Après avoir testé le Sony Xperia S, fleuron de la marque, il était grand temps de vous dire quelques mots des deux petits frères, les Sony Xperia P et U. Petits frères, simplement par la taille en fait, parce que Sony a fait en sorte que chaque smartphone ait un avantage qui pourrait séduire un public ou un autre : ainsi, le Xperia P dispose par exemple d’un écran Bravia Mobile avec technologie Wight Magic, le Xperia U a un système de coques interchangeables et le cousin Sola est équipé de la technologie Floating Touch que nous vous présentions en vidéo il y a quelques semaines.

Cette diversité est un avantage et un inconvénient, puisque tous les smartphones ont au moins un point qui les démarque des autres, quelle que soit leur gamme, mais il n’y en a aucun pour séduire véritablement le tech-addict qui souhaiterait toutes ces caractéristiques dans un seul appareil. Du coup, il est même assez difficile pour nous de définir la gamme de cet Xperia P. Si l’on fait un petit tour sur Amazon pour voir le prix réel du produit dans le commerce et non chez opérateurs, on s’aperçoit que le S est vendu 428€ neuf et le P, 419€. On n’a donc même pas 10€ de différence entre un smartphone défini comme le haut de gamme et un autre qui se placerait sur du milieu de gamme.

Entre le P et le S, les différences seraient donc a priori ténues : les deux smartphones jouent sur le même secteur tarifaire et pourtant, ils ne devraient pas, logiquement, viser le même public. Qu’est-ce qui pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? Quelle est la véritable place de cet Xperia P sur le marché ? Quels sont ses forces et ses faiblesses ? Les réponses dans le test !

Note à nos chers lecteurs : ce test déploie son alacrité sur plusieurs pages. Si nous avons omis des détails qui vous tiendraient à coeur, n’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations dans les commentaires. – Sincèrement, la rédaction.

Sommaire

I – Matériel, écran et finitions : le postérieur entre deux smartphones

1 – Design et finitions : un pur produit de la gamme NXT

2 – Ecran et hardware : quelle place pour un outsider ?

II – Sony et son Android : la longue histoire de TimeScape

1 – Android 2.3 by Sony : une interface sociale

2 – Des applications repensées, une suite logicielle complète ?

III – Multimédia, jeux et photographie : un bon élève, mais…

1 – Appareil photo et lecture : l’excellence ?

2 – Jeux et divertissement : la suite Sony dans le détail

Conclusion

 

I – Matériel, écran et finitions : le postérieur entre deux smartphones

1 – Design et finitions : un pur produit de la gamme NXT

Soyez prévenus d’emblée chers lecteurs, un gros problème se posera à nous tout au long de ce test et qui pourrait s’énoncer de la manière suivante : qu’est-ce qui, pour seulement 10€ de différence, pourrait faire préférer un Xperia P à un Xperia S ? En l’état, le référencement Amazon nous donnant des prix quasiment similaires pour les deux smartphones, on peut les considérer comme des concurrents directs, puisque l’argument du prix nu dans le commerce n’entre pas en jeu. Et c’est malheureusement ce qui risque de nuancer chaque point fort de ce smartphone : presque à chaque fois, nous avons dans notre tête une petite voix qui nous dit « c’est bien, mais le Xperia S est mieux pour le même prix ».

Logo FrAndroid vendu séparément

Au lieu de cela et pour éviter une lecture fastidieuse, essayons d’anticiper ou de regarder au-delà du « prix public conseillé » : ce smartphone est largement trop cher par rapport à l’Xperia S, il y a donc de forte chance qu’il baisse de 100€ dans les semaines qui suivent sa sortie ou soit vendu en pack opérateur à un prix dérisoire. Milieu de gamme, Sony nous dit ? Très bien, considérez donc que nous testons un produit entre 280 et 350€ – déjà à 329€ chez Sosh par exemple – : s’il vous intéresse en lui-même, nous ne pouvons que vous conseiller de surveiller attentivement la baisse de prix par rapport au grand frère, notamment du côté des opérateurs qui le proposent avec des forfaits sans engagement.

