
Quelle est la situation de SFR ?
Le groupe Altice France accuse une dette estimée à 15 milliards d’euros. Début juin, l’opérateur au carré rouge a été placé en procédure de sauvegarde accélérée. Une procédure qui concerne les entreprises en difficulté, telles qu’Altice France.

« Cette procédure standard s’inscrit dans le cadre de l’implémentation de l’accord d’Altice France avec ses créanciers. C’est donc la dernière phase après celle de conciliation qui s’est achevée avec des taux d’acceptation de l’accord supérieurs à 90 % » rapportait une source proche d’Altice à BFM Business.
Le lundi 4 août 2025, le tribunal des activités économiques de Paris a validé le plan de restructuration de la dette d’Altice France qui intègre SFR. Ce qui a permis de réduire la dette de 24 à 15 milliards d’euros. Mais pour les représentants du personnel, ce plan est surtout le point de départ d’une vente à la découpe de l’opérateur qui entraînerait la suppression de milliers d’emplois. En juillet, Arthur Dreyfuss, président d’Altice France, assurait qu’aucune vente n’était lancée.
« Il n’y a pas de processus de vente de SFR en cours et aucune offre, pas même indicative et sans valeur, n’a été reçue à date. »
Le Parquet de Paris avait validé en préambule un plan de restructuration de six des neuf sociétés composant le groupe Altice France. Une décision accueillie favorablement par le syndicat majoritaire Unsa qui estime que SFR n’a pas à assumer les dettes de l’empire de Patrick Drahi. Ce même syndicat a annoncé faire appel de la décision récente de restructuration de la dette. Sauf que la situation a ensuite rapidement évolué…
Une offre conjointe d’Orange, Bouygues Telecom et Free

Les trois autres opérateurs que sont Orange, Bouygues Telecom et Free se sont fendus d’un communiqué commun. Une offre conjointe de 17 milliards d’euros a été posée sur la table pour reprendre les actifs de SFR en se partageant les activités de l’opérateur. Bouygues emporterait la plus grosse part du gâteau tandis que Free renforcerait son offre sur le marché des professionnels tandis qu’Orange se contenterait d’une partie des infrastructures et de l’activité grand public.
Après avoir été éconduits, les trois opérateurs réunis ont travaillé sur une nouvelle offre. Altice France a en effet repoussé dans la foulée cette offre dans un communiqué envoyé à ses employés. L’entreprise estimerait ses actifs à hauteur de 27 milliards d’euros, Patrick Drahi a lui-même fixé un prix plancher de 23,4 milliards d’euros.
Des tensions mais une seconde offre dans les cartons
Entre la première et la seconde offre, le consortium composé d’Orange, Bouygues et SFR a connu quelques turbulences comme l’expliquait le PDG de Bouygues : « c’est déjà un exploit que l’on ait réussi à faire une première offre à la mi-octobre« .
Mais c’est désormais chose faite : le trio a à la mi-avril déposé une seconde offre à hauteur de 20,35 milliards d’euros, acceptée par Patrick Drahi. La vente de SFR n’est pas actée pour autant, à l’heure actuelle, les acteurs du dossier sont encore en phase de négociations « exclusives », d’autant plus que d’autres potentiels obstacles demeurent. Il y a d’abord les créanciers de Patrick Drahi qui doivent d’abord donner leur aval. Ces derniers étant actionnaires à hauteur de 45 % d’Altice France, ils ont un droit de regard sur le dossier et siègent aussi à la table des négociations.
Il y a d’abord le passage devant les autorités de la concurrence, et depuis qu’Orange est devenu un opérateur européen avec l’acquisition de MásOrange en Espagne, le dossier a de fortes chances d’être examiné par Bruxelles. La doctrine européenne est, certes, favorable aux consolidations et à tout ce qui alimente la compétitivité européenne, les régulateurs ne seraient pas forcément aussi connaisseurs des spécificités de notre marché que des régulateurs français.
Altice compterait vendre plus de 50 % de SFR
Le scénario d’un retour à trois opérateurs en France semble être de plus en plus crédible. Selon les informations de Bloomberg, Patrick Drahi, via Altice France, compterait vendre une participation majoritaire dans SFR. Concrètement, cela veut dire que le groupe cherche à vendre plus de 50 % du capital de SFR à un ou plusieurs repreneurs, sachant qu’il en possède aujourd’hui 55 %. Dans les prochains mois, SFR changera très certainement de propriétaire selon qui s’attribuera la plus grosse part du gâteau.
Selon la banque J.P. Morgan, l’opération valoriserait SFR à hauteur de 20,5 milliards d’euros, et ce uniquement si la vente mène à une consolidation du marché des télécoms. Sans consolidation, SFR ne vaudrait pas plus de 16,5 milliards d’euros. Si Patrick Drahi a fixé un prix plancher de 23,4 milliards d’euros, la crainte des racheteurs de trouver des « cadavres dans le placard » les mène à ne pas céder aux exigences de l’homme d’affaires. L’affaire Armando Pereira, bras droit de Drahi au cœur d’une affaire de corruption, pèse encore dans les esprits.
La vente de l’opérateur au carré rouge permettrait au groupe Altice d’effacer une grosse partie de sa dette qui s’élève à plus de 60 milliards d’euros à l’échelle mondiale, mais au prix de la perte d’un de ses principaux actifs en France. Encore selon Bloomberg, les informations sur SFR ont été transmises à plusieurs acheteurs potentiels.
Dans les processus de vente, l’opérateur au carré rouge cherche à renflouer ses caisses. Pour ce faire, la vente d’Infracos, qui gère des antennes relais sur le territoire français, est entrée dans la balance. Une vente qui a rapporté un produit brut de 480 millions d’euros.
Plus tôt, Bouygues Telecom avait fait l’acquisition, après un feuilleton de plusieurs mois, du premier MVNO de France : La Poste Mobile. Actuellement, c’est un autre joyau d’Altice France qui se prépare à être vendu : XpFibre.
Plusieurs repreneurs potentiels en France et au Moyen-Orient
Plusieurs prétendants au rachat de SFR se sont déjà positionnés, mais des opérateurs étrangers comme l’émirati Emirates Telecommunications Group et des fonds d’investissement pourraient être aussi de potentiels acquéreurs. Un scénario à l’étude si les négociations avec le trio Orange-Bouygues-Iliad tombe à l’eau. Or, si la vente ne mène plus à une consolidation du marché, Altice France devra revoir la valorisation de SFR à la baisse.
Dernier problème : le temps. Si le dossier traîne en longueur, la vente de SFR pourrait devenir un sujet lors de la prochaine campagne présidentielle. Ce que voudrait absolument éviter Patrick Drahi, c’est que le contexte politique serve de caisse de résonance aux craintes que suscite la vente.
On parle notamment de casse sociale chez Altice France, quand bien même Orange, Bouygues et Iliad assurent que le rachat sera socialement raisonnable. En dehors de ça, il y a également la question d’une hausse généralisée des prix sur le marché des télécoms alors que le pouvoir d’achat est amené à être un thème central des prochaines élections présidentielles.
Enfin, si les négociations avec le consortium des trois opérateurs tombent à l’eau et que des racheteurs étrangers se positionnent, c’est un débat sur la souveraineté de nos infrastructures qui pourrait émerger. Autant de raisons qui poussent Patrick Drahi à se débarrasser au plus vite de SFR, quitte à faire des compromis.
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