Switch ou Swichera pas ? Depuis que les précommandes ont débuté et avec tous les détails qui sont arrivés ce matin, vous êtes nombreux à hésiter, beaucoup à avoir craqué… Le débat a été plutôt houleux à la rédaction, car nous restons des passionnés de nouvelles technologies et beaucoup d’entre nous sont gamers et partagent une certaine nostalgie avec Nintendo. Ce qui n’enlève pas le fait que nous avons des reproches à faire à la Nintendo Switch, les voici.


Un écran en définition HD, seulement

La Nintendo Switch est une tablette capable de se brancher à une station d’accueil, c’est sûrement la manière la plus simple de définir cette console de jeu. La tablette, élément central du produit, intègre un écran de 6,2 pouces en définition HD et en technologie LCD (certainement IPS). Un rapide calcul donne une densité de pixels de 203,97 PPI. L’idée n’est pas d’avoir la plus grosse densité de pixels, mais d’avoir une valeur adaptée au format de l’écran. Et les choses se corsent un peu.

Nintendo SwitchCaractéristiques
SoCCPU 4 x ARM Cortex-A57
GPUNVIDIA Maxwell, à priori un Tegra X1
Display6,2 pouces en définition 1280x720p et technologie LCD
Autonomie2,5 à 6,5 heures
Stockage32 Go NAND + microSDXC
I/OUSB Type-C
Date de sortie03/03/2017
Prix de lancement329,99 euros

Il est souvent difficile de savoir, en pratique, ce que vaut véritablement la qualité supposée d’un écran. Comme dans toute tentative d’élaboration d’une réponse, il faut un problème. Le problème ici, est donc celui de savoir ce que vaut véritablement un écran (qualité d’affichage et confort d’utilisation) à l’usage. Comment réunir le ressenti subjectif de chacun et des données plus objectives ?

Nous avons choisi de répondre à cette question avec une méthodologie maison, celle qui se nomme « densité angulaire » : le nombre de pixels perçus dans son champ de vision, ramené à un angle d’un degré, quelle que soit la distance considérée. Par exemple, un smartphone de 5 pouces est tenu à environ 35 centimètres yeux, 50 centimètres pour une tablette de 10 pouces. En prenant en compte la définition de l’écran, la taille et la distance d’utilisation, la densité angulaire permet de définir le confort d’utilisation d’un écran en se débarrassant d’une valeur absolue qui n’est pas pertinente seule : le fameux « ppp » (Pixels Par Pouce).

Une tablette comme la Nintendo Switch, plus petite, doit être bien plus proche des yeux qu’un iPad de 10 pouces pour occuper tout le champ de vision : à 45 cm, avec sa définition, on passe de 60 pp° en valeur absolue à 48 pp° en valeur subjective. Si l’on considère que la référence de densité angulaire pour voir un écran parfaitement net, sans aucun pixel, est de 80 pp°, la Nintendo Switch ne passe pas le test, sa définition d’écran est trop petite rapport à la taille de diagonale. Je vous ai mis l’accès au fichier à cette adresse.

D’ailleurs, nous retrouvons une définition HD sur les tablettes entrée de gamme à bas prix, et il faut remonter à 2012 pour retrouver une définition HD sur des tablettes à plus de 150 euros. Nintendo a fait un choix logique au vu des performances graphiques de sa console, néanmoins cela se fait au détriment d’autres usages que l’on peut avoir d’une console : consultation de textes, de photos, de vidéos (comme Netflix) ou encore de la navigation Web tout simplement.

 

Très peu de stockage interne à relativiser

La Nintendo Switch est équipée de seulement 32 Go, ce qui semble très peu lorsque l’on compare cette quantité de stockage avec les autres consoles de salon, comme la PlayStation 4 et la Xbox One. Ces dernières sont équipées de HDD entre 500 Go et 2 To. Nintendo de son côté a fait le choix d’une solution de mémoire flash NAND, que l’on retrouve sur la majorité des smartphones et tablettes actuels.

Les jeux physiques sont stockés sur des cartouches, ce qui n’a finalement que très peu d’impact sur le stockage interne

Nous ne pouvons pas critiquer ce choix d’un point de vue technique, surtout que Nintendo a également intégré un slot microSD afin de pouvoir étendre le stockage disponible. Néanmoins, d’un point de vue utilisateur, 32 Go de stockage interne va rapidement nécessiter d’investir dans une carte microSD à grosse capacité, ce qui engendra des coûts supplémentaires. Nintendo a déjà prévu de distribuer une partie du catalogue à travers le Nintendo eShop, vous aurez certainement à stocker beaucoup plus de contenu que votre smartphone ou votre tablette actuelle.

 

Une autonomie décevante

Nintendo a pris la décision de parler directement de l’autonomie, une question très sensible surtout auprès d’une audience grand public. L’audience annoncée de la tablette serait d’environ 2,5 heures à 6 heures, en fonction des usages. Sur le prochain Zelda, Nintendo annonce 3 heures d’autonomie. D’après notre expérience des produits mobiles, c’est le strict réglementaire pour un produit nomade. Les 6 heures d’autonomie annoncées doivent correspondre à un usage limité, une faible luminosité et l’utilisation d’applications qui nécessitent peu de puissance et peu de calculs graphiques, cela dépendra également de la connectivité (le WiFi, par exemple).

