L’année dernière, à peu près à la même période, Samsung lançait ses Galaxy S6 et S6 edge, deux smartphones qui ont été – sans grande surprise – aussi bien accueillis par la critique que par le grand public, comme le prouvent les bons résultats du constructeur en 2015. C’est également le moment où j’ai reçu le mien. Durant ces douze mois en sa compagnie, j’ai eu une relation forte avec ce téléphone, tout comme j’ai regretté à plusieurs reprises mon ancien Nexus 5 et comme je me suis surpris à rêver d’adopter certains des téléphones que je testais dans ces colonnes.

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Le retour d’un coup de cœur

Pour replacer le contexte, j’avais eu à l’époque de leur sortie les Galaxy S et S2, puis j’ai perdu peu à peu mon intérêt pour la marque avec le S3 et surtout les S4 et 5 qui m’ont particulièrement déçus à titre personnel. Avec le S6 edge pourtant, la marque sud-coréenne a réussi à me faire de l’œil à nouveau, ne serait-ce que par son design à la fois soigné et sortant de l’ordinaire. Il est vrai qu’à l’époque, le Galaxy S6 edge avait reçu de très bonnes critiques.

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À l’époque, à l’exception du Galaxy Note Edge et des quelques tentatives exotiques comme le Galaxy Round et le LG G Flex, le Galaxy S6 Edge était le premier smartphone doté d’un écran incurvé à être produit en masse. Ce design hors du commun a au moins le mérite de faire de l’effet en soirée. Après plusieurs mois avec le S6 edge, je ne compte plus le nombre de personnes qui ont marqué l’arrêt sur mon téléphone et son écran aux bords arrondis, des plus geeks comme des derniers dissidents qui continuent d’utiliser un 3310 en 2016. Aujourd’hui, l’effet est un peu retombé, mais le GS6 edge n’en reste pas moins très beau et remarquable.

Malheureusement cette esthétique se fait au détriment du confort de prise en main. Trop plat et aux arêtes trop tranchantes, le Galaxy S6 edge est loin d’être un plaisir à prendre en main. Possédant une coque à rabat « Smart Cover », ce défaut – depuis corrigé sur le Galaxy S7 – ne m’a jamais réellement gêné pour autant.

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Avec la coque, les bords ne touchent pas la paume ou presque

Cette coque a eu l’occasion d’amortir quelques chocs en un an, ce qui n’a pas empêché mon téléphone de faire quelques vols planés non protégés. Malgré tout, il présente toujours aussi bien et a très bien vieilli, malgré quelques griffures ça et là sur son cerclage métallique, qui attestent de son âge.

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De petites griffures sur les liserés argentés

Des ralentissements et des bords inutiles

Du côté de l’interface, c’est forcément au goût de chacun, mais je trouve que Samsung a fait énormément de progrès de ce côté, et une fois les icônes au look très enfantin modifiées grâce à un thème (Material Design dans mon cas), TouchWiz est tout à fait praticable. Avec le temps et le nombre grandissant d’applications installées, j’ai cependant commencé à ressentir des ralentissements et à subir des bugs au quotidien. La majorité de ces problèmes a néanmoins disparu avec la mise à jour récente vers Android 6.0 Marshmallow. Il ne me reste qu’à espérer qu’ils ne réapparaissent pas d’ici à l’arrivée d’Android N, auquel cas je pourrais me laisser tenter par une ROM personnalisée.

En ce qui concerne les volets latéraux, comme beaucoup, j’ai été très déçu. Le premier point justifiant cela est qu’avec une Smart Cover, la notification lumineuse n’est plus visible puisque le rabat recouvre entièrement le bord de l’écran. Quant aux autres fonctionnalités, comme les contacts rapides ou les raccourcis vers des applications, elles sont tombées dans l’oubli au bout de quelques jours, au point que j’ai fini par les désactiver totalement. Après la mise à jour vers Marshmallow, j’ai retenté l’expérience pour voir si les nouveautés apportées par cette nouvelle version changeaient la donne, mais il n’en est rien. Après quelques jours seulement, j’ai de nouveau désactivé cette fonction et l’écran courbé de mon Galaxy S6 edge se retrouve donc cantonné à un gimmick esthétique. Beau, certes, mais totalement inutile.

