Introduction

Après le Priv en fin d’année dernière, BlackBerry réitère l’expérience Android cette année avec le DTEK50, un smartphone aux allures d’Alcatel Idol 4, mais avec un accent tout particulier sur la sécurité, BlackBerry oblige. Ce nouveau mariage entre la mûre canadienne enrobée par un concepteur chinois et le système d’exploitation américain est-il réussi ?

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Caractéristiques techniques

Modèle BlackBerry DTEK50
Version de l'OS Android 6.0.1 Marshmallow
Interface Android Stock
Taille d'écran 5,2 pouces
Définition 1920 x 1080 pixels
Densité de pixels 424 ppp
SoC Snapdragon 617 à 1,5GHz
Processeur (CPU) Cortex-A72
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 405
Mémoire vive (RAM) 3 Go
Mémoire interne (flash) 16 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) 13 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 1080p
Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac
Bluetooth 4.2 + LE + EDR + A2DP
Réseaux LTE, HSPA, GSM
SIM nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) microUSB
Géolocalisation Oui
Batterie 2610 mAh
Dimensions 147 x 72,5 x 7,4 mm
Poids 135 grammes
Couleurs Noir
Prix 259 euros
Fiche produit
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Design

Pour son nouveau smartphone sous Android, BlackBerry a racheté à TCL la carrosserie de l’Alcatel Idol 4 et n’y a apporté que de légères touches de personnalisation. On retrouve donc un design symétrique, plat, et relativement fin puisqu’avec ses 7,4 mm, il s’agit là du smartphone le moins épais jamais réalisé par BlackBerry.

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Il se présente sous la forme d’un cadre en aluminium sur lequel reposent l’écran d’un côté et une façade arrière en plastique de l’autre. Cette dernière arbore le logo de la marque et constitue la principale différence avec la version d’Alcatel et sa finition en verre, ce qui le rend par la même occasion moins glissant. On retrouve par ailleurs deux haut-parleurs sur le châssis principal et les autres éléments sont encadrés d’un fin liseré en caoutchouc.

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Dans l’ensemble, les finitions sont bonnes et la prise en main plutôt agréable, mais un reproche saute immédiatement aux yeux à la première utilisation : la position de ses boutons. En ajoutant une « touche utilitaire » sur le côté droit, là où on aimerait trouver le bouton d’alimentation, TCL trouble l’utilisateur qui appuiera régulièrement sur ce dernier pour allumer son téléphone avant de se rendre compte que la bonne touche se trouve tout en haut à gauche de l’appareil, bien loin de la position naturelle de ses doigts. De même, les touches de réglage du volume se trouvent également un peu trop haut pour pouvoir être utilisées sans avoir à modifier sa prise en main lorsque le DTEK est tenu à la verticale.

Écran

Pour l’écran du DTEK50, BlackBerry a opté pour une belle dalle LCD de 5,2 pouces en Full HD, ce qui représente une résolution de 424 PPP. Elle affiche en outre une excellente luminosité montant jusqu’à 570 cd/m² et une colorimétrie très fidèle dans l’ensemble. Les plus pointilleux remarqueront peut-être que ses noirs manquent de profondeur et que par conséquent son contraste de 964:1 est un peu léger, ou encore que ses angles de vision virent au rose dans certaines conditions (tout en restant cependant très lisible), mais ce serait se montrer extrêmement exigeant envers cet écran de très bonne facture.

Autant dire qu’en intérieur comme en plein soleil, le DTEK50 s’en sort très bien. Quant à ceux qui veulent une expérience particulière, il est possible d’équilibrer la balance des blancs dans les paramètres. Seul bémol de cette option : l’absence de bouton pour restaurer le réglage d’origine.

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Android vu par BlackBerry

L’interface du BlackBerry DTEK50 reprend à première vue beaucoup celle d’Android 6.0.1 Marshmallow sur laquelle elle repose nativement. Elle apporte néanmoins de nombreuses améliorations subtiles particulièrement appréciables. L’utilisateur habitué aux Nexus ne sera donc pas dérouté et pourra en outre profiter de fonctionnalités tierces qui pourront lui simplifier la vie sans alourdir son expérience.

Si certains éléments sont régulièrement présents chez différents constructeurs (et même sur Android 7.0 Nougat), comme la possibilité de gérer ses paramètres rapides, de le faire passer en silencieux en le retournant face contre de table ou de réveiller le téléphone en tapotant deux fois l’écran, d’autres points sont bien plus ingénieux encore. On pense notamment à la possibilité d’appliquer à la volée un pack d’icônes trouvé sur le Google Play Store, la présence de raccourcis permettant d’accéder rapidement à certaines catégories des paramètres, d’activer ou désactiver des paramètres (WiFi, Bluetooth…) directement depuis son bureau et d’autres encore.

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La meilleure idée provient certainement des trois petits points situés sous l’icône de certaines applications, signifiant que des widgets sont disponibles. Un simple glissement du doigt sur l’icône permet alors d’ouvrir sous forme de pop-up le widget préalablement sélectionné, ce qui peut s’avérer très utile pour accéder rapidement à sa messagerie, aux favoris de son navigateur ou encore à sa playlist en cours de lecture par exemple.

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Enfin, il est possible d’activer un discret menu sur le côté de l’écran pouvant se dérouler pour afficher les prochains rendez-vous inscrits dans l’agenda, les messages non lus, sa ToDo list ou encore son journal d’appel. Le clavier BlackBerry est également très agréable avec un mode de saisie par glissement, la possibilité de créer une touche « CTRL » afin de réaliser des commandes rapides (annuler avec CTRL+Z, copier avec CTRL+C, coller avec CTRL+V, etc.) ou encore des suggestions de mots proposées à chaque lettre tapée.

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La touche « Utilitaire » en revanche devient rapidement anecdotique puisqu’elle ne peut pas être activée lorsque le téléphone est en veille. Pourquoi donc passer par une touche pour une action que l’on peut avoir directement depuis un raccourci sur son bureau ? C’est d’autant plus frustrant que l’emplacement de ce bouton aurait été plus judicieux pour allumer son téléphone et qu’il est facile d’appuyer dessus par mégarde en jouant, en naviguant ou en regardant un fichier vidéo, lançant alors du même coup une application non désirée.

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Sécurité et DTEK

BlackBerry a forgé une partie de sa réputation sur l’aspect sécuritaire de ses terminaux. Il paraît donc normal que le DTEK50 s’appuie également sur ce point pour se démarquer de sa concurrence. La marque canadienne se targue par exemple d’avoir intégré des clés de sécurité afin de garantir que le système d’exploitation n’a pas été corrompu à chaque démarrage. En outre, l’OS vérifie la pertinence de chaque autorisation réclamée par les applications afin d’avertir l’utilisateur en cas d’accès pouvant corrompre l’intégrité du téléphone.

Enfin, le DTEK50 intègre deux applications dédiées, à savoir DTEK et Password Keeper. La seconde est un gestionnaire de mots de passe traditionnel tandis que la première permet de mesurer la sécurité du terminal en fonction des paramètres actifs ou non. Une jauge affiche donc différents paliers suivant que le chiffrement des données ou le verrouillage de l’écran sont activés ou non.

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Performances

Tout comme le Lenovo Moto G4 Plus, le BB DTEk50 est équipé d’un processeur Qualcomm Snapdragon 617, un octo-core composé de Cortex-A57 cadencés à 1,2 et 1,5 GHz, d’un GPU Adreno 405 et possède un écran Full HD. Il dispose cependant de 3 Go de RAM, soit 1 Go de plus que le smartphone chinois, ce qui laisse penser qu’il pourrait être plus rapide.

Or, à en croire les différents benchmarks, ce n’est pas le cas ! Que ce soit pour les calculs simples ou les grosses performances graphiques, il peine à se hisser au niveau des performances du smartphone de Lenovo. C’est à peine s’il arrive à rivaliser avec le HTC One A9, loin d’être le meilleur en la matière.

Benchmark/ModèleBB DTEK50Motorola Moto G4 PlusHTC One A9
AnTuTu v5--37 622
AnTuTu v637 36344 78948 604
PC Mark4 4885 2074 219
3DMark Ice Storm Unlimited Total8 4149 7249 149
3DMark Ice Storm Unlimited Graphics8 3289 7439 139
3DMark Ice Storm Unlimited Physics8 7309 6569 184
GFXBench T-Rex (onscreen / offscreen)5,6 / 5,7 FPS18 / 17 FPS16 / 16 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)14 / 14 FPS7,0 / 6,7 FPS6,7 / 6,4 FPS
Lecture / écriture séquentielle225 / 68 MB/s267 / 46 MB/s188 / 38 MB/s
Lecture / écriture aléatoire4006 / 2002 IOPS9 339 / 9 589 IOPS2 642 / 785 IOPS
Real Racing 3 (XtraHigh, GameBench)-29 FPS (86% de stabilité)22 FPS (87 % de stabilité)
Hitman Sniper (Gamebench)-19 FPS (86 % de stabilité)19 FPS (95 % de stabilité)

Dans la pratique, il se montre extrêmement fluide au quotidien pour la navigation au sein de l’interface, un bon résultat que l’on peut imputer à la bonne optimisation de la partie logicielle qui malgré ses nombreuses fonctionnalités reste très légère. En jeu en revanche, bien que cela reste acceptable, on sent rapidement les limitations de fréquence de rafraichissement d’écran. Sur des jeux comme Asphalt 8 ou Lara Croft Relic Run, les chutes de framerate engendrent des saccades dès lors qu’un élément trop gourmand apparait à l’écran. Dommage, d’autant que le S617 s’en sort relativement bien habituellement.

En cette période de canicule parisienne, quelques minutes de jeu suffisent à transformer le BB DTEK50 en radiateur, dégageant une chaleur rapidement désagréable. Heureusement pour lui, il se refroidit assez vite également.

PCMark
  • BB DTEK50 : 4488
  • Moto G4 : 5207
  • One A9 : 4219

 

Réseau et GPS

Le DTEK50 est compatible avec le WiFi 802.11ac en 2,4 et 5 GHz pour profiter des meilleurs débits disponibles. Il peut en outre utiliser les fréquences réseau FD-LTE des bandes 1 et 4 (2100 MHz), 3 (1800 MHz), 7 (2600 MHz), 20 (800 MHz) et 28 (700 MHz), soit la totalité des bandes utilisées en France, y compris celles des 700 MHz, qui commence à peine à être déployée. Testé en région parisienne, son débit est très bon. Enfin, le téléphone est dual-SIM, mais la seconde carte ne peut être insérée que lorsqu’aucune carte microSD n’est utilisée.

Enfin, le GPS fixe assez rapidement avec une précision acceptable et sa boussole semble parfaitement calibrée.

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Photographie : correct, sans plus

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La partie photo du BlackBerry DTEK50 est convenable dans le sens où elle est homogène. S’il est difficile de réellement rater totalement un cliché avec, ce n’est pas non plus le téléphone qui vous fera gagner un prix en photographie au vu des petits défauts qu’il présente. En journée, le piqué est moyen, et il ne faut pas trop zoomer dans la photo au risque de voir apparaitre des zones de flou et de bruit numérique. Sans zoomer, ou sur des éléments proches, le résultat est cependant correct, d’autant que la prise de vue est rapide et l’autofocus efficace.

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Il peine en revanche à gérer les fortes différences de luminosité. Aussi, on se retrouve rapidement avec un ciel tout blanc, et si cela peut se récupérer en passant par le mode HDR, celui-ci donne à la scène un effet un peu trop irréel pour être utilisé trop souvent.

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En intérieur, le résultat est également acceptable, même quand la luminosité n’est pas optimale. Lorsqu’on descend réellement dans les conditions difficiles en revanche, le grain commence à apparaître, mais il est difficile de le reprocher à un smartphone dont ce n’est pas l’utilisation première.

Autonomie

Bien qu’équipé de composants peu énergivores, le DTEK50 n’embarque qu’une batterie de 2610 mAh, ce qui n’est pas très élevé par rapport à la moyenne actuelle qui tourne davantage autour de 3000 mAh. Résultat, lors de notre test d’autonomie habituel consistant à lire une vidéo en WiFi sur YouTube durant une heure, le DTEK50 a perdu 15 % de batterie, ce qui est supérieur à la moyenne des téléphones testés en 2015 et 2016 (environ 14 %).

En usage quotidien, nous avons constaté des résultats similaires puisque si tenir une journée n’est pas réellement un exploit à moins d’avoir une utilisation très intensive, la batterie se montre limitée dès lors que l’on souhaite s’éloigner d’une prise secteur durant une longue période.

Batterie restante après le test d’autonomie :

Test d'autonomie
  • BB DTEK50 : 85
  • Samsung Galaxy A5 2016 : 90
  • Honor 8 : 87

 

Prix et disponibilité

Le DTEK50 est d’ores et déjà disponible au prix conseillé de 339 euros, directement depuis le site de BlackBerry ou chez certains revendeurs comme Amazon ou la Fnac.

Test BlackBerry DTEK 50 Le verdict

design
6
Le design du DTEK50 est soigné sans être réellement clinquant. Que l'on apprécie ou non son esthétique, on peut cependant apprécier son revêtement arrière qui accroche bien. D'un autre côté, la matière est plutôt salissante et, plus grave, ses boutons sont très mal positionnés, ce qui devient rapidement frustrant au quotidien.
écran
9
Bien qu'il manque légèrement de contraste, l'écran du DTEK50 est à la fois très lumineux et très fidèle en ce qui concerne sa colorimétrie. À moins d'être réellement très exigeant ou d'espérer une définition supérieure pour profiter de la réalité virtuelle (auquel cas retirez un point), cette dalle est excellente au quotidien.
logiciel
9
L'interface de BlackBerry est l'exemple même de ce que les constructeurs devraient intégrer à leurs téléphones. On retrouve les grandes lignes d'Android tel que le système a été pensé par Google, mais avec quelques améliorations bien trouvées et une personnalisation poussée. La partie sécurité en revanche semble être davantage un argument marketing qu'un réel point fort, de même que la touche utilitaire.
performances
6
On attendait mieux du Snapdragon 617 qui s'est déjà montré sous un meilleur jour. Les performances sont bonnes au quotidien, mais dès que l'on se lance dans des usages plus gourmands comme des jeux en 3D, on ressent quelques limitations. On s'attendait à mieux.
caméra
6
Le résultat photo du DTEK50 n'est pas foncièrement mauvais, mais n'est pas bon non plus. Plutôt médiocre, il possède au moins l'avantage d'être constant, ce qui est déjà bien. Précisons que son mode HDR est à éviter à moins d'être particulièrement adepte du surréalisme.
autonomie
5
Le DTEK50 n'a pas une mauvaise autonomie à proprement parler si on le compare à des smartphones pas si anciens que cela. Pourtant, dans le paysage actuel, il s'avère très léger et BlackBerry aurait certainement dû privilégier l'autonomie à la finesse de son appareil.
Note finale du test 6/10
BlackBerry livre ici un smartphone correct dans l'ensemble, mais qui souffre de certains griefs embêtants. Son autonomie notamment est certainement le principal point noir de ce téléphone, et il est dommage de constater quelques ralentissements dans les jeux, là où le Snapdragon 617 performe davantage sur d'autres appareils. Dernier problème, le positionnement de ses boutons est mal pensé et devient rapidement frustrant.

Le DTEK50 n'est toutefois pas un mauvais smartphone. Son interface est un exemple à suivre, son écran se positionne parmi les meilleurs du marché et son appareil photo n'est pas à jeter, même s'il est encore loin d'être extraordinaire.

La plus grosse ombre au tableau reste cependant son rapport qualité/prix. Commercialisé à plus de 300 euros, le DTEK50 entre en concurrence avec des appareils plus performants et souvent équipés d'un capteur d'empreintes. Difficile donc d'avoir envie de se tourner vers le téléphone canadien quand on peut avoir aussi bien pour moins cher. Et ce n'est pas la question de la sécurité, finalement assez superficielle sur le DTEK50, qui va réellement faire changer les avis.
  • Points positifs
    • Un écran très lumineux
    • De nombreux avantages logiciels
    • Autofocus efficace
  • Points négatifs
    • Des boutons mal positionnés
    • Absence de capteur d'empreintes
    • Quelques ralentissements en jeu
    • Une autonomie décevante