Sur les tablettes actuelles, comme l’iPad Mini 4 par exemple, selon LesNumériques, en lecture vidéo en flux via Netflix, la tablette réalise un temps de 11 heures et 26 minutes. Même en forçant, la petite tablette d’Apple ne passe sous les 10 heures d’autonomie avec une seule charge.

 

Une puissance graphique très juste

Qui dit tablette dit… architecture mobile. D’après ce que l’on sait, la Switch intégrera un Nvidia Tegra X1, la solution que l’on retrouve sur la Shield TV. Nous sommes habitués à ce type de solution sur FrAndroid, nous retrouvons quatre cœurs ARM Cortex-A57 qui sont censés fonctionner à une fréquence d’horloge de 1020 MHz indépendamment du fait que la console est posée (ou non) sur sa station d’accueil.

Du côté du GPU, ne vous attendez pas aux performances d’une PS4, ni d’une Xbox One. La référence reste la Shield TV, qui intègre la même architecture. C’est un box Android TV qui date de 2015, et qui a été très récemment remise au goût du jour sans aucun changement au niveau de ses performances. Cependant, la Nintendo Switch aura des performances bien en deçà de cette Shield TV. Le GPU avec 256 cœurs Maxwell et des capacités vidéo 4K ne sera pas exploité à sa pleine puissance sur la Switch. En gros : le GPU ne tournera pas à une fréquence d’horloge de 1 Ghz, mais certainement autour de 768 MHz branché sur la station, et sûrement autour de 400 MHz, débranché.

C’est pour cela que Nintendo annonce des définitions très justes pour le jeu Zelda, 720p sur la tablette et seulement 900p une fois branchée à la station d’accueil. Cependant, nous pouvons nous demander combien de développeurs iront faire l’effort de créer des jeux qui font usage de la puissance supplémentaire une fois connectée à la station, plutôt que d’opter simplement pour programmer une vitesse d’horloge GPU globale plus lente.

La puissance graphique devrait être acceptable sur certains jeux colorés, comme Mario Kart, mais elle devrait être bien trop limitée sur des jeux à géométrie plus complexe — comme Skyrim et Fifa par exemple. Nous devrions nous attendre à des performances en dessous de la PS3 et de la Xbox 360 sur ce type de jeux.

C’est vrai, tout le monde n’est pas du même avis à la rédaction,

 

Un prix élevé, difficile à justifier

La Nintendo Switch sera vendue à 329,99 euros au lancement, avec un pack plutôt complet. Enfin, si vous voulez jouer à 8, la facture dépasse facilement les 800 euros pour s’équiper des manettes et accessoires supplémentaires. Si nous regardons les seules caractéristiques techniques de la machine, ce prix n’est pas justifié : nous trouvons encore des tablettes à moins de 200 euros, plus puissantes sur Android et avec des écrans de meilleure qualité. Si nous tenons compte de la comparaison avec les consoles de salon, la Nintendo Switch est trop onéreuse : la Xbox One et la PS4 se sont lancées dans une vraie guerre des prix, il est possible de trouver ces produits à 250 euros, et même moins en fonction des promotions.

Enfin, nous n’avons pas encore évoqué le prix des jeux. Zelda est référencé à 70 euros, ce qui semble trop élevé, mais serez-vous prêts à mettre au moins 50 euros par jeu ? Beaucoup d’entre nous ont déjà du mal à dépenser 5 euros dans un jeu sur le Google Play Store.

 

Un catalogue de jeux au lancement trop léger

Enfin, nous sommes moins bien placés pour critiquer cette partie, mais la lineup nous semble très faible au lancement. Mise à part Zelda qui s’annonce excellent avec une aventure en monde ouvert, le Mario Kart 8 remixé devrait permettre aux fans de patienter un peu, le reste du catalogue est assez pauvre. Surtout que ces deux jeux sont également disponibles sur Nintendo Wii U. C’est ce qui a poussé Nintendo à rassurer son auditoire en annonçant pas moins de 80 titres actuellement en développement, et des dizaines de partenaires.

À lire sur FrAndroid : Nintendo Switch : quels sont les jeux planifiés et prévus ?

Selon nous, il manque un paquet de licences qui auraient pu rassurer les fans, et permettre à Nintendo d’assurer un peu plus son lancement.

 

Faut-il acheter la Nintendo Switch ?

C’est vrai, tout ce qui cloche selon nous n’arrêtera pas sûrement pas votre frénésie autour de cette console. Elle sera sans doute en rupture de stock dès son lancement, et cela pendant quelques semaines. Nous pourrons alors trouver des consoles sur eBay et LeBonCoin, à des prix dingues. Et concernant l’expérience de jeu, je ne doute pas qu’elle soit bonne. Nintendo a, encore une fois, fait quelque chose de très différent avec sa console, choisissant d’ignorer le matériel de ses concurrents haut de gamme en faveur d’une console à la croisée des chemins. C’est pour cela qu’elle nous intéresse beaucoup chez FrAndroid.

Si la Nintendo Switch vous intéresse (malgré tout) également, ce que l’on peut comprendre, vous trouverez beaucoup de détails et de réponses à vos questions dans cet article.