Les ministères de l’Intérieur et de la Justice ont déposé cette semaine un décret portant sur les assistants d’aide à la conduite, aussi appelés avertisseurs de radar. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, le gouvernement ne réclame pas leur interdiction.

Ce décret porte effectivement « interdiction de diffuser par l’intermédiaire des services électroniques d’aide à la conduite ou à la navigation tout message de nature à signaler les opérations de police dans certains périmètres ».

Notons bien la dernière partie de la phrase : « dans certains périmètres ». Il s’agit d’interdire aux avertisseurs de radar de type Coyote et aux applications de navigation communautaires telle Waze de signaler les contrôles de police, ce temporairement et dans un périmètre limité.

L’avertisseur de radar autonome Coyote Mini

Contre les fugitifs

Le décret porte en premier lieu sur des enjeux de sécurité « dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité organisée, de la recherche de détenus évadés ou de personnes enlevées ». Les applications signalent les radars et les policiers sur la base qu’ils se postent, selon la sécurité routière, dans des zones dangereuses. Les avertisseurs de radars sont d’ailleurs devenus des avertisseurs de « zones de danger ».

Qu’ils soient détournés de leur fonction sécuritaire par certains usagers circulant au-dessus des limitations de vitesse entre deux contrôles est une chose, qu’ils permettent à des terroristes ou à des délinquants d’échapper aux contrôles en est une autre.

Le Gouvernement pourra donc communiquer aux exploitants des services un périmètre de 20 km pendant lequel les signalements seront neutralisés, ce pour un maximum de 24 h.

Sécurité routière

Naturellement, la mesure serait étendue aux enjeux de sécurité routière, afin d’éviter que certains usagers de la route ne circulent alcoolisés ou drogués en sachant qu’ils peuvent esquiver les contrôles. L’alcool et les stupéfiants étaient impliqués en 2015 dans respectivement 866 et 501 décès et dans 3296 et 1623 hospitalisations.

Coyote et Waze déjà parés

Mais comme le soulignent nos confrères de 01net, les deux principaux exploitants de services d’aide à la conduite, Coyote et Waze, proposent déjà des procédures d’urgence. Elles ont d’ailleurs déjà servi, lors des attaques terroristes à Bruxelles en mars 2016.

Avec cette proposition de décret, la France veut entériner ces procédures. Le ministère ne pourra décider d’appliquer le décret que dans plusieurs mois, après avoir obtenu l’avis de la Commission européenne, des États membres et du Conseil d’État français.

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