Nous avons testé la FLIR One Pro : une caméra thermique sous la forme d’un accessoire pour smartphone. L’explication, les usages et le test : voici un dossier assez complet sur cet objet connecté.

Flir One Pro sur un Google Pixel

Comment ça fonctionne ?

Nous avons tendance à tout mélanger lorsqu’il est question des rayonnements. Voici donc un petit rappel de vos anciens cours d’optique. La lumière telle que nous la percevons avec nos yeux se décline dans une gamme du violet au rouge. Cette lumière visible est constituée de l’ensemble des ondes électromagnétiques perçues par la vision humaine, des longueurs d’onde comprises entre 380 nm (violet) et 780 nm (rouge).

Un petit rappel

En dessous des longueurs d’onde de 380 nm, on retrouve les ultra-violets (UV), puis les rayons X (que l’on utilise pour la santé et la sécurité). Au-delà des longueurs d’onde de 780 nm, on retrouve l’infrarouge, puis les micro-ondes (communication, etc.). 

Le rayonnement infrarouge est donc invisible à l’œil nu, mais il peut être capté par nos appareils photo à l’aide de filtres. Ces fameux filtres coupent la couleur au-delà de 700 nm, ils ont néanmoins des inconvénients dans leur utilisation.

Comme vous l’avez compris, l’infrarouge est associé à la chaleur. Cela s’explique par le fait que les objets émettent spontanément des radiations dans le domaine infrarouge (loi de Planck pour ceux que ça intéresse). Un objet émettra donc spontanément des radiations dans différentes bandes du spectre électromagnétique, en fonction de sa température. Finalement, cette association entre l’infrarouge et la chaleur n’est due qu’à la gamme de température observée. 

 

À quoi peut servir une caméra thermique ?

Comme vous l’avez certainement compris, la caméra thermique permet « d’observer » la température. C’est ce que l’on appelle la thermographie infrarouge. Lorsque l’on regarde les résultats de la Flir One Pro, les objets chauds se distinguent bien. C’est le cas des humains et autres animaux à sang chaud qui deviennent facilement visibles. La thermographie est donc particulièrement utile aux militaires et aux autres utilisateurs de caméras de surveillance, mais ce n’est pas l’utilisation que l’on fera de la Flir One. 

Vous pourrez utiliser la Flir One (Pro) pour surveiller et évaluer l’isolation : d’un système électrique, par exemple, mais aussi des bâtiments. C’est un outil très utilisé dans le BTP, pour la rénovation et la surveillance. Vous pourrez optimiser l’efficacité énergétique de votre maison, mais aussi sa sécurité. Vous pourrez également l’utiliser pour trouver des défauts dans les arbres, les tuyaux et d’autres pièces en métal ou en plastique. 

C’est également un moyen d’observer la nuit : en effet, lorsque la quantité de lumière visible est trop faible pour voir les objets, le rayonnement infrarouge est détecté, puis amplifié pour l’afficher sur un écran. Le Flir One Pro remplit cette fonction, mais moins efficacement qu’un système dédié à la vision nocturne. Vous pourrez vous amuser à observer des animaux la nuit, par exemple.

La photographie infrarouge est également une pratique connue par les photographes : c’est souvent un intérêt esthétique, les résultats sont vraiment impressionnants. Par exemple, l’herbe verte est blanche, cela s’explique par les pigments chlorophylliens qui ont une réflectance importante dans les infrarouges. Les photographies de paysages en lumière naturelle sont magnifiques, cela permet de révéler une partie du spectre lumineux invisible à l’œil nu. Par contre, ce n’est pas l’usage du FLIR One, même si les photographies capturées peuvent avoir un intérêt créatif.

Enfin, c’est également utile pour la santé. Les autorités chinoises s’en servent à la douane pour vérifier si vous êtes malades. Ils peuvent ainsi voir si quelqu’un a de la fièvre. D’autres applications liées à la santé existent dans le milieu professionnel.

 

Prise en main du FLIR One Pro

FLIR, spécialiste dans le domaine, a donc dévoilé deux accessoires dédiés aux smartphones : le One et le One Pro. Nous avons testé pendant deux semaines le FLIR One Pro dans différents cas d’usages. Nous n’avons pas pu acquérir la version USB-C (Android), mais la version Lightning (iPhone). Sachez tout de même que le matériel est le même, ainsi que l’application dédiée.