Après ces quelques éléments essentiels d’introduction, passons au smartphone. Sony est retourné à ses amours de 2011 et nous propose pour l’enrobage du plastique mat et de l’aluminium de qualité. Alors nous vous voyons déjà crier au cheap : c’est vrai, l’Xperia P n’a pas autant de classe que l’Xperia S ou qu’un HTC One S, le matériau associé à un design carré donne même à l’ensemble un côté « brique » un peu déplaisant, surtout sur le modèle gris que nous avons en test. Le contraste entre les parties en plastique (le haut et le bas) et l’aluminium du corps est très net, à l’oeil ou en main. Cela dit, le plastique et l’alu sont des matières résistantes et conviennent parfaitement si vous voulez garder votre téléphone un petit bout de temps : il n’y a peu de chance que la peinture s’effrite comme sur le portable de HTC, par exemple.

Plastique, mon amour

Si vous êtes adeptes des sensations tactiles procurées par un smartphone, les mêmes remarques s’appliquent : autant le HTC et l’Xperia S étaient excellents en main, autant cette fois, on a un modèle un peu moins plaisant, beaucoup de rainures se font sentir entre les différentes parties de la coque, aussi bien sur le haut que sur le bas du téléphone. De même, si vous êtes adeptes des designs épurés, passez votre chemin : avec tous ses ports ouverts sans cache, l’Xperia P est un vrai gruyère – mention spéciale aux vis en étoile apparentes sur le bas du smartphone.

Bientôt chez Sony-Ikea, le smartphone en kit

Bref, si l’Xperia S nous avait séduit car Sony avait fait de gros efforts pour proposer du haut de gamme à un prix défiant la concurrence, cet Xperia P a les défauts des qualités de son frère : Le design « NXT » passait très bien avec des matériaux nobles, il fait un peu cheap sur un smartphone utilisant deux matériaux – vous le voyez très nettement sur les photos. Sinon, vous pourrez enlever la partie basse de la coque pour… on ne sait pas très bien. Il n’y a pas de cache de couleur différente dans la boîte et on ne voit pas trop la marque vendre un bout de plastique. En dessous, on retrouve la batterie, inamovible : c’est à se demander s’il ne manquait pas un trait de colle pour colmater le tout, ce compartiment ne semblant être utile qu’au SAV.

Sony invente le smartphone penta-body

A l’inverse, si vous êtes férus de fonctionnalités, tous ces trous devraient vous réjouir : on trouve évidemment le port SIM, qui lui, est sous un cache amovible, un port micro-HDMI pour déporter l’écran de votre smartphone sur un téléviseur, le port micro-USB évidemment pour la charge mais également une enceinte sur le côté droite de l’appareil, les boutons de volume et, excellente idée, un bouton « déclencheur » pour l’appareil photo disposant de deux points de pression, comme sur les compacts, pour faire la mise au point dans un premier temps et prendre une photographie ensuite.

Pour finir sur le design, notons enfin que l’on retrouve les boutons d’Android « retour », « home » et « menu » dans la barre lumineuse. Contrairement à l’Xperia S, ceux-ci ne se déclenchent pas en appuyant un point au-dessus du bouton, mais en appuyant sur le bouton lui-même. C’est un peu perturbant au départ de mettre son doigt sur une barre transparente mais bon, l’habitude se prend vite.

2 – Ecran et hardware : quelle place pour un outsider ?

Des finitions moins bonnes que sur le Xperia S, nous passons à un hardware général moins bon lui aussi. Oh, évidemment, ce n’est pas dramatique et nous ne sommes clairement pas en présence d’un modèle entrée de gamme : le Xperia P est animé par un processeur double coeur cadencé à 1 Ghz produit par STE – contre un Qualcomm cadencé à 1,5 Ghz pour l’Xperia S -, un Mali 400 du côté du GPU, 1024 mo de RAM ou encore, une batterie de 1305 mAh : un ensemble donc largement suffisant pour faire tourner la plupart des applications – nous verrons ce qu’il en est du côté du système dans la deuxième partie.

Cela dit, en puissance brute, le smartphone est clairement positionné dans le milieu de gamme, le STE U8500 proposé cette fois par Sony ne saurait faire de l’ombre au Qualcomm MSM8260. Pour les amoureux des chiffres, voici les relevés des deux benchmarks les plus réputés du Play Store, Quadrant et AnTuTu :

Cadran

En tutu

Du côté de l’autonomie, si l’on se reporte au très sérieux PhoneArena, le smartphone est dans la moyenne, avec 6 heures d’autonomie en appel. Mais est-ce que cette valeur est pertinente à l’heure du tweet, du sms, du statut Facebook, du surf et du GPS ? Non, évidemment. En pratique, le smartphone n’atteint pas les résultats d’un HTC One S qui peut se permettre de tenir 2 jours sans gros problème et même de son grand frère l’Xperia S qui était aussi un bon élève. de ce côté-là. On a donc un smartphone qui devra se recharger impérativement tous les soirs : pas de prouesse, pas de déception non plus. La fonction de charge rapide est conservée sur ce modèle et pourra être bien pratique dans l’urgence : en 40 minutes, vous pouvez charger 50% de batterie sans problème.

