemens Networks.

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L’autre filiale importante du groupe, c’est Nokia Technologies qui s’occupe du portefeuille de brevet et de la marque Nokia. C’est à cette filiale que l’on doit le développement de la tablette Nokia N1 en 2014 fabriqué par Foxconn, ou la caméra Nokia Ozo pour la réalité virtuelle. C’est également elle qui a racheté le français Withings en 2016 et qui a plus récemment déclenché une nouvelle guerre de brevet avec Apple.

Enfin, c’est avec elle que HMD a négocié les droits d’utilisation de la marque Nokia sur les smartphones et les tablettes en 2016.

 

Le rôle de HMD

C’est donc ainsi que HMD entre dans l’équation. Il s’agit d’une jeune société finlandaise fondée par des anciens pontes de HTC, Microsoft ou Nokia. Il est important de préciser que HMD est une structure complètement indépendante de Nokia. Même si les deux firmes sont situées en Finlande, Nokia n’a, par exemple, pas investi d’argent dans HMD.

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Le retour de Nokia sur le marché mobile se fait donc par l’intermédiaire de HMD qui gère la communication et de la commercialisation des nouveaux téléphones. Si l’on est sûr que que Foxconn s’occupe de l’assemblage des appareils, la question de la recherche et du développement est assez complexe. Le schéma ci-dessus explique que Foxconn est en charge du pôle R&D mais que c’est HMD qui « développe » les smartphones de la marque Nokia. Ainsi, il est assez difficile de savoir si l’une des deux entreprises finlandaises mettra réellement la main sur les plans des smartphones, où si tout sera conçu en Chine.

Puisque HMD a la main sur la communication autour des produits, c’est aussi l’entreprise qui se charge de la page dédié aux téléphones sur le site de Nokia, et des comptes liés au marché mobile sur les réseaux sociaux comme la page Facebook Nokia Mobile qui a récemment annoncé des nouveautés pour la fin du mois de février.

 

Qui sont les dirigeants d’HMD ?

Rien de mieux pour présenter HMD que de lister quelles sont les personnes à la tête de l’entreprise. Citons en particulier :

  • Arto Nummela, directeur général d’HMD : Il était employé de Nokia de 2000 à 2014 avant de devenir vice-président des ventes en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient chez Microsoft de 2014 à 2016.
  • Pekka Rantala, en charge du marketing chez HMD : Il travaille chez Nokia de 1994 à 2011,  et devient ensuite notamment président de Rovio (Angry Birds) entre 2014 et 2015.
  • Florian Seiche, président d’HMD : Il a occupé des rôles clés chez Siemens, Orange, HTC, Nokia et Microsoft Mobile.
  • Jean-François Baril, co-fondateur et directeur de HMD : Il a été membre du board de Vertu, et a travaillé chez HP, Compaq, Nokia et Devialet.
  • Mikko Kahlos, directeur de la branche smartphone : Il était en charge de la relation avec les entreprises pour Microsoft Mobile. Il a surtout été Product Manager chez Nokia de 2007 à 2013. Le Nokia Lumia 520 fait partie de ses réalisations.

Comme on peut le voir, toutes les personnes occupant les postes-clés de l’entreprise sont tout de même des anciens de Nokia ou de l’industrie en général. Il ne s’agit donc clairement pas d’une petite start-up qui se lancerait avec des rêves plein les yeux, mais d’une entreprise fondée par des vétérans du marché.

 

Que doit-on attendre des nouveaux produits HMD ?

HMD a débuté l’année par l’annonce du Nokia 6, son premier smartphone qui est pour le moment réservé à la Chine. Grâce aux différentes entrevues échangées entre la presse et les dirigeants d’HMD, on comprend que le lancement du Nokia 6 était un test avant le lancement à plein régime dans le reste du monde plus tard cette année.

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D’après un distributeur officiel de Nokia, HMD aurait prévu de sortir 5 à 6 smartphones en 2017. La société a toutefois prévenu qu’elle ne ferait pas la course aux caractéristiques techniques dans un premier temps. Les concepteurs veulent miser sur ce qui faisait la qualité de la marque Nokia sur le marché, ce qui d’après eux se traduit par une excellente qualité de fabricant, de la robustesse, une bonne autonomie et un produit simple à utiliser.

Avec HMD, fini l’influence de Microsoft ou les essais de smartphones sous Meego ou Symbian : les nouveaux smartphones Nokia sortiront tous sous Android. De plus, la marque a insisté sur le fait qu’elle intégrera toujours la dernière version en date du système. On espère qu’elle s’occupera également correctement du suivi des mises à jour.

Il faudra attendre l’annonce d’un produit en Europe pour juger du degré de personnalisation d’Android effectué par le fabricant. Si elle est profonde, cela pourrait retarder le déploiement des mises à jour, comme c’est le cas chez Samsung.