Les campagnes n’attendront pas le déploiement de la fibre optique pour bénéficier du très haut débit. Des opérateurs alternatifs préparent effectivement des offres dédiées aux zones rurales délaissées par les opérateurs historiques.

Certes, les opérateurs historiques proposent depuis peu des offres d’accès à internet fixe reposant sur leurs réseaux 4G. Bouygues Telecom a lancé la 4G Box en janvier 2017, puis Orange l’offre 4G Home en mars 2017. SFR réserve depuis peu une offre Box 4G Pro aux professionnels.

Mais aucun de ces trois opérateurs ne va au-delà de ses obligations de couverture en zones rurales, si bien que les zones mal desservies en internet fixe sont souvent tout aussi mal desservies en internet mobile. Cette situation constitue une opportunité pour des opérateurs alternatifs, qui déploient leurs propres réseaux sans fil, notamment dans des zones mal couvertes par les opérateurs historiques.

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Une « nouvelle » 4G

Après le WiMAX qui n’a pas tenu ses promesses et le Wi-Fi jugé artisanal, place à la 4G. Mais pas à n’importe quelle 4G, comme l’a exposé NomoTech dans un entretien accordé à nos confrères de Next INpact (réservé aux abonnés). Cet opérateur alternatif exploitera la 4G d’une nouvelle manière, ce à plus d’un titre.

Pour commencer, il installe ses antennes plus haut que les opérateurs historiques, exclusivement à plus de 30 mètres, par exemple sur des châteaux d’eau, afin de couvrir toutes les habitations des villages, et pas seulement leurs centres.

Il exploite aussi et surtout le multiplexage TDD-LTE, avec lequel l’émission et la réception se partagent tour à tour un même canal, plutôt que le multiplexage FDD-LTE des réseaux existants, avec lequel l’émission et la réception se font simultanément sur deux canaux distincts. Le TDD présente ici deux avantages : il permet de recourir au beamforming afin de focaliser les faisceaux vers les abonnés, et d’adapter en temps réel la répartition réception ou émission en fonction des besoins.

NomoTech ambitionne enfin d’exploiter un spectre de 40 MHz sur la bande des 3,5 GHz, une fréquence nettement moins encombrée que celles actuellement utilisées pour la 4G mobile. Mais l’ARCEP n’a pas encore attribué ces nouvelles bandes de fréquences et l’opérateur n’a pas la certitude d’obtenir son spectre.

Une première offre dès septembre

Quoi qu’il en soit, l’opérateur NomoTech a récemment annoncé le lancement de sa future offre d’accès à internet, par le biais de sa filiale grand public Ozone. Ce FAI proposera 30 Mb/s en réception et 5 Mb/s en émission, sans quota, pour environ 30 euros par mois. Cette offre est attendue dès le mois de septembre en Seine-et-Marne, puis dans un second temps dans d’autres départements. Et il envisage à terme d’atteindre 100 Mb/s en réception et 30 Mb/s en émission.

En somme, la 4G n’égale pas la fibre optique, qui délivre dès à présent 1 Gb/s pour 30 euros par mois, mais elle aura le mérite de concrétiser à court terme le très haut débit en zones rurales.

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