La mémoire de stockage pourrait être plus pénalisante pour certains : si le Xperia S était équipé de 32 Go d’espace disque, le Xperia P n’a lui que 16 Go de mémoire et évidemment, comme c’est à la mode, n’a pas de port pour accueillir une carte micro-SD. Cela ne dérangera sûrement pas la plupart des clients potentiels, mais les plus portés sur les applications d’entre vous ou ceux qui aiment transformer leur smartphone en lecteur MP3 pourraient se sentir à l’étroit.

Est-ce que les Android rêvent de strip-tease électronique ?

Les amateurs de diode peuvent, eux, se réjouir : Sony a pensé à vous et vous aurez donc une notification visuelle pour vos SMS/mails et appels manqués. Enfin, et même si la technologie n’est pas encore bien développée en France, sachez que l’Xperia P, comme son grand frère, aura le droit au NFC et pourra donc utiliser les fameux Smart Tags vendus par Sony pour configurer le smartphone à la volée. Nous vous invitons à relire notre test de l’Xperia S dans lequel nous avons détaillé le fonctionnement très bien pensé de ces petits gadgets qui permettent de concrétiser une technologie qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Mais passons maintenant à l’écran. L’avantage de l’Xperia P sur le reste de la gamme, c’est que le smartphone est équipé d’un écran dit « White Magic », ce qui signifie en langage Sony que, enfin, le problème du blanc qui vire au jaune/bleu/vert/rayez la mention inutile a été résolu et qu’en plus, l’ajout de ces sous-pixels blancs dans la dalle permet d’avoir un écran plus lumineux que sur un smartphone non équipé à niveau d’éclairage égal. Si vous suivez bien, qui dit moins d’éclairage pour une luminosité égale dit aussi moins de consommation. Bon, ça c’est la théorie.

En photo vous pouvez déjà voir un effet « lueur diffuse », alors imaginez en vrai !

En pratique, on ne peut que féliciter Sony de ne pas avoir bluffé : à luminosité maximale, l’écran devient presque brillant tant les blancs émettent de la lumière. C’est assez déstabilisant dans un environnement peu éclairé, et on laissera sûrement le smartphone s’occuper de gérer tout ça tout seul, mais en extérieur, c’est un réel avantage : l’Xperia P peut être consulté de manière convenable au soleil – bon, pas en exposition directe sous un spot de 3000 lumens hein – et donc de manière très confortable à Paris toutes les 25 minutes, quand il se met à pleuvoir. Hum.

Du côté de l’affichage des couleurs, cette technologie est peut-être ce que l’on a pu voir de mieux sur un écran de smartphone. Oui, les blancs sont parfaitement blancs, même si vous regardez l’écran à 180 degrés. Le rendu général dans les films ou dans la galerie est également magnifique et on espère que Sony portera son White Magic sur des dalles HD.

Inception

En revanche, si l’on regarde les pixels par pouce, on est très loin de la claque que nous avait mis l’Xperia S. Avec son écran de 4 pouces et sa définition de 540×960 pixels, l’Xperia P atteint un taux de 275 ppp, contre 342 ppp pour l’Xperia S. Pour rappel, la marque « Retina » d’Apple est fixée à 324 ppp pour les smartphones. Du coup, même si ce n’est pas du tout désagréable à l’oeil, Sony ayant maîtrisé l’art d’affiner les polices de son smartphone en fonction de la résolution, on est un peu déçu de ne pas avoir le même traitement premium que sur l’Xperia S sur ce smartphone qui joue nettement sur le terrain du multimédia, surtout que cet écran White Magic est vraiment une pure merveille du côté de l’affichage des couleurs.

Les sites de qualité s’affichent toujours en HD dans votre coeur

Cette partie technique illustre donc bien le paradoxe énoncé en introduction : nous ne l’avons pas répété à chaque phrase, mais à part la technologie White Magic, l’Xperia P est un gros « oui mais » si on le compare à l’Xperia S au prix actuel. Objectivement, on retiendra du smartphone une excellente qualité d’affichage, de nombreux ports et boutons d’action et un design original quoi qu’un peu brut de décoffrage dans cette version alu aux finitions plastique quelconques.