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Sur le long terme, ma plus grande déception concerne certainement le capteur d’empreintes qui, bien que plus réactif que sur le Galaxy S5, se montre assez lent en comparaison de ce qui se fait aujourd’hui. Après une semaine avec un Meizu PRO 5 ou un Huawei P9 par exemple, il est difficile de revenir sur le capteur du Galaxy S6 et les multiples essais parfois nécessaires pour déverrouiller le téléphone.

La puissance à court terme

Pour ce qui est des performances, Samsung a frappé un grand coup en 2015 et son Galaxy S6 edge et son processeur Exynos 7420 sont restés très longtemps au top. S’il n’est plus le meilleur actuellement, le S6 edge reste une bête de course, et il n’y a pas une application sur le Play Store capable de lui faire poser genou à terre. Malheureusement, cette puissance est contrebalancée par deux problèmes de taille.

Le premier, c’est la chauffe. La dissipation de chaleur du Galaxy S6 edge est importante et il en devient vite désagréable à utiliser, d’autant que cette sensation est présente aussi bien à l’avant qu’à l’arrière de l’appareil, et que même une coque n’empêche donc pas de se réchauffer les mains. Pire encore, l’utiliser pour de la réalité virtuelle grâce au Gear VR est impossible plus d’une petite demi-heure, le téléphone ayant alors besoin de se reposer.

Samsung Gear VR (1 sur 1)

Le second problème est bien évidemment l’autonomie. Le Galaxy S6 edge n’a jamais été le téléphone le plus endurant, mais en tant qu’ancien utilisateur du Nexus 5, j’étais particulièrement content de pouvoir tenir une grosse journée avec plus de 4h30 d’utilisation de l’écran sans avoir à m’inquiéter de désactiver le GPS ou de baisser la luminosité de l’écran. Après environ 8 mois cependant, c’est toutefois une autre mélodie. Je ne me déplace plus sans une batterie externe et je prends toujours le soin de mettre mon téléphone en charge à la rédaction si je sais que la soirée va être longue pour éviter toute mésaventure.

La photo, ou pourquoi je ne changerai pas

Mais ce qui fait vraiment la force du Galaxy S6 edge pour moi est sans conteste son appareil photo. Au moment de sa sortie, il a agréablement étonné tous ceux qui ont eu l’occasion de l’essayer, et encore aujourd’hui, il n’a été surpassé selon DxOMark que par les Galaxy S6 edge+, Galaxy S7, Sony Xperia Z5 et HTC 10.

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Pour dire vrai, un an après je suis toujours aussi agréablement surpris par la qualité des photos du S6 edge et il est devenu mon principal compagnon lors de mes déplacements, qu’ils soient professionnels ou personnels. Ce n’est toujours qu’un appareil photo de téléphone bien sûr, ce qui implique certaines limites, mais il réalise des clichés éblouissants en pleine journée lorsque toutes les conditions sont bonnes, et prodigue un résultat tout à fait correct en basse lumière.

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Après un an, je reste

Après un an en compagnie du Galaxy S6 edge, mon avis est plutôt mitigé et j’attends l’occasion de le remplacer pour un appareil qui aura davantage d’autonomie, un port microSD, et éventuellement une interface dépourvue de bugs. En ce sens, j’attendais beaucoup des Nexus de 2015, mais ni le 5X, ni le 6P ne m’ont convaincu, l’un à cause de ses performances limitées et l’autre de sa taille démesurée. Pour le moment, je me contente donc de mon Galaxy S6 edge imparfait et de sa batterie externe qui m’accompagne partout en attendant qu’un constructeur se décide enfin à proposer un téléphone qui me convienne davantage…