Si l’on en croit les médias japonais, la société Foxconn, le sous-traitant derrière la fabrication des iPhone, serait sur le point de racheter Sharp pour 2,5 milliards de dollars. Apple, directement concerné par ce rachat, aurait déjà donné son accord.

Sharp

Sharp est un acteur que l’on ne connaît pas très bien en Europe. Ce géant de l’électronique japonais est pourtant une société importante puisque c’est lui qui fournit une bonne partie des écrans des iPhone. Il possède également quelques smartphones Android, les Aquos, aux bordures d’écrans invisibles, mais ces téléphones restent cantonnés à l’archipel nippon. Surtout, depuis quelques années, Sharp doit faire face à de grosses difficultés financières.

Une dette immense

Comme beaucoup d’entreprises japonaises, la dette de Sharp est immense. Elle s’élève actuellement à 760 milliards de yens, soit 6,3 milliards de dollars. Et depuis 2012, Sharp a subi deux plans de restructuration imposés par ses investisseurs et les banques japonaises. Des plans de restructuration dont les effets escomptés ont été très limités et qui ont surtout mis en péril sa branche la plus prestigieuse, celle qui s’occupe des écrans. Au point que Sharp pensait s’en séparer dans les prochains mois.

Foxconn à la rescousse

Et c’est sûrement cette intention qui a poussé Foxconn à racheter Sharp. Pour l’instant, ce rachat n’en serait qu’au stade de la proposition. Selon l’agence de presse Kyodo, Foxconn aurait pour l’instant simplement proposé de racheter les actions de Sharp 50 % de plus que leur valeur réelle, soit l’équivalent de 300 milliards de yens ou 2,5 milliards de dollars. Surtout Foxconn s’engagerait à reprendre l’intégralité de la dette de Sharp et le sauverait d’un démantèlement ou d’une faillite. Foxconn et Sharp se connaissent déjà très bien puisque le premier possède 37,6 % des actions du second. Surtout, Foxconn et Sharp conçoivent et assemblent l’un et l’autre les iPhone d’Apple.

Une société japonaise aux mains des Taïwanais ?

Selon Kyodo, Apple, justement, aurait déjà donné son accord. La marque à la pomme a beau développer de son côté sa propre technologie d’écran et diversifier ses fournisseurs, elle a encore besoin de Sharp et de ses excellents écrans LCD. Ce rachat lui permettrait de conserver l’un de ses meilleurs sous-traitants.

L’affaire est toutefois encore loin d’être bouclée. Sharp étant une société japonaise, elle a besoin à la fois de l’accord des banques japonaises, qui la financent depuis deux ans, mais aussi du gouvernement japonais, qui verrait partir l’un de ses fleurons technologiques à Taïwan. Le dénouement de ce rachat devrait intervenir dans les prochaines semaines.