Les deux capteurs

L’objet est relativement petit, il se recharge en USB-C directement. Il intègre donc sa propre batterie, mais n’est fonctionnel qu’une fois branché au smartphone. FLIR a pensé à utiliser un astucieux système qui permet d’ajuster la taille de la connectique pour s’ajuster au smartphone (avec sa coque). Il suffit ensuite de télécharger l’application dédiée, s’inscrire et allumer le One (Pro) grâce à un petit bouton. L’ensemble est de bonne qualité et solide, je l’ai trimballé avec moi dans mon sac pendant deux semaines. Il faut néanmoins s’assurer qu’il est éteint, car il peut rester allumé même s’il est débranché du smartphone. La charge est relativement rapide, une vingtaine de minutes, avec une autonomie modeste (pas plus de 60 clichés et quelques minutes de vidéo).

Système ingénieux pour régler la taille de la connectique

Comme vous pouvez l’observer, il intègre deux capteurs. Cela lui permet d’offrir un mode nommé MSX, qui fusionne deux images : l’image infrarouge et l’image « visible, pour mieux distinguer les bords des objets que l’on filme. 

L’échelle de température apparaît dans l’application

Enfin, l’application est relativement ergonomique, avec de nombreux modes et fonctions. Ce n’est pas un modèle du genre, avec le menu latéral, mais elle reste efficace (et stable). Les photographies sont ensuite directement enregistrées dans la galerie photo. Pratique. 

Exemple des fonctions de l’application et de son ergonomie

 

Quels résultats attendre ?

Pendant près de deux semaines, j’ai pris une centaine de clichés dans des cas d’usage différents. Pour le fun, mais aussi pour observer le dégagement thermique des appareils électroniques ou encore l’isolation d’une fenêtre. J’ai même pu observer une brèche dans une poterie de bonsaï, invisible à l’œil nu. C’est plutôt bluffant, bien que l’image manque de définition (160 x 120 pixels, 19 200 pixels, photosites de 12 μm).

La version Pro peut détecter des températures comprises entre -20 °C et +400 °C, tandis que la version normale est limitée à +120 °C. Ces produits portent donc bien leur nom, au-delà de +120 °C, les usages sont plus restreints. Voici un tableau qui liste les différences entre ces deux produits.

Tableau de comparaison entre les versions de FLIR One

Vous trouverez davantage d’éléments techniques sur ce fichier PDF dédié au capteur utilisé.

La chauffe sur le clavier d’un MacBook Pro

Un chien, avec le museau un peu plus frais

Des plantes, pour vérifier différents paramètres

On peut s’amuser à laisser des empreintes

FrAndroid en infrarouge (mode MSX)

On voit clairement le dégagement thermique de mon installation informatique

 

Conclusion

Note finale du test 9/10
Ces accessoires sont particulièrement efficaces et bien conçus. L'application pourrait être plus simple, mais elle reste efficace. La conception et les finitions des Flir One sont très bonnes. Enfin, les images capturées font leur effet : à vous de voir si vous trouvez un intérêt à ces produits, mais à la rédaction nous en avons trouvé un : évaluer la chauffe d'un appareil électronique, en particulier le dégagement thermique d'un ordinateur portable (de gamer) ou encore d'un smartphone équipé d'un SoC haut de gamme.
  • Points positifs
    • Bonne conception
    • Efficace avec le mode MSX
    • USB-C pour le chargement
  • Points négatifs
    • Pas donné (minimum 200 euros)
    • Interface de l'application un peu trop complexe

 

Prix, disponibilités et alternatives

Le One est vendu à 239,99 euros, tandis que le One Pro est vendu à 479,99 euros. Attention à ne pas acheter la version précédente, encore en vente. Vérifiez les visuels du produit. Enfin, pour le moment ils ne sont disponibles qu’en précommande (sur le site officiel), mais les premières livraisons ne devraient pas tarder.

Il existe une alternative : il s’agit du CompactPRO de Seek Thermal. Ce dernier dispose d’une définition de capteur thermique beaucoup plus élevée (320 x 240 pixels) par rapport Flir One (160 x 120 pixels). Cependant, il ne dispose pas d’une caméra pour le spectre visible, il lui manque donc des fonctionnalités de fusion avancées comme le mode MSX, très